Alors que le Rwanda célèbre pour la 29ème fois les héros nationaux ayant sacrifié leur vie pour le pays, la première dame du Rwanda, Madame Jeannette a écrit une lettre ouverte intitulée « A Praise For Peace : Les Héros n’aiment pas la guerre”. Elle apprécie le dévouement et le courage dont ont fait preuve les héros, qui ont accepté de sacrifier leur vie pour que le peuple Rwandais ne soit pas divisé.La lettre a été publiée en Anglais et un peu de Français sur le site officiel de la Fondation Imbuto.
A Praise For Peace: Les Héros n’aiment pas la guerre
En fait, ils l’empêchent ou y mettent fin, à tout prix.
Je trouve la quiétude dans la justesse de cette citation : « Je préfère la paix. Mais si des ennuis doivent venir, qu’ils viennent en mon temps, afin que mes enfants puissent vivre en paix. »
Le prix de la paix se mesure-t-il toujours à l’échelle du sacrifice ?
La paix était la terre promise de tant de héros (e) qui n’ont jamais pu expérimenter sa splendeur, son pouvoir de guérison, sont inestimables.
Cela m’attriste de voir cette injustice. S’il n’y a jamais eu un jour pour faire preuve d’un peu de bravoure face à une discussion aussi cruciale, aussi grave soit-elle, ce doit être aujourd’hui.
Bonne fête des héros.
Pour nous, le sacrifice est un mot lourd ; une teinte à la fois de bravoure et de douleur profonde.
C’est là que je crois que notre histoire est peut-être unique. Nos héros n’ont pas simplement offert force et effort pour libérer notre pays. Au-delà de la garantie de la liberté, ils ont également engagé leurs esprits, leurs esprits, leurs connaissances, leurs valeurs, leur sagesse et leur perspicacité pour remettre sur pied une nation déchue.
Comment si formidablement, le Rwanda – enfin libre – s’est tenu !
Nos Héros ont témoigné de leur courage de tous les coins du pays. Des étudiants de Nyange, de simples adolescents, qui ont choisi la mort plutôt que d’être divisés par l’ethnicité perçue, à nos vaillants soldats qui ont déposé leurs armes et levé la craie à bord, pour apprendre à nos enfants à lire, écrire, compter.
Des survivants qui ont silencieusement lutté contre les traumatismes et le désespoir pour créer des systèmes de soutien pour les orphelins, blessés ou lésés, à ceux qui n’avaient rien à craindre, mais ont choisi de mettre leur vie en jeu pour préserver l’humanité et la nation. La petite masse de professionnels bien formés offrait à la population son dévouement pour peu ou pas de salaire.
En temps de paix, nos forces armées sont toujours présentes, posant pierre sur pierre pour construire notre nation.
Pour cela, nous sommes profondément redevables des sacrifices de nos Héros.
Si reconstruire après un génocide et une guerre de dernier recours vous apprendra quelque chose, c’est qu’il n’y a rien de plus héroïque que de maintenir la paix ou de protéger la vie d’autrui, parfois au détriment de la vôtre.
Aux Héros rwandais, vivants et disparus : même lorsque votre combat est déformé par des propos mal intentionnés, ou mal interprété par des regards mal informés… Rappelez-vous toujours que votre sacrifice est sacré.
Non, nos forces ne pillent pas.
Non, nos forces ne violent pas.
Non, nos forces ne volent pas des vies innocentes.
Nos forces militaires portent la paix et la dignité au-delà de nos frontières.
Nous vous saluons!
Nous vous remercions pour la paix qui nous entoure. Nous vous remercions pour le bon sommeil que nous apprécions.
En effet, il serait malheureux pour quiconque ayant le pouvoir et le devoir de servir, de lutter pour autre chose que la paix ; car les vrais héros ne sèment pas la guerre ; ils l’empêchent ou y mettent fin.
Pendant ce temps, la menace de guerre, la perte d’un membre et de la vie semblent trop souvent et trop légèrement employées par ceux qui ne connaissent rien à l’obscurité du champ de bataille; si peu sur le fardeau angoissant d’un être cher bravant prématurément la mort, pour que vous, ou votre famille, n’ayez pas à subir la même chose.
On dit que « les vieillards déclarent la guerre; mais c’est la jeunesse qui doit se battre et mourir.» Eh bien, je crois que la cupidité déclare la guerre, mais ce sont les altruistes qui se battent et meurent.
Le prix de la paix se mesure-t-il toujours à l’échelle du sacrifice ?Oui.Cependant, le sacrifice n’implique pas toujours le martyre : se sacrifier ne devrait pas nécessairement se souder par la mort.
Se sacrifier pourrait être, aussi, choisir une exigeante intégrité là où cupidité pourrait tenter.
Se sacrifier signifie aussi, verser sueur pour nous élever tous, comme un seul homme, plutôt que sang, pour nous diviser.
Se sacrifier s’agit tout simplement, d’accomplir le travail qui compte, créer un ressenti de bien-être si légitime, que la dévastation de la guerre n’est plus une option.
Nous remercions tous ceux qui ont offert l’ultime.
Nous remercions tous ceux qui ont choisi “Ndumunyarwanda”.C’est la différence entre un héros et un chef de guerre. L’un arrête la destruction et reconstruit ; un autre fait rage et brûle jusqu’au sol.
Comme nous sommes fiers de la certitude à laquelle appartiennent ceux que nous célébrons aujourd’hui.Bonne fête des héros, une fois de plus !
« Le corps du Rwanda a été torturé, agressé et a succombé mais l’esprit n’est jamais mort. » C’est cet esprit qui devrait continuer à se battre… pour ne jamais être vaincu.Aujourd’hui, notre esprit est bel et bien vivant, et il valorisera et défendra toujours notre paix.Que tous nos Héros soient remerciés pour tout ce qu’ils ont si noblement donné et aimé, pour ce qu’ils ont fait de manière si sacrificielle, car il y a encore ceux qui ont désespérément besoin de Héros.
Traduction Michèle Iradukunda




































































