Le génocide commis contre les Tutsi n’a pas commencé en 1994 comme certains négationnistes tentent de le faire croire. Cette indication a été faite par Scholastique Mukasonga, auteure rwandaise, lors d’un café littéraire organisé ce mercredi au mémorial de génocide de Gisozi dans la ville de Kigali.
Lors de la présentation de ses 2 livres, Inyenzi (cafards) et la femme aux pieds nus, l’auteure Scholastique Mukasonga s’est insurgée contre ceux qui prétendent que le génocide a commencé en 1994. Selon elle, le génocide a commencé bel et bien avant.
”Le génocide n’a pas commencé en 1994. Il y avait eu des mini génocides d’essai depuis des années 1959. C’était des prémices d’un grand génocide qu’on planifiait à long terme’’, a-t-elle expliqué.
” Ceux qui le placent en 1994 le font intentionnellement pour déformer l’histoire’’, a-t-elle ajouté.
Les 2 livres comprennent les témoignages et l’expérience vécue par l’auteure pour raconter l’évolution des rapports entre Tutsi et Hutu depuis la fin de la colonisation.
Elle a indiqué qu’elle a commencé à vivre le génocide depuis trois ans.
” J’ai vécu les années qui ont préparé le génocide. Ensuite les décennies de violence, de fuite, d’humiliation, de déplacement et de déshumanisation’’, a-t-elle déploré.
Scholastique Mukasonga a expliqué comment les Tutsi ont été persécutés pendant longtemps et cela depuis 1959.

” Tout a commencé le jour de la Toussaint 1959. La machinerie du génocide avait été mise en branle. J’avais seulement 3 ans à l’époque mais les images de cette journée continuent de me hanter où je vis en France’’, a-t-elle indiqué.
Née au Rwanda en 1956. Elle est l’une des très rares survivantes de sa famille, après les massacres qui ont commencé dès 1959.
N’habitant plus au Rwanda en 1994, Mukasonga a échappé au génocide dans laquelle trente-sept membres de sa famille ont péri, y compris ses parents, presque tous ses frères et sœurs et leurs nombreux descendants.
Les livres de Scholastique Mukasonga offrent un témoignage poignant.
” Ils existent juste pour transmettre, pour que nous sachions, pour ne pas oublier. Ils existent pour réhabiliter la dignité d’un peuple massacré. Ils méritent tout le respect, le silence et le recueillement. Ils élargissent nos horizons et font entrer une part de nous-même dans le devoir de mémoire d’un peuple, partie de l’Humanité’’, a conclu Scholastique Mukasonga.

Les 2 livres présentés ce mercredi par Scholastiques Mukasonga, ”Inyenzi ( Cafards)’’ et ” La femme aux pieds nus ( sa mère)’’ relatent bien le chemin du calvaire vécu par les Tutsi depuis 1959 à 1994, lors du génocide commis contre eux.
Ce génocide, le plus horrible du 20eme siècle, a été le paroxysme du plan macabre minutieusement planifié pour l’extermination de tous les Tutsi du Rwanda.
Le café littéraire organisé ce mercredi s’inscrit dans le cadre des activités menées dans cette période de deuil national, en la mémoire des victimes du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda.
Vital Ndayambaje




































































