Clémentine Uwitonze, communément appelée Tonzi, est considérée comme l’une des pionnières de la musique gospel moderne au Rwanda.
Ses chansons gospel telles que « Humura », « Sijamuvako » et « Nzajya ngusingiza », entre autres, ont fait d’elle un nom célèbrement connu.
Ayant grandi dans une famille très chrétienne, il était naturel qu’elle chérisse le chant dans les chorales de l’église et de l’école. Née à Goma, en République démocratique du Congo, cette mère de trois enfants a commencé son parcours musical dès l’âge de 10 ans, en chantant dans une chorale d’église adventiste.
Tonzi abandonne ensuite la chorale pour se lancer dans une carrière solo. Elle a sorti son premier album avec plusieurs singles.
Ses débuts
L’auteure du hit « Sijya muvako » dit avoir réalisé qu’elle ne pouvait pas « survivre aux règles de la chorale qui rendaient difficile la collaboration avec d’autres artistes », et a choisi d’abandonner.

En 2003, le ministère de la Jeunesse a nommé Tonzi parmi les 10 personnes pour représenter le pays au FESPAM (Festival de la Musique Pan Africaine) au Congo-Brazzaville.
Cela était le résultat de sa renommée dans plusieurs chorales comme Maranatha Family Choir, New Singers et autres.
Cependant, sa chorale, Patmos, lui avait averti que si elle assistait au festival, elle serait exclue de la chorale.
« Je ne comprenais pas comment les gens pouvaient m’empêcher de représenter mon pays au nom du salut. Alors, après avoir consulté plusieurs amis, j’ai pris la décision d’y assister », raconte-t-elle.
A son retour, elle décide de quitter la chorale. Inspirée par la Bible, elle commence à écrire et à créer ses chansons de manière indépendante. Elle dit qu’après avoir participé au festival, l’argent qu’elle y a gagné a servi à payer les frais de scolarité de sa première année à l’université et l’a aidée à sortir plusieurs chansons.
La chanteuse se souvient qu’elle a rencontré d’innombrables défis en tant qu’artiste émergente, maintenant qu’elle était seule.

« Il est compréhensible que je traversais des moments difficiles et que beaucoup de gens me considéraient comme une ‘pécheresse’, c’est pourquoi parce que je me sentais abandonnée », se souvient-elle.
En 2007, elle lance son premier album « Humura » à l’Hôtel des Milles Collines très fréquenté à cette époque. Après cela, elle était motivée et a décidé de faire plus d’efforts dans sa carrière solo. Cela, dit-elle, a ouvert les portes de l’industrie et aujourd’hui, elle compte huit albums contenant plus de 100 chansons.
Tonzi a déclaré qu’elle aime faire le genre de musique qui oblige le public à se lever et à danser tout en les inspirant à travers la parole de Dieu ; le type de musique qui joue avec les émotions des gens.
Son parcours vers la célébrité n’a pas été facile, passant de défis insurmontables à un succès considérable dans l’industrie musicale. Elle a été nominée à plusieurs prix locaux et régionaux, notamment aux EA Music Awards ainsi qu’aux Sala and Groove Awards, où elle a été la « Meilleure artiste gospel féminine » de l’année.
Elle a souvent aussi participé aux « Primus Guma Guma Superstar » en tant que membre du Jury de cette fameuse compétition qui réunissait toutes les stars montantes du moment. Elle fait également partie de « The Sisters », un groupe de gospel exclusivement féminin qui comprend de grands noms de la musique gospel comme Aline Gahongayire, Gabby Kamanzi et Fanny.

Plans futurs
Tonzi, qui prépare actuellement son neuvième album, dit que dans ses projets futurs, elle espère développer son organisation à but non lucratif « Birashoboka dufatanyije », qui s’adresse aux enfants vivant avec handicap.
« Birashoboka dufatanyije » est née de la nécessité d’identifier et de soutenir les enfants avec handicap vivant dans des conditions vulnérables. L’idée lui est venue après que la chanteuse ait perdu sa fille aînée en juillet 2012, décédée alors qu’elle venait de naître.
A l’époque, la chanteuse, avait mis du temps à accepter qu’une mère puisse garder un bébé dans son ventre pendant neuf mois et obtenir un résultat inattendu.
Cependant, à cause de son deuil, Tonzi a eu l’idée de lancer quelque chose qui ferait une différence. Aujourd’hui, l’organisation est basée à Remera, Kigali, avec une exposition des œuvres d’art des enfants.
Récemment, la chanteuse a sorti le clip vidéo de son single intitulé « Igikuta » qui figure sur son 8ème album, traduit par « le mur ». Ses fans ont applaudi la chanson. Selon eux, elle est riche en messages spirituels et inspirants. Cette chanson montre comment Dieu est miséricordieux envers les gens et oublie le mal.
Michèle Iradukunda




































































