En cherchant à connaitre le nombre de personnes avec handicap mental, l’on finit par se rendre compte qu’il est inconnu.
La vice maire en charge du développement social, Yvette Imanishimwe, s’empresse à donner le nombre de personnes avec handicap en général. Le directeur de la protection sociale, Murenzi Jean Marie Vianney, ne peut pas faire mieux.
Ces autorités de Bugesera ne sont pas à blâmer. La situation n’est pas différente ailleurs dans le pays. Le nombre de personnes avec handicap mental, moins encore les enfants, n’est pas connu.

Et pourtant, l’handicap mental diffère de l’handicap physique. Les soins et le soutien peuvent s’étendre à toute la famille pour un cas d’handicap mental. Et cela pour toute la vie.
Des enfants avec handicap mental constituent un calvaire pour les parents sans moyens pour faire face à tous les défis.
Les parents demandent de l’aide
Itangishaka Franck, agé de 8 ans, souffre d’handicap mental d’un degré de 100%. Il vit dans le secteur Mayange, cellule Gakamba, village Kavumu. Depuis sa naissance, cet enfant n’est pas capable de faire quelque chose. C’est sa mère Uwamahoro Jacqueline qui s’en occupe.

“Je dois rester près de mon fils en permanence, depuis sa naissance,” dit Uwamahoro Jacqueline. Elle l’a fait soigné au Centre de chirurgie orthopédique pédiatrique et de réhabilitation Sainte Marie de Rilima. Après une année, elle s’est résignée à le laisser coucher à la maison. Elle ne demande que du matériel d’hygiène pour l’aider à assurer les soins nécessaires à son enfant quasi immobile.
Elle dit ne recevoir aucun soutien. Elle cite cependant une formation sur la manière de s’occuper d’un tel enfant avec handicap mental.
Mukantabana Bellancile du même village a mis au monde il y a 17 ans un fils nommé Nshimiyimana Elisa avec handicap mental d’un degré de 100%. Sa mère croit encore que les soins médicaux peuvent améliorer les conditions de vie de son enfant.

“Pendant une année, mon enfant a bénéficié des séances de kinésithérapie à l’hôpital de Nyamata,” dit-elle. “Son cou est devenu solide comme celui d’une personnes normale,” témoigne-t-elle. “Je n’ai pas pu continuer à le faire soigner faute de moyens,” explique-t-elle.
Tous les enfants avec handicap n’ont pas le même degré d’handicap. Ntuyekure Ernest de 17 ans, de ce village damné, avait commencé à fréquenter l’école. Selon sa mère Uwamahoro Jeannette, il a fini par refuser d’y aller parce qu’il souffrait de la stigmatisation de ses camarades de classe. Il a besoin d’une école spécialisée.
Dans ce village Kavumu se trouvent plusieurs d’autres enfants avec handicap mental.
L’assistance se donne selon les catégories sociales

La vice-maire en charge du développement social, sans distinguer les types d’handicap, déclare que le district assiste les personnes avec handicap. Ils sont regroupés en 15 coopératives et 71 groupes. Ils reçoivent un soutien pour les soins de santé et les béquilles pour les individus avec handicap physique.
Les parents des enfants avec handicap mental nient toute assistance pour les soins de santé. Ils n’ont aucune idée des coopératives. Seulement, ils reconnaissent faire partie d’un groupe. Les membres se rencontrent périodiquement au bureau de cellule pour échanger sur leur calvaire, se consoler les uns des autres. “Lorsque l’on apprend les difficultés auxquelles les autres font face, l’on se rend compte que l’on n’est pas finalement le plus malheureux,” a indiqué Uwamahoro Jeannette.
Le directeur de la protection sociale, Murenzi Jean Marie Vianney, rappelle que toute assistance tient compte de la catégorie sociale du demandeur.

Selon Dr Darius Gishoma, spécialiste des maladies mentales, 80% des personnes souffrant d’handicap mental, en particulier les enfants, ne se font pas soigner par manque d’argent. Pour l’UNICEF, tous les enfants ont droit à l’éducation et aux soins de santé.
Gérard Rugambwa




































































