Depuis déjà un mois, les manifestations meurtrières s’intensifient au Mozambique. Ce pays est plongé dans une crise politique profonde, marquée par des manifestations violentes qui ont fait 12 morts depuis mercredi à Maputo, Nampula et dans la région de Zambèze.
Depuis le 21 octobre, date du début des manifestations organisées au Mozambique pour protester contre le résultat des élections générales, au moins 88 personnes sont mortes.
Les manifestations ont été appelées par le candidat défait à la présidentielle, Venancio Mondlane, arrivé deuxième aux élections générales du 9 octobre après le candidat du parti au pouvoir, le Front de libération du Mozambique (Frelimo), Daniel Chapo.

Ces affrontements opposent des manifestants antigouvernementaux aux forces de l’ordre, sur fond de contestation des résultats de l’élection.
Le président nouvellement élu, Daniel Chapo, a appelé au calme face à une contestation orchestrée par Venâncio Mondlane, candidat déchu. Il n’accepte pas les résultats en invoquant des fraudes massives.
Depuis son refuge en Afrique du Sud, Mondlane appelle à des manifestations de grande ampleur, exigeant le rétablissement de la vérité des urnes. Ses consignes incluent des blocages de routes, de ports et d’aéroports, perturbant des infrastructures vitales du pays.

La police mozambicaine a rapporté que les victimes des affrontements étaient armées de pierres, de couteaux et de machettes. Ces affirmations sont contestées par des groupes de la société civile. Parmi les incidents marquants, la mort d’un garçon de 13 ans, abattu par un policier en civil à Matola, a intensifié la colère de la population. En conséquence, des manifestants ont bloqué l’accès au parc industriel de Beleluane, un centre très important pour les exportations d’aluminium, poussant l’entreprise Mozal à suspendre temporairement ses activités.
Dans une tentative d’apaisement, Daniel Chapo a exprimé son engagement envers le dialogue et a exhorté les citoyens à renoncer à la violence.
” Le Mozambique a besoin de stabilité pour surmonter ses défis économiques et sociaux”, a-t-il déclaré.

”Mais les difficultés s’accumulent, une crise économique aggravée par des tensions politiques et un système fiscal sous pression’’, a-t-il ajouté.
De son côté, Filippe Nyusi, président sortant, a lui aussi averti que la poursuite des manifestations pourrait compromettre le paiement des salaires dans des secteurs clés comme l’éducation et la santé.
La détérioration politique et les troubles actuels traduisent une défiance croissante envers le Frelimo, parti au pouvoir depuis l’indépendance du Mozambique en 1975.
Alors que Daniel Chapo cherche à instaurer un climat de stabilité, les manifestants réclament un changement structurel et une transparence électorale.
Vital Ndayambaje



































































