Au cours d’un entretien exclusif avec la chanteuse-compositrice, Clémentine Uwitonze, alias Tonzi, nous abordons la question de la génération des revenus dans l’industrie musicale. Elle s’étonne que les gens payent facilement les autres produits mais veulent consommer les produits musicaux gratuitement.
Le Canapé : Vous êtes chanteuse de la musique “Gospel” mais aussi une mère de famille. Comment équilibrer le temps imparti à ces deux responsabilités toutes indispensables ?
Tonzi : Chanter c’est ma vie. Les enfants sont venus comme un supplément à mon bonheur de chanter pour Dieu. Les responsabilités de la famille, il est vrai, sont lourdes mais c’est une des premières priorités. J’associe ma responsabilité de mère à celle de mon travail d’artiste sans problème. Quand on a de la passion pour ce que l’on fait, tous les défis peuvent être surmontés.
Le Canapé : Peut-on vivre de la musique ?
Tonzi : Absolument. Dieu me fait vivre à travers mon talent reçu de lui. Toutes mes bénédictions proviennent de mon activité autour de la chanson. Je vis à cause de la chanson religieuse. Les autres activités qui m’ont donné des revenus ont une certaine relation avec mon activité principale, chanter.
Le Canapé : Un artiste comment vit-il dans cette période de crise sanitaire de covid-19 ?
Tonzi : Cette période de covid-19 est difficile pour tout le monde. Les artistes n’ont pas été épargnés. Cependant, il faut souligner que notre présence sur les médias sociaux a été renforcée. Cela nous a permis de nous rapprocher davantage de nos fans en leur envoyant nos œuvres, en vendant nos productions en ligne. J’ai pu remporter un prix pendant cette crise sanitaire, un prix de 2 millions de francs rwandais, ma chanson a été primée, c’est une bonne chose. Je ne parle pas de l’argent gagné grâce au “Caller tune”. J’en profite pour demander aux artistes d’amener leurs chansons sur les plateformes musicales car il y a des bénéfices. J’ai également organisé un concert en ligne. Ça été un succès. J’ai reçu beaucoup de commentaires. Le concert se trouve sur You tube “Tonzi official” sous le titre de “Hejuru ya byose worship avenue.” En tant qu’artiste, j’essaie de lutter pour la survie. La pandémie de covid-19 ne doit pas nous empêcher de poursuivre nos objectifs. Nous devons la dépasser.
Le Canapé : Etes-vous préparée à cohabiter pendant longtemps avec la covid-19 ?
Tonzi : Si la pandémie de Covid-19 devait se poursuivre pendant longtemps, nous survivrons facilement grâce aux médias sociaux. Les chansons ne pourrissent pas. Tout le monde se trouve à la maison. C’est le moment pour un artiste de devenir riche. Sans la musique, des cas de traumatisme se multiplieraient de façon importante. Mais la présence des gens à la maison a permis d’écouter la musique, de regarder les films plus que d’habitude… C’est l’artiste qui en tire profit. Les artistes nous devons redoubler d’ardeur pour une présence plus significative sur la plateforme qui nous permet de récolter les fruits de notre labeur. Disons en passant que les artistes des autres pays vivent de ça. Chez nous, nous travaillons mal, car à notre travail d’artiste s’ajoutent d’autres activités génératrices de revenus pour survivre.

Le Canapé : Et pourquoi travaillez-vous de cette manière ? Soyez plus explicite.
Tonzi : Sous d’autres cieux, lorsque vous produisez une chanson, des entreprises privées vous payent, des stations de radio, des stations de télévision vous donnent de l’argent. Chez nous, les gens veulent consommer nos produits d’artiste sans céder aucune pièce de monnaie. Nous sommes en pourparlers avec les institutions concernées pour changer notre sort. Ma production, c’est ma richesse. Les gens doivent comprendre cela. Quand un boulanger produit des pains, l’on ne peut pas les consommer sans payer le coût du produit. Si vous êtes tailleur, ce n’est pas mon job. Moi je vis de la musique. Les gens devront comprendre cela. Pour écouter une chanson, l’on devrait donner une certaine contribution pour qu’en qualité d’artiste je puisse également vivre dans des conditions dignes.
Suite dimanche prochain le 26 juillet.
Gérard Rugambwa





































































Merci de l’interview. Courage Tonzi!
Comme le souligne l’artiste, if faut valoriser la musique au Rwanda et comprendre sa place dans la vie quotidienne (dans la société). Après tout, les musiciens des autres pays vivent aisément de cette noble activité.