Le projet d’entretien des routes pour les jeunes de Kamonyi est devenu une source de revenus et une bonne occupation. Il est permis pour eux d’espérer un avenir meilleur.
Sur la route Remera-Rukoma, des jeunes de sexe féminin et masculin entretiennent cette infrastructure en y mettant de la latérite. Ils doivent améliorer l’état de la route. Ils travaillent pour l’entreprise” I.N. Professional Engineering Construction Company”.
” Nous avons un contrat avec le district de Kamonyi pour l‘entretien de la route Kamonyi-Gacurabwenge-Rukoma-Ngamba sur 14,2Km,” affirme Innocent Nkijijwenimana, directeur de l’entreprise.
Ces jeunes ont la responsabilité de maintenir cette route toujours en bon état. Pour ce faire, 55 jeunes ont été engagés dont 27 de sexe masculin et 28 de sexe féminin.

Une source des revenus pour les jeunes sans emploi
Ingabire Gloriose, âgée de 22 ans, se trouve sur le site de la cellule de Nkingo, dans le secteur de Gacurabwenge. Cela fait une année et trois mois qu’elle fait ce travail de maintenance des routes.
“J’ai sur mon compte d’épargne SACCO Ruyange 450.000 Frws,” dit-elle.” J’ai un projet de lancer une quincaillerie,” révèle-t-elle.
Elle contribue également à la qualité de vie chez elle.” J’élève 6 poules. Elles pondent des oeufs pour la consommation familiale. Cela nous permet d’améliorer l’alimentation,” indique-t-elle. Ingabire Gloriose pratique aussi l’élevage des chèvres. Elle en a déjà 6.

Cette jeune fille est diplômée de l’enseignement secondaire. Elle n’a pas pu poursuivre ses études supérieures.
Iradukunda Denise âgée de 23 ans est une jeune femme. Elle a eu une grossesse imprévue alors qu’elle venait de commencer ses études secondaires en 2019. Depuis lors, elle ne va plus à l’école.
A 18 ans, elle a fondé un foyer avec le père de son enfant. Cela fait 5 mois qu’elle a été engagée par l’entreprise I.N. Professional Engineering Construction Company.
Elle gagne 1.500 Frws par jour. Les revenus mensuels sont transférés directement sur le compte commun ouvert par son mari dans SACCO, une microfinance d’épargne et de crédit.

Iradukunda Denise est membre d’un groupe d’épargne ou elle verse 500 Frws par semaine. Elle pourra acheter peut-être une chèvre après 6 mois.
A la tête de l’entreprise, un ancien de l’IPRC
I.N. Professional Engineering Construction Company est tenue par un ancien de l’IPRC Kigali, Innocent Nkijijwenimana. Il est épaulé par Iradukunda Audace, un technicien et Kamikazi Astrida qui s’occupe de la comptabilité.
Le directeur Innocent Nkijijwenimana s’est marié il y a trois mois.” Avant on était comme des chômeurs. On n’avait pas un emploi permanent…” déclare-t-il reconnaissant envers l’Etat. “Je compte poursuivre mes études techniques supérieures,” dévoile-t-il son ambition.
L’Etat a mis en place ce programme d’entretien des routes pour notamment résorber le problème de chômage chez les jeunes.

Ce programme cible particulièrement les jeunes ayant des compétences techniques. ” L’objectif principal de ce programme est d’entretenir les routes de façon durable en pourvoyant l’emploi aux jeunes et en préparant les entrepreneurs de demain dans le secteur des infrastructures,” dit Jean Pierre Habimana, spécialiste de l’emploi des jeunes et de la promotion des compétences au ministère de la jeunesse et de la culture.
Une réponse au problème de chômage des techniciens
Selon le rapport de l’Institut National des Statistiques du Rwanda (NISR) datant de mars 2020, le taux de chômage chez les jeunes s’élève à 17, 2%. Ils constituent plus de 70% de la population, les jeunes ne dépassant pas 30 ans.
Le gouvernement, avec la crise sanitaire, a eu des craintes de voir cette situation s’aggraver. Aujourd’hui, ce programme lancé dans tous les districts excepté Nyamasheke et la ville de Kigali présente un bilan positif.
” C’est une réponse au problème de chômage chez les jeunes, en particulier ceux terminant l’enseignement technique,” analyse Albert Kayiganwa, chargé de la jeunesse, sports et culture dans le district de Kamonyi, province du Sud.

” En les observant, on voit très bien que leurs conditions de vie ont changé,” témoigne Kayiganwa.” Ils étaient à la recherche du travail, ils sont devenus pourvoyeurs d’emploi,” ajoute cet agent de district en charge de la jeunesse.
” Ils sont bien occupés. Ils ne peuvent pas se plonger dans la consommation des stupéfiants ou dans le vagabondage sexuel,” explique-t-il.
Dans leur contrat, ces jeunes reçoivent régulièrement l’inspection de trois institutions. Elles sont le District, l’Agence Rwandaise de Développement des Transports (RTDA) et le Fond de l’entretien routier (RMF). L’Etat leur verse les fonds mensuels sur base de l’évaluation faite par ce trio. Cependant le paiement peut prendre trois mois de retard car le processus est long.
Gérard Rugambwa




































































