Les habitants du secteur de Juru dans le district de Bugesera affirment que la guérison des blessures psychologiques laissées par le génocide commis contre les Tutsi leur a apporté le développement. Ils l’ont indiqué au président mondial de l’organisation Interpeace, Itonde Kakoma. Il leur a rendu visite ce lundi.
Le district de Bugesera est l’une des régions du pays ayant connu beaucoup d’atrocités lors du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda. Il compte aujourd’hui deux mémoriaux de niveau national, Nyamata et Ntarama.
Quelques rares rescapés du génocide dans le secteur de Juru dans ce district affirment avoir repris le sens de la vie après différents programmes socio-thérapeutiques.

Béatrice Mukamurego est l’une de ces survivants du génocide. Elle affirme avoir repris la vie après avoir pardonné.
” Avant d’avoir pardonné celui qui a tué ma famille, ma vie n’avait pas de sens. Mes pensées étaient totalement bloquées et je ne pouvais rien faire. Mais après avoir pardonné, la vie a repris de la saveur, je n’ai plus de malaises psychologiques et je peux maintenant travailler pour mon développement’’, a-t-elle affirmé.
Emmanuel Sesimari a participé au massacre de la famille de Béatrice. Après avoir purgé 8 ans d’emprisonnement, il est revenu habiter tout près d’elle. Les deux ne se regardaient bien évidemment pas d’un bon œil. Mais quand ils ont bénéficié des programmes socio-thérapeutiques, leur vision des choses a basculé, selon leurs propres termes.

”J’avais beaucoup de honte de revenir cohabiter avec Béatrice alors que c’est moi qui ai tué sa famille. Mais avec la grâce divine et le programme de guérison sociale dont nous avons bénéficié, tout a changé. Aujourd’hui nous cohabitons pacifiquement, et participons à beaucoup de programmes sociaux et d’entraide mutuelle’’, s’est réjoui Emmanuel Sesimari.
Il a ajouté que cette activité leur permet de travailler ensemble et d’atteindre facilement le développement.
La guérison sociale, l’une des solutions de choix
Les programmes socio-thérapeutiques dont a bénéficié cette population du secteur de Juru ont été initiés par le district de Bugesera en collaboration avec différentes organisations. L’une parmi elles est Interpeace. Son président au niveau mondial, Itonde Kakoma a rendu visite à cette population ce lundi. Il a indiqué que la guérison sociale a été l’une des solutions de choix après le génocide commis contre les Tutsi au Rwanda.

” Il n’ y avait pas d’autres choix après cette tragédie ayant endeuillé le pays. Il fallait d’abord cicatriser les blessures des survivants, ensuite s’occuper de celles des bourreaux. Cette guérison que nous soutenons toujours a été un préalable à toute autre activité et au processus de développement’’, a-t-il déclaré.
Le président d’Interpeace au niveau mondial a ajouté que cette guérison sociale a été à la base de la vraie réconciliation, la résilience et le développement du pays.
Une récente étude d’évaluation a révélé que les Rwandais font preuve d’un haut niveau de résilience à travers de multiples indicateurs, tels que l’autogestion et la responsabilité, la pensée critique, la guérison des traumatismes psychologiques, l’espoir et la collaboration.
Cette étude, qui a impliqué des milliers de participants, a été menée par le ministère de l’Unité nationale et de l’Engagement civique (MINUBUMWE) et Interpeace, une organisation internationale de consolidation de la paix.
Selon cette étude, 92 % des Rwandais partagent un sentiment d’identité nationale. Ceci indique un lien fort avec une identité nationale unifiée, même 30 ans après le génocide contre les Tutsi.
Vital Ndayambaje



































































