Le médecin gynécologue obstétricien à l’université du Rwanda, Dr Rulisa Stephen condamne énergiquement ses collègues médecins qui ont failli à leur mission de protéger les vies humaines, lors du génocide commis contre les Tutsi. Il faisait allusion aux médecins du CHUK ayant participé au génocide des Tutsi en 1994.
C’était exactement le 10 avril 1994 que les démons noirs visitèrent le Centre Hospitalier de Kigali (CHK). Auparavant on n’avait jamais vu un médecin tuer un malade qu’il est sensé sauver. Hélas, à cette date, tout a basculé. Plus de 100 personnes ont été tuées avec la complicité de leurs médecins traitant. C’est ici que Dr Rulisa Stephen s’indigne et condamne ces médecins.
” Il est en tout cas inconcevable, voire impensable de voir un médecin formé, qui a débuté son travail avec le célèbre serment d’Hippocrate, participer à la mise à mort d’un patient. Ceci est vraiment diabolique,” s’est indigné Dr Rulisa.
”Un médecin, digne de ce nom, ne doit rien faire de mal à son malade, mais doit plutôt tout faire pour sauver sa vie,” a-t-il ajouté.
L’un des rares rescapés de cette longue journée du 10 avril 1994, Gatera Aphrodice, indique également qu’il était impensable de voir un médecin tuer un malade.
”Les médecins venaient avec les militaires et les interahamwe, ils nous disaient de descendre de nos lits. Ils allaient nous tuer près de la morgue du CHK,” a indiqué Gatera.

L’autre rescapée de cette date inoubliable au CHK, qui y était infirmière explique comment certains médecins achevaient les malades sur les lits.
” Celui qui ne pouvait pas descendre vers la morgue, à cause de la faiblesse due à la gravité de sa maladie, était achevé immédiatement avec la complicité de certains médecins, ” a-t-elle indiqué.
Elle a révélé également comment beaucoup de militaires, de gendarmes et miliciens interahamwe se sont précipités dans les enceintes du CHK pour commettre les atrocités, si bien qu’en si peu de temps, plus de 100 personnes ont succombé à ces massacres.
Dans le même temps, un autre groupe de tueurs s’était rendu à l’hôpital Roi Fayçal. Il y a tué plus de 20 Tutsi qui y étaient hospitalisés.
Les témoins oculaires ont indiqué que ce jour-là, le colonel Théoneste Bagosora, considéré comme cerveau du génocide, avait sillonné les deux hôpitaux très tôt dans la matinée. Ce qui laisse penser que ces massacres du 10 avril 1994 se plaçaient dans la grande planification du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda.
Le plus grand nombre de médecins ayant trahi le serment d’Hyppocrate pendant le génocide des Tutsi a été identifié à Butare. Ils s’élèvent à 25.
Vital Ndayambaje




































































