Une nouvelle loi, visant à accroître l’emploi des Noirs en Afrique du Sud, suscite la colère d’entrepreneurs. Ces derniers craignent la perte de postes pour les travailleurs qualifiés.
Le gouvernement Sud-Africain vient de promulguer une loi visant la promotion de la diversité et l’égalité. Les entrepreneurs sud-africains, essentiellement blancs, n’ont pas bien accueilli cette nouvelle loi. Ils craignent en effet de perdre de l’emploi en faveurs des groupes anciennement marginalisés.
Le gouvernement sud-africain assure qu’il s’agit seulement de promouvoir la diversité et l’égalité.
” Cela ne signifie pas que les Blancs vont être éliminés pour laisser place aux groupes défavorisés”, a plaidé le ministre sud-africain du Travail, Thulas Nxesi.

Pour sa part, le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), prévoit de manifester ce mercredi 26 juillet 23, au Cap, pour dénoncer le texte, signé mais pas encore mis en vigueur. L’opposition la qualifie de loi sur les ”quotas raciaux”.
A ce jour, l’Afrique du Sud reste le pays le plus inégalitaire au monde, trente ans après la fin de l’apartheid. Près d’un Sud-Africain noir sur deux était au chômage au début de cette année 2023, alors que le chômage n’était que de 9,5% chez les Blancs, selon les chiffres de l’institut sud-africain des statistiques.
La nouvelle loi obligera les entreprises de plus de 50 salariés à refléter la démographie de la région dans laquelle elles opèrent et à expliquer comment elles comptent y parvenir. Elle permet aussi au gouvernement de fixer des objectifs chiffrés pour des secteurs précis.
Gareth Ackerman, président de la chaîne de supermarchés Pick n Pay, accuse la loi de fragiliser les employeurs dont la main-d’œuvre ne reflète pas la démographie raciale.

”Cela aurait pour effet de mettre au chômage un grand nombre de personnes qualifiées, et de les remplacer par des personnes non qualifiées,” a-t-il récemment déclaré.
Le plus puissant syndicat travailliste juge la polémique exagérée. ”C’est une loi rationnelle, pas le gros monstre que présente l’alliance démocratique (DA)”, a déclaré Matthew Parks, porte-parole du COSATU, syndicat des travailleurs Sud-Africains.
La population Sud-Africaine est actuellement évaluée à plus de 60 millions de personnes. Selon une étude récente, les Blancs représentent moins de 10% de cette population, mais occupent plus de 60% des postes de direction.
Cet état de fait n’est pas bien vu par la population noire. Celle-ci qualifie cette situation de séquelles de l’apartheid, parti ségrégationniste abolie il y a déjà près de 30 ans.
Vital Ndayambaje




































































