Le Rwanda et le reste du monde ont commémoré, ce 7 avril, le 32 eme anniversaire du génocide de 1994 contre les Tutsi. La semaine officielle de deuil national a été lancée par le chef de l’Etat Paul Kagame.
La cérémonie ad hoc s’est déroulée au mémorial de génocide de Gisozi, sous la houlette du chef de l’Etat rwandais, Paul Kagame. Lui et la Première dame, Jeannette Kagame, se sont recueillis devant la tombe commune hébergeant plus de 250 mille victimes du génocide. Ils ont ensuite allumé le flambeau de l’espoir qui va luire pendant 100 jours pour rappeler la durée du génocide.
Dans son message à la Nation et au reste du monde, le président Kagame a déclaré que le génocide contre les Tutsi au Rwanda est une page d’histoire qui ne peut être ni effacée ni réécrite.

Il a souligné que les Rwandais ont été tués, mais qu’il ne serait pas possible de les tuer une seconde fois.
’’ Les temps ont changé. Tant que nous sommes là, tout le pays, le Rwanda ne peut pas mourir deux fois. Avant que vous ne tuiez le Rwanda, c’est lui qui vous tuera. On ne peut pas tuer quelqu’un deux fois, cela n’arrive pas. Que ce soit nous, les adultes, ou nos enfants, personne ne les tuera deux fois, c’est impossible’’, a-t-il insisté.
Le chef de l’Etat s’est insurgé contre les négationnistes du génocide, indiquant que la vérité est indéniable.
’’ La vérité est indéniable, et pourtant, on voit encore aujourd’hui des gens semer le doute et déformer les faits mais ils n’y arriveront jamais’’, a-t-il affirmé.

Le chef de l’Etat rwandais a rassuré les rescapés du génocide, leur promettant tout soutien nécessaire.
’’ A tous les survivants, sachez que vous n’êtes pas seuls. Nous sommes toujours à vos côtés. Tout ce que nous avons accompli n’a été possible que parce que tous les Rwandais ont décidé d’unir leurs forces dans un même objectif’’, a-t-il indiqué.
De son côté, le ministre de l’unité nationale et de l’engagement civique, Dr. Jean Damascène Bizimana, a déclaré que la commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 vise à inciter les pays à respecter les engagements pris pour mettre fin au génocide, tels qu’ils ont été adoptés par l’Organisation des Nations Unies.
Il a souligné que le génocide au Rwanda aurait pu être évité, mais que les dirigeants des organisations internationales présentes au Rwanda n’ont rien fait pour l’empêcher.

C’est dans ce cadre, a-t-il dit, que des dirigeants, notamment des représentants des Etats-Unis, de la Belgique, de la France et d’autres pays, ont présenté leurs excuses.
’’Depuis 1990, les preuves de la préparation du génocide contre les Tutsi étaient connues et ont été ignorées. Le gouvernement rwandais de l’époque a lancé une campagne visant à faire croire que les Tutsi étaient des ennemis du pays’’, a-t-il déclaré.
Le ministre Bizimana a précisé que le président Habyarimana était lui-même artisan de la politique divisionniste ayant conduit au génocide de 1994 contre les Tutsi.
’’ Le projet de génocide a été conçu par le président Habyarimana lui-même et s’inscrivait dans le cadre de sa politique. Le programme politique initial, adopté le 1er janvier 1973, stipulait que la politique de l’Etat devait être fondée sur l’unité des Hutu et la préservation de leurs intérêts au détriment des Tutsi’’, s’est-il indigné.

L’un des rescapés du génocide, Théoneste Ngiruwonsenga, originaire de l’ancienne préfecture de Cyangugu, a déclaré avoir été témoin du génocide depuis son jeune âge jusqu’en 1994.
’’ Avant le génocide, les Tutsi de notre région étaient considérés comme des étrangers, et on leur interdisait de faire quoi que ce soit et finalement on les a farouchement exterminés’’, a-t-il indiqué.
Il a ajouté que les tueries dirigées contre les membres de sa famille avaient débuté en 1964 où son grand-père avait été tué et jeté dans le lac Kivu.

’’ Le génocide est venu pour finaliser un plan macabre d’exterminer les Tutsi qui avait commencé bien auparavant’’ a-t-il expliqué.
Commémoré sous le thème ’’Se souvenir, Unir, Renouveler ’’, cet anniversaire honore plus d’un million de victimes et soutient les survivants, avec des cérémonies au Rwanda, à l’ONU et à travers le monde.
Vital Ndayambaje



































































