L’annonce de la normalisation des relations bilatérales Rwando-burundaises avait suscité la joie des populations respectives des deux pays, Rwanda et Burundi. Hélas ! l’initiative rwandaise d’ouvrir les frontières n’a pas été suivie d’effet du côté burundais.
Le Gouvernement de Gitega préfère attendre encore. Il ne voudrait pas agir contrairement à ses déclarations selon lesquelles les frontières communes avec le Rwanda ne pourraient être rouvertes avant l’extradition des putschistes de 2015. Ces derniers disposent d’un statut de réfugié politique. Ils ont d’office droit à la protection internationale conformément à la convention de 1951. Les deux pays sont des Etats-parties sur cette convention.
Pour répondre au souci du gouvernement burundais pour sa sécurité, deux propositions ont été mises sur la table. L’une est une garantie d’avoir les réfugiés burundais à l’œil. Le second est de les confier à un autre pays pour les éloigner de la région.
Cette dernière option semble avoir été adoptée. Certains parmi les putschistes ont déjà trouvé un autre pays d’accueil. Ils ont même quitté le sol rwandais. D’autres partent prochainement. Un refuge sous d’autres cieux, plus éloignés de la région, est déjà trouvé.
Aujourd’hui, plus que jamais, les deux peuples « cousins », comme le dit si bien le Chef de l’Etat burundais, Evariste Ndayishimiye, sont prêts à retrouver la paix et la stabilité nécessaires pour un développement économique durable.
Le gouvernement burundais actuel, sous la houlette du Président Evariste Ndayishimiye, se montre plus réaliste, pragmatique et ouvert au dialogue. Du côté rwandais, la même volonté anime le leadership.
Il est grand temps de transcender les différences, d’apaiser la haine et de privilégier les intérêts des deux peuples frères. Le CNDD et le FPR-Inkotanyi peuvent retrouver les beaux temps. La réussite de l’intégration africaine passe par la paix entre voisins, et partant la libre circulation des biens et des personnes.
En politique, il n’y a pas d’amis. Seuls les intérêts comptent. Et le Bon Dieu sait combien ils sont multiples. Il donna aux Burundais et aux Rwandais des territoires voisins et presque une même langue après la construction de la Tour de Babel. Il restera ainsi jusqu’à la fin des temps !
Gérard Rugambwa




































































