Le monde a subi 41 jours supplémentaires de chaleur extrême en 2024. Ceci ressort du rapport annuel de World Weather Attribution (WWA) et Climate Central. Ce rapport élaboré par des experts scientifiques a été publié ce vendredi 27 décembre 2024.
Selon ces scientifiques qui ont élaboré le rapport, certaines régions ont connu 150 jours ou plus de chaleur extrême. Les pays du Sud seraient les plus exposés.
” Les pays les plus pauvres et les moins développés de la planète sont ceux qui connaissent des chiffres encore plus élevés (que ces 41 jours supplémentaires). Ainsi, des pays comme la Grenade, Trinité-et-Tobago, ont connu cette année 150 jours ou plus de chaleur dangereuse que nous pouvons attribuer directement au changement climatique’’, explique Dr. Kristina Dahl, vice-présidente de la science climatique à Climate Central.

Pour réaliser son analyse de la chaleur, l’équipe de scientifiques internationaux bénévoles a comparé les températures quotidiennes à travers le monde en 2024 aux températures qui auraient été attendues dans un monde sans changement climatique.
” Cette découverte est dévastatrice, mais elle n’est pas surprenante. Le changement climatique a joué un rôle, souvent majeur, dans la plupart des événements que nous avons étudiés, rendant la chaleur, les sécheresses, les cyclones tropicaux et les fortes précipitations plus probables et plus intenses dans le monde entier, détruisant les vies et les moyens de subsistance de millions de personnes, et souvent d’un nombre incalculable de personnes’’, affirme Friederike Otto, climatologue à l’Imperial College de Londres.
L’année 2024 a été une alerte sur le fait que la planète se rapproche dangereusement de la limite de réchauffement de 1,5 degré Celsius, fixée par l’accord de Paris par rapport à la moyenne de l’ère préindustrielle. Ces chercheurs appellent en tout cas à la résilience.

” Nous devons nous adapter. Une action précoce et efficace est souvent ce qui fait la différence entre un nombre élevé ou faible de morts lors de ces événements extrêmes. Et l’action précoce ne fonctionne que si l’on est bien conscient des dangers que représentent les phénomènes météorologiques extrêmes’’, ajoute Friederike Otto.
Selon toujours ce rapport alarmant, près de 29 phénomènes météorologiques extrêmes survenus cette année ont causé la mort d’au moins 3.700 personnes et le déplacement de millions d’autres. Tout ceci souligne le rapport, était lié au changement climatique.
Outre les épisodes de chaleur intense, l’année écoulée a aussi été marquée par des pluies exceptionnelles. L’Europe Centrale, certaines régions d’Australie, le Sud-Est des Etats-Unis et le Sahel ont en effet essuyé les plus fortes précipitations.

De manière générale, 2024 se distingue comme une ”année anormalement marquée par des conditions météorologiques extrêmes’’, avec 219 phénomènes exceptionnels recensés.
Vital Ndayambaje




































































