La jeune femme du nom d’Ishimwe Bonnette du district Kirehe, s’adonne à la culture de l’avocat, une culture apparemment pas rentable au Rwanda comparée aux autres cultures d’exportation telle que le café ou le thé.
Ishimwe, fondatrice d’une société appelée ”First fruits Company Ltd,” a démarré ce projet en 2018. Ayant grandi entourée de cette culture mais pas très valorisée en termes de bénéfices, Ishimwe a décidé de se lancer dans la production de l’avocat.
”J’ai grandi en aimant l’avocat mais il n’était pas très valorisé chez nous. Après mes études universitaires, j’ai commencé à m’intéresser un peu plus sur l’avocat et j’ai remarqué que c’était vraiment un bon fruit méritant toute son importance,” se confie-t-elle.
Ishimwe a commencé à cultiver sur 15 hectares de fermage. Ensuite elle est passée à 100 hectares en louant 75 hectares de la population locale. Elle voulait améliorer le rendement en travaillant en étroite collaboration avec cette dernière.

” Comme je suis de Kigali, sans beaucoup de connaissance sur la culture de l’avocat, je me suis rapprochée des cultivateurs locaux pour pouvoir augmenter la production et aussi obtenir une meilleure qualité,” déclare-t-elle.
N’ayant pas fait des études en agronomie mais plutôt en comptabilité, Ishimwe a rencontré différents défis personnels et d’autres liés à son projet.
Incomprise, elle persévère
Quand elle s’est lancée dans ce projet, sa famille ne comprenait pas son intérêt soudain pour l’agriculture surtout pour la culture de l’avocat.
” Tu as un diplôme en comptabilité. Tu peux bien gagner ta vie mais toi tu choisis de cultiver des avocatiers au fin fond du pays,” lui disait-on.
Selon certaines personnes de son entourage, ce type de projet n’est pas fait pour une fille mais pour les garçons. D’autres prétendaient qu’elle n’aura pas de mari car elle a choisi un projet qui n’est pas rentable.

”Tu devrais rester à Kigali et postuler pour de meilleurs postes plutôt que d’aller te terrer à la campagne,” lui suggéraient ses amies.
Ishimwe travaillant dans le secteur Mpanga, cellule Mushungi à Kirehe, a déclaré qu’elle a travaillé dur pour en arriver au stade actuel.
Elle n’arrivait pas à stimuler les graines. Ces dernières pourrissaient. En obtenir d’autres et avoir de bons engrais chimiques posaient problème. Les avocatiers nécessitent une quantité importante en eau.
Après avoir lancé son projet, voilà la pandémie de Covid-19 qui venait freiner tout cela. ”Ça ne m’a vraiment pas facilité la tâche, ” indique-t-elle.

Mais comme elle est de nature à ne pas baisser les bras, et qu’elle savait que l’avocat était un produit très rentable et très demandé au niveau international, elle a augmenté les efforts et ne s’est pas découragée. C’est en 2021 que les choses se sont un peu améliorées. Elle a pu planter les avocatiers.
La jeune femme a continué son projet et a récemment remporté au niveau provincial ”le prix du meilleur projet d’agriculture” au Youth Connekt 2022 avec 1 million de Francs Rwandais à la clé.
Le meilleur est à venir pour Ishimwe
Sur 1 hectare il y a environ 400 avocatiers. Elle espère qu’à présent qu’elle a agrandi son espace, dans trois ans la production s’estimera à 24,8 millions de Francs Rwandais.
Une autre chose à laquelle elle s’attend pour les avantages des avocatiers et que la production augmentera à mesure que l’arbre grandira. ” Après cinq ans nous prévoyons que la production aura atteint les 93 millions de Francs Rwandais,” affirme- t-elle.
Selon Ishimwe, la population avoisinant ses terres se dit reconnaissante de pouvoir collaborer avec elle dans ce projet. ”Aujourd’hui j’ai environ 15 employés permanents qui sont tous des locaux. J’emploi entre 50 et 100 employés partiellement selon le type d’activité à faire. J’envisage d’acheter plus de terres à la population et contribuer ainsi au développement de cette région,” dit-elle.

Dans le futur, Ishimwe souhaite pouvoir non seulement augmenter sa production et l’exporter à l’étranger mais aussi la transformer en différents produits dérivant de l’avocat. Elle cite l’huile d’avocat pour la cuisine, des produits cosmétiques et beaucoup d’autres.
” Dans au moins 5 ou 10 ans, je voudrais pouvoir vivre de mon travail et ne plus avoir besoin du soutien financier de ma famille. Je voudrais que ma société soit connue dans notre région Est Africaine, que je puisse rivaliser avec d’autres grandes sociétés telles que celles du Kenya, étant l’un de grands producteurs d’avocats en Afrique et au monde,” montre-t-elle son ambition.
En tant que jeune, Ishimwe conseille à ses semblables ayant choisi de se créer l’emploi, de ne pas se décourager et de poursuivre leurs rêves.
”N’écoutez jamais ceux qui vous rabaissent mais ceux qui vous soutiennent, embrassez toutes les opportunités que vous aurez et foncez,” insiste-elle.
Les chiffres de 2022 fournis par l’Agence nationale pour la promotion des exportations de produits agricoles et d’élevage (NAEB) montrent qu’au cours des deux dernières années, le Rwanda a exporté plus de 700 tonnes d’avocats vers le marché international, gagnant plus de 1,5 millions de dollars américains.
Michèle Iradukunda




































































