L’abandon des Tutsi par les casques bleus à l’ancien ETO Kicukiro, c’est une preuve de l’échec de la communauté internationale pendant le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.
A l’occasion de la commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi dans le district de Kicukiro, plus précisément à Nyanza, les différents locuteurs ont relaté la défaite de la communauté internationale face à un génocide prévisible.
Les activités de cette commémoration ont été précédées par une marche qui a débuté à 16 h à l’IPRC Kicukiro vers le site mémorial de Nyanza, où se sont déroulées le reste des activités.
A l’arrivée des milliers de personnes jeunes et adultes sur ce site, le ministre de l’unité nationale et l’engagement civique, Dr Bizimana Jean Damascène, a allumé la flamme de l’espoir de 29 enfants pour représenter les 29 ans depuis la libération du pays.

Les différents locuteurs sont revenus sur le contingent belge qui s’est retiré de l’Ecole Technique Officielle (ETO) Kicukiro, abandonnant plus de 10.000 fugitifs qui avaient trouvé refuge dans l’établissement.
Le président de l’organisation des associations des rescapés du génocide, IBUKA, Dr Philbert Gakwenzire, a déclaré que ce qui a été fait par les casques bleus fait honte à la communauté internationale.
“c’est très honteux de voir les militaires qui sont supposés protéger les civils abandonner ceux qu’ils sont censés protéger, les quitter en les laissant dans les mains des tueurs. Les informations de la planification du génocide étaient bien disponibles et le génocide contre les Tutsi était prévisible,” a-t-il déclaré.
Il a également appelé l’Organisation des Nations Unies (ONU) à s’acquitter de ses responsabilités, fondements de sa création pour que la paix règne.

Revenant sur la défaite de la communauté internationale, Dr Bizimana Jean Damascène a montré la poursuite du soutien aux génocidaires même après la libération du pays par le Front Patriotique Rwandais (FPR).
Ici il a tenu à préciser que Bagosora, Kambanda, Pauline Nyiramasuhuko, le Général Kabirigi et bien d’autres ont travaillé sur leurs dossiers juridiques avec les avocats dans leur bureau de Nairobi et Goma pour tenter de trouver un acquittement auprès du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR).
“Le fait que les politiciens d’autres pays ont contribué à ces démarches en faveur de tels planificateurs de génocide prouve comment la communauté internationale a entrepris des efforts dans l’appui aux génocidaires au lieu d’aider le Rwanda à se reconstruire, “ a-t-il insisté.
Selon lui, les Rwandais doivent tirer des leçons de cette défaite de la communauté internationale pour renforcer leur unité.

“Ce que nous pouvons retenir de cette politique de laisser les Tutsi dans les mains des interahamwe, c’est d’éviter de tendre nos mains à l’aide étrangère, mais plutôt de trouver des solutions à nos problèmes,” a-t-il souligné.
”Comme nous le rappelle souvent notre Président de la République, nous devons résoudre nos problèmes à nous…nous devons lutter pour notre dignité, renforcer l’unité des Rwandais, “ a réitéré Dr Bizimana.
A cette commémoration, d’autres hautes personnalités comme le cardinal Antoine Kambanda, les représentants de l’Union Européenne, Israël, France et d’autres représentants de la communauté internationale étaient aussi présents.
Au site mémorial de Nyanza dans le district de Kicukiro, les corps de plus de 105.000 victimes y reposent. A part ceux qui ont été tués sur cette colline, d’autres corps ont été trouvés dans les secteurs de Nyarugunga, Masaka, Gahanga, Gatenga.
Florent Ndutiye




































































