La présente partie, et la dernière, focalise les massacres de Mbogo, Kibuye et Shyorongi. L’implication de la gendarmerie et des autres autorités est flagrante.
En mars 1992, des massacres visant les Tutsi ont été commis dans la Commune de Mbogo, située dans la préfecture de Kigali Rural. A cette époque, on a pu identifier 19 Tutsi tués. Plusieurs Tutsi de Mbogo (secteur de Ruhanya, cellule de Bukoro) ont par ailleurs dû abandonner leurs biens. Ceux qui en avaient les moyens se sont réfugiés à Kigali, les autres sont rentrés chez eux en vivant sous la menace quotidienne de leurs agresseurs.
En 1993, les massacres ont repris dans la même région entre le 21 et 28 février 1993, des Tutsi des secteurs de Ruhanya et Mbogo ont été victimes d’exactions et 18 personnes ont péri.
Au cours des nuits des 25, 26 et 27 février 1993, la famille du vieillard Gatanazi a été attaquée. Huit personnes ont été brûlées vives dans leur maison. Seulement deux enfants en sont sortis vivants, Antoine Kabanda et sa sœur Vénantie Gasengayire. Les victimes sont Michel Gatanazi, un vieillard de 80 ans, Charlotte Kabanyana, épouse d’Antoine Kabanda, Agnès Gatanazi Kamurenzi, âgée de 74 ans, Tharcisse Nilingiyimana, Félix Niyibizi, âgé de 6 ans, Olive Nyirahene, petite fille de Gatanazi (l’une des quatre enfants de Kabanda), Jacqueline Tuyizere et Béata Uwingabire.
Après le massacre de la famille Gatanazi, le bourgmestre de la commune de Mbogo, Vincent Twizeyimana, a été informé mais il ne s’est jamais rendu sur le lieu du massacre pour faire inhumer les victimes. Même les voisins ont laissé les corps se décomposer à l’air libre. Le conseiller du secteur et le responsable de la cellule ne se sont pas davantage émus de cette barbarie.
Alertés par les associations de défense des droits de l’homme et les journalistes qui étaient allés enquêter sur ce massacre, les corps ont été inhumés par d’autres Tutsi venus de Shyorongi où ils s’étaient réfugiés.
A part la famille de Gatanazi de la commune Mbogo, d’autres Tutsi ont été tués dans la nuit du 1er au 2 mars 1993. Les victimes sont l’épouse de Jean Habimana, Catherine Mukamana, son enfant Muganajabo, 4 ans, son nourrisson Ndayambaje, 9 mois, Nyirabandi, 62 ans, Uzayisenga, fille d’Habimana, née en 1958, Donata Musabyimana, sœur d’Habimana, Mushatsi, fils d’Habimana, né en 1986.
Le seul rescapé de cette famille est le fils d’Habimana, né en 1990. Il avait été grièvement brûlé et blessé. Après ces massacres, 393 personnes originaires de la préfecture de Kigali ont adressé une lettre au président Habyarimana pour le supplier de protéger la population menacée. Elles l’ont également informé de ce que les autorités communales et militaires avaient pris part à ces massacres et que rien n’avait été fait pour rétablir la sécurité.
Kibuye : les organes judiciaires manquent à leurs obligations
L’année 1992 fut également dramatique pour les Tutsi de la préfecture de Kibuye, en particulier ceux des communes de Rwamatamu et Gishyita. Les troubles ont débuté le 20 août 1992 et ont duré une semaine. Les secteurs qui ont été particulièrement touchés sont Ngoma, Mpembe, Mara et Marangara à Gishyita ; Nyagahinga, Mugozi, Rwabisindu, Butembo et Gitsindwe à Rwamatamu. 500 maisons ont été incendiées.
Plus de 5 000 personnes se sont réfugiées à la paroisse de Mubuga de Kibingo et au bureau communal de Rwamatamu. Les organes judiciaires ont manqué à leur obligation de poursuivre leurs auteurs comme le révèle un télégramme confidentiel du 24 août 1992 transmis au Premier ministre par le directeur général du service de renseignements internes, le Dr Augustin Iyamuremye.
Ce télégramme était destiné au ministre de la Justice. Il dénonçait les dysfonctionnements du parquet de Kibuye qui ne poursuivait pas les auteurs des exactions commises dans la commune de Gishyita à Kibuye.
Le Dr. Iyamuremye a indiqué qu’un faible nombre de personnes avaient été arrêtées et placées en détention provisoire, mais que celles-ci devaient être relâchées dans la mesure où le procureur n’avait pas établi leurs dossiers dans les délais prévus par la loi.
Un tel constat témoigne de la mauvaise volonté du procureur qui ne voulait pas poursuivre les fauteurs de troubles.
Comme il apparaît également dans une note du 11 février 1991 établie par le responsable du service de renseignements de Kibuye, Didace Dushimiyimana, les massacres de Tutsi à Kibuye en 1992 ont été planifiés depuis 1991.
Dans cette note, Dushimiyimana relate qu’une réunion de sécurité s’est tenue le 11 février 1991 et que les habitants de Gisenyi prévoyaient d’attaquer les Tutsi de Kibuye comme ils l’avaient fait à Gisenyi.
Il mentionne en outre que dans cette réunion de sécurité, le préfet de la préfecture de Kibuye avait déclaré que le président Museveni avait l’intention d’annexer le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi pour en faire un royaume hamito-hima.
Didace Dushimiyimana concluait sa note en précisant que les participants à cette réunion avaient décidé de distribuer des armes au sein de la population des communes jouxtant le lac Kivu. Les Hutu de Gisenyi se préparaient même à lancer une expédition à Kibuye. Ces derniers avaient d’ailleurs déclaré que ”Les Tutsi du Burundi sont plus courageux que les Hutu de Kibuye”. En d’autres termes, les Hutu de Kibuye étaient à leurs yeux des félons, car sinon ils auraient éliminé les Tutsi.

L’ampleur des massacres commis contre les Tutsi à Kibuye en 1992 a été discutée par les hautes instances de la gendarmerie nationale à l’occasion de différentes réunions. Le procès-verbal de la réunion du 29 août 1992, qui s’est tenue à l’état-major de la gendarmerie, avec les participants suivants tels que Major Paul Rwarakabije, G3, état-major de la gendarmerie, Commandant Pierre-Claver Karangwa, G2, Capitaine François Nkukiliye, G1 intérimaire, Capitaine Jérôme Ngendahimana, officier G3,Capitaine Ildephonse Mugiraneza, officier G2, Lieutenant Léon Mpozayo, officer G1, Lieutenant Espérance Mukamusonera, gestionnaire à la gendarmerie et Sous-lieutenant Mathias Nsabimana, chef du service de secrétariat à la gendarmerie.
L’ordre du jour de cette réunion avait un seul objet relatif à la situation sécuritaire dans la préfecture de Kibuye. Il a été reconnu au cours de cette réunion que des massacres à grande échelle avaient été commis dans les communes de Gishyita et Rwamatamu, un climat de tension régnait au sein de la population des communes de Gisovu et Gitesi.
La réunion a aussi rappelé que, le 27 août 1992, le Premier ministre avait visité en compagnie de deux chefs d’Etat-major (celui de l’armée et de la gendarmerie) les communes de Gishyita et Rwamatamu. Ils avaient constaté que de nombreuses personnes avaient fui. Ils ont alors tenu une réunion avec la population et ont décidé d’instaurer une commission ad hoc chargée de mettre en lumière l’origine de ces actes de violence ainsi que leurs auteurs.
Le chef d’Etat-major de la gendarmerie a annoncé aux participants que ces troubles pouvaient avoir deux causes principales.
Suite à l’amnistie décrétée par le président de la République, plusieurs bandits avaient été relâchés et les détenus qui collaboraient avec le FPR s’étaient éparpillés partout dans le pays. Ils rencontraient au quotidien la jeunesse des partis politiques, surtout celle du MDR.
Pour lui, c’était tout ce monde qui provoquait l’insécurité et qui était manipulé par le FPR. Ces personnes étaient assistées par les Tutsi du parti PL afin de mieux s’infiltrer dans le milieu rural. Elles provoquaient des troubles et s’enfuyaient de telle sorte que les actes de légitime défense commis par les Hutu étaient les seuls à être vus et condamnés. Tout cela visait, selon lui, à faire échouer les accords de paix.
La seconde cause résidait selon lui dans des manœuvres de Hutu et Tutsi extrémistes qui avaient leurs intérêts dans ces troubles.
Les paroles de Ndindiriyimana attribuent ainsi les problèmes d’insécurité et les exactions commises dans les communes de Gishyita et Rwamatamu à des innocents, c’est-à-dire aux Tutsi et aux Hutu qui ne soutenaient pas le plan des massacres. De tels propos aboutissent à légitimer les Hutu extrémistes.
Dans le rapport de cette visite du 1er septembre 1992 signé par Ndindiriyimana en personne, un passage signale qu’un des meneurs ayant appelé les Hutu à tuer les Tutsi était le commandant de la gendarmerie de Kibuye, le lieutenant Bizumuremyi.
Ce gendarme avait déjà été dénoncé par les organisations non gouvernementales rwandaises et par le Parti libéral et la question de son comportement avait même été débattue au Conseil des ministres.
Ndindiriyimana a opté pour la dissimulation de ses actes en prenant la décision de le tuer, ainsi que les autres gendarmes qui avaient des attitudes criminelles similaires.
A Kibuye, Bizumuremyi a donc été remplacé par le commandant Haguma. Il a été ramené à Kigali, puis transféré à Gisenyi pour collaborer avec le Lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva.
Le rapport du 1er septembre 1992, effectué par la gendarmerie sur les dommages causés par ces troubles indique également que huit maisons avaient été incendiées à Rwamatamu le 28 août 1992 et que 500 familles Tutsi s’étaient réfugiées à la paroisse de Mubuga, dans la commune de Gishyita.
Ces réfugiés craignaient encore de regagner leur domicile de peur d’être de nouveau attaqués par les Hutu. Le rapport allait même jusqu’à faire porter la responsabilité aux victimes : ”de facto, on voit que ces Tutsi ne veulent plus cohabiter avec les Hutu”.
Des tueries de grande ampleur à Kibuye
Cinq associations rwandaises non gouvernementales de défense des droits de l’homme – ADL, AVP, Ardho, Kanyarwanda et Lichredor – ont pu se rendre à Kibuye à cette époque. Elles ont déclaré que les tueries avaient atteint une grande ampleur.
Lorsqu’elles sont arrivées à la paroisse de Mubuga et de Kibingo et au bureau communal de Rwamatamu, elles y ont trouvé plus de 5.000 Tutsi déplacés alors que la gendarmerie leur avait déclaré qu’il n’y avait que 500 personnes. Ces personnes vivaient dans des conditions pitoyables.
Le rapport de ces associations note que les autorités de la commune et de la préfecture n’ont rien fait pour mettre un terme aux exactions et poursuivre leurs auteurs. Au lieu de se préoccuper de la sécurité des victimes, que ce soit le préfet Clément Kayishema qui dirigeait la préfecture de Kibuye, les services de sécurité ou les autorités communales, tous contraignaient les Tutsi à rentrer chez eux alors qu’il n’y avait aucune mesure pour assurer leur sécurité et que la plupart des maisons avait été détruite ou pillée.
Les associations de défense des droits de l’homme ont surtout été stupéfaites de constater que les gendarmes et les militaires recherchaient les fauteurs de troubles parmi les Tutsi. Elles ont publié les noms de quelques Tutsi arrêtés par les autorités et ayant été détenus dans des lieux inconnus. Il s’agissait de Innocent Gasasira, Sebushoki, Mugambira, Kanamugire et Ngilinshuti.
Ces associations ont déclaré que les massacres de Kibuye étaient identiques à ceux qui avaient été commis dans les autres régions du pays comme Kibilira, Mutara, Nasho, Bigogwe, Murambi, Bugesera et Mbogo. Elles réaffirmaient que dans toutes ces régions, les pogroms avaient été commis sous le couvert des autorités politiques et militaires.
Ces associations ont conclu leur rapport en recommandant la poursuite, l’arrestation et des sanctions exemplaires à l’encontre des autorités responsables. Celles contre lesquelles elles exigeaient des poursuites judiciaires étaient Emmanuel Bagambiki, qui était le préfet de Cyangugu, accusé d’avoir commis les massacres au Bugesera lorsqu’il était préfet de Kigali-rural. Faustin Sekagina, sous-préfet de Kanazi à l’époque des massacres au Bugesera ; Fidèle Rwambuka, bourgmestre de la commune de Kanzenze, membre du comité central du MRND ; Jean-Baptiste Gatete, bourgmestre de la commune de Murambi à Byumba ; Juvénal Kajelijeli, bourgmestre de la commune de Mukingo à Ruhengeri et Ferdinand Nahimana, directeur général de l’ORINFOR.
Ces associations déclaraient que la restauration de la paix était impossible à Kibuye aussi longtemps que les responsables des troubles seraient maintenus à leurs postes, en l’occurrence le préfet Kayishema et le bourgmestre de Gishyita, Siméon Ntamatungiro.
Aucune de ces autorités n’a cependant été poursuivie. Elles ont été maintenues dans leurs postes jusqu’au Génocide de 1994, au cours duquel elles se sont sinistrement illustrées.
Les massacres de Shyorongi
En 1992 et 1993, la commune de Shyorongi de la préfecture de Kigali-rural a été à son tour en proie à des massacres de Tutsi. Ils étaient pilotés par les autorités du MRND, sous la houlette du bourgmestre Alexandre Hitimana. Ce dernier assurait la distribution d’armes et de munitions et transportait les tueurs dans le véhicule communal escorté par des militaires en tenue civile.
Une expédition des milices Interahamwe et Impuzamugambi du MRND-CDR a notamment eu lieu le 15 novembre 1992 dans cette commune. Leurs chefs de file comptaient parmi les hautes autorités du MRND, dont le député Bonaventure Habimana, ancien secrétaire général du MRND, le ministre de l’Intérieur et du Développement communal, Faustin Munyazesa, et le préfet de Kigali, Côme Bizimungu.
Les Interahamwe de Shyorongi ont été appuyés par ceux qui venaient de Kigali (Remera) conduits par le beau-frère du président Habyarimana, Aloys Ngirabatware.
Au cours de cette expédition, de nombreux Tutsi ont été tués, dont des femmes et des enfants, et les maisons des Hutu des partis d’opposition ont été mises à sac. Environ 500 personnes sont restées sans abris. Ces tueries semblaient mettre en exécution le contenu du discours de Léon Mugesera prononcé à Kabaya, le 22 novembre 1992, et celui du président Habyarimana, prononcé le 15 novembre 1992 à Ruhengeri.
Léon Mugesera avait exigé publiquement l’extermination des Tutsi et des Hutu qu’il considérait comme complices du FPR.
” Pourquoi ces parents qui ont envoyé leurs enfants ne sont pas arrêtés et exterminés ? Pourquoi on n’arrête pas et on n’extermine pas tous ceux-là qui les escortent ? Vraiment, vous attendez qu’ils viennent nous exterminer ?”.
Le président Habyarimana avait prononcé un discours similaire à Ruhengeri, en dénigrant le protocole d’accords d’Arusha qui prévoyait la fusion des forces armées du FPR et celle du gouvernement. Il a déclaré que, le moment venu, il mobiliserait ses Interahamwe.
Les massacres de Shyorongi ont été examinés dans une réunion de haut niveau par l’état-major de la gendarmerie nationale, le 25 novembre 1992. La réunion était dirigée par le colonel Augustin Ndindiliyimana, chef d’état-major, et comprenait 14 officiers gendarmes.
Il y avait le Major Paul Rwarakabije, G3, état-major de la gendarmerie nationale ; Major François Muhirwa, chef du CRCD ; Major Jean-Marie Vianney Nzapfakumunsi, commandant du groupement de Kigali ; Commandant Pierre-Claver Karangwa, G2, état-major de la gendarmerie nationale ; Capitaine Léandre Nderelimana, commandant de la compagnie de terre de Nyarugenge ; Lieutenant Bunani, commandant de la compagnie de terre de Kicukiro ; Lieutenant Jean de Dieu Mugabo, commandant de la compagnie de terre de Kacyiru; Sous-lieutenant Mathias Nsabimana, sergent-chef de l’état-major de la gendarmerie nationale (rapporteur) ; Sous-lieutenant élève Vuningoma, compagnie de terre de Nyamirambo ; Adjudant-chef Mugiraneza, commandant de la brigade de Nyarugenge ; Adjudant-chef Wenceslas Nsanzabaganwa, commandant de la brigade de Kicukiro ; l’appelé Sekabera, commandant de la brigade de Remera ; l’appelé Rudahunga, commandant de la brigade de Gikondo ; l’appelé Sebazungu, commandant de la brigade de Nyamirambo.
La réunion a reconnu que de nombreux actes de violence et assassinats avaient été commis et que les services chargés de la sécurité ne collaboraient ni pour les combattre, ni pour arrêter leurs auteurs et faciliter leur poursuite.
Le procès-verbal de la réunion relate que le parquet de Kigali relâchait les personnes qui avaient été arrêtées pour avoir commis des meurtres ou pris part aux massacres. Il livrait les noms de deux Interahamwe redoutables : Joseph Sekibi, responsable des Interahamwe dans la commune Shyorongi, et Katumba, qui commandait les Impuzamugambi de la CDR dans la ville de Kigali. Le rapport notait que ces personnes commettaient des meurtres mais qu’une fois arrêtées, elles étaient aussitôt relâchées par le parquet.
Le procès-verbal indique que l’origine des massacres de Shyorongi était la mort du président de la jeunesse du MRND, tué par les jeunes du MDR. Cela avait provoqué un rassemblement d’Interahamwe qui étaient partis se venger. Le même procès-verbal révèle que plusieurs assassinats commis dans la ville de Kigali et ses environs étaient attribuables aux miliciens Interahamwe et Impuzamugambi.
Tous ces meurtres sont restés impunis par la gendarmerie rwandaise qui en avait la responsabilité alors que les auteurs étaient clairement identifiés. Cette situation a souvent été évoquée aux cours des réunions de l’état-major de la gendarmerie.
L’absence de réaction des hautes autorités du pays constitue une preuve de leur implication. Dans presque tous ces cas, les chefs militaires et gendarmes étaient même impliqués comme le révèle un communiqué du MDR du 15 janvier 1993 qui rapporte que le colonel Bagosora, en concertation avec le colonel Pierre-Célestin Rwagafirita (ancien chef d’état-major adjoint de la gendarmerie nationale), ont mis sur pied un plan en vue de commettre des massacres dans la préfecture de Kibungo. Le communiqué était ainsi libellé : ”On vient d’en faire un bain de larmes, en obstruant les routes, en persécutant des gens pour trouver un prétexte de massacrer les Tutsi et les membres des partis de l’opposition.”
Dr Jean Damascène Bizimana




































































