Une équipe de 3 enquêteurs indépendants vient de publier un rapport sur les faits de ce qui s’est réellement passé à Kishishe en République Démocratique du Congo (RDC). C’est une investigation de terrain sur les allégations des massacres commis dans le village de Kishishe, dans le territoire de Rutshuru, Province du Nord Kivu en RDC.
Ces enquêteurs citent quelques faits importants dans leur rapport. “Le 22/11/2022, deuxième jour des combats entre le M23 et les FARC, une femme connue sous le nom de Maman Kamuzungu a été tuée à Bambo par une bombe lancée par les FARDC. Elle est la seule victime de la localité de Bambo,” ont-il relevé.
Après une descente sur terrain de ces enquêteurs, ils ont partagé les témoignages de certains résidents de cette localité. Les témoins ont confirmé certaines tueries qui ont eu lieu.
“Les habitants, y compris les familles lésées et le M23, s’accordent à dire que dix-neuf (19) personnes exactement ont été tuées lors des combats ayant eu lieu à Kishishe le 29/11/2022 dans deux quartiers de Kishishe: les avenues Kirama et Sukuma,” affirment -t-ils.
Dans ce rapport, les 3 experts indépendants se sont également entretenus avec les témoins confirmant que les enfants n’ont pas été tués dans cette localité.
“Aucun enfant, mineur ou femme n’a été tué à Kishishe. Aucune prise en otage n’a eu lieu, ni à Kishishe ni à Bambo, aucune église, aucune école n’ont prit feu à Kishishe, aucun viol, ni autre forme d’abus sexuel n’a été perpétré à Kishishe ou Bambo,” précise le rapport.
Selon ce même document, les habitants et le M23 s’accordent à dire que huit (8) des personnes tuées étaient des civils.
Le M23, de son côté, explique que ces personnes ont été touchées par des balles perdues au cours des échanges de tirs. Aussi a-t-il présenté ses excuses à leurs proches et à la communauté.
Parmi les faits que l’on trouve dans ce rapport, il y a également un désaccord entre les résidents et le M23 sur l’identité de onze (11) des personnes tuées.
Le M23 affirme que ces personnes étaient des combattants en civil tandis que les habitants, eux, ne sont pas sûrs de leur statut de combattants miliciens ou de civils.
Ils reconnaissent que ces personnes n’étaient pas des résidents de Kishishe ou de Bambo.
Le rapport précise notamment que les huit (8) résidents décédés de Kishishe ont été enterrés individuellement par leurs proches tandis que les onze (11) autres non-résidents ont été enterrés dans trois tombes; deux tombes de quatre corps et une de trois corps.
Les responsables gouvernementaux et la force onusiennes MONUSCO avaient publié des chiffres non concordants.
Le 1 er décembre 2022, le porte-parole des FARDC a parlé de 50 victimes. Le 02 décembre 2022, le Conseil des ministres a déclaré 109 victimes. Le 05 décembre 2022, le ministre Julien Paluku a gonflé le chiffre jusqu’ à 272. Le 08 décembre la MONUSCO a donné son nombre de victimes: 131.
Les enquêteurs indépendants qui ont publié ce rapport sont Marc Hoogsteyns, journaliste et caméraman indépendant ayant couvert des zones de guerre dans le monde entier. Cambodge, Kurdistan, Birmanie, Nicaragua, Irak et Iran, Liban, etc. Il a aussi couvert les guerres des Grands Lacs depuis les années 1990.
Adeline UMUTONI elle aussi fait partie de cette équipe, est une journaliste d’investigation indépendante et caméraman qui connait la région ainsi que Me. Gatete Nyiringabo Ruhumuliza, avocat spécialisé en Droits Humains, Maitre des Conférences à l’Institut d’Analyse et de Recherche sur les Politiques (IPAR-Rwanda).
Kishishe est une “Localité” dans le “Groupement” de Bambo, “collectivité” de Bwito, “Territoire” de Rutshuru, Province du Nord Kivu, en RDC. Il est actuellement contrôlée par le M23. Sa population est estimée à au moins sept mille personnes, en majorité Rwandophone. La milice rwandaise (FDLR) a une base à 5Km de Kishishe et perçoit depuis plus d’une décennie des taxes auprès de ses résidents, les obligeant à cultiver pour eux dans « Domaine ».
Florent Ndutiye




































































