Le Chef de l’Etat rwandais, Paul Kagame, dans son discours du 7 avril, est revenu sur le jugement des présumés génocidaires qui se fait trop attendre dans les pays où ils ont trouvé refuge.
Le Rwanda a déjà émis plus de 100 mandats d’arrêt internationaux à travers le monde. Les gros poissons se la coulent douce dans les pays occidentaux. Malgré l’existence des dossiers complets pour lancer les procès, certains pays hôtes continuent à tergiverser pour des motifs non avoués.
« Nous connaissons dans des capitales des pays développés, des affaires qui durent depuis près de 15 ans, » a déclaré Paul Kagame lançant la période de mémoire de 100 jours.
A chaque fois que le Rwanda présente une demande d’extradition dans ces pays, elle est rejetée. C’est essentiellement certains pays européens que Paul Kagame n’a pas cités.
Nous avons vu des présumés génocidaires extradés du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), du Canada, Etats-Unis, Pays Bas, Danemark, Norvège et de l’Allemagne. Certains pays africains comme la RDC et l’Ouganda ont également extradé des génocidaires au Rwanda.
Des pays comme l’Angleterre, la France et la Belgique qui hébergent un nombre relativement important de présumés génocidaires refusent de faire confiance en la justice rwandaise.
Le système judiciaire rwandais a été réformé avec l’appui principalement des Pays-Bas. Les procès sont plus rapides qu’avant. Le personnel judiciaire doit répondre à certains critères comme l’intégrité morale et une formation académique requise. La peine de mort a été abolie en 2007, y compris pour le crime de génocide. Le code pénal a été révisé. Les conditions carcérales ont été sensiblement améliorées avec la construction en 2004 de la prison de Mpanga. Celle-ci remplit les normes internationales.
Malgré tous ces efforts fournis, la position de ces pays reste inamovible. « Il y a des endroits où il y a environ 4-5 suspects de génocide avec des dossiers très clairs. Nous nous sommes adressés au pays qui les accueille, nous les avons suppliés. Nous avons dit, les dossiers sont prêts, ils sont ici, pouvez-vous nous les donner pour le procès ? La réponse a été non, nous n’avons pas de traité d’extradition, nous ne faisons pas confiance en vos tribunaux, nous ne faisons pas confiance en vos lois, » explique le Président Kagame.
A ce manque de confiance affichée envers la justice rwandaise, le Rwanda propose une alternative. Il exprime le souhait que de tels pays jugent eux-mêmes ces présumés génocidaires. « Car si vous avez un problème avec nos tribunaux, vous n’avez pas de problèmes avec vos propres tribunaux. Et malgré cela, ils ont toujours des excuses pour ne pas agir. Et cela continue, et continue encore et encore, » affirme le Président Kagame, lassé par ce comportement.
La conséquence directe de cette protection des cas suspects de génocide, c’est la montée du négationnisme et révisionnisme. Et il sera très difficile de l’éradiquer tant que l’impunité persistera.
Gérard Rugambwa




































































