Le ministre de l’Administration locale et des affaires sociales, Jean Marie Vianney Gatabazi, a déclaré que la presse francophone doit être agressive sur le marché. C’était après le lancement d’une formation des journalistes francophones organisée par l’Organisation de la Presse Francophone au Rwanda (OPFR) du 19 au 20 aout.
Suite à l’adoption de l’anglais comme langue de travail et d’apprentissage, les médias francophones estiment que l’Etat devrait les appuyer de façon particulière pour favoriser leur renforcement. Pour le ministre de l’Administration locale et des affaires sociales, Jean Marie Vianney Gatabazi, ils doivent se montrer agressifs.
« J’apprécie bien votre initiative de créer une organisation de la presse francophone. Cela permettra de rappeler que la langue française doit être un outil de travail dans le pays, » affirme Gatabazi. « Vous devez manifester votre présence sur le marché, » dit-il. « Il faut écrire, parler, produire des émissions-radio intéressantes pouvant inciter les auditeurs à écouter la langue française. Le français, nous le connaissons, nous l’avons appris, » affirme-t-il. « Montrez-vous agressifs ! pour le reste, nous continuerons à vous soutenir, » promet-il.

Selon Gatabazi, l’intérêt général doit primer sur le particulier et le respect de la loi rester de vigueur. « Ce que l’on vous demande, c’est d’avoir l’esprit de patriotisme, de travailler pour le développement de la population rwandaise et de respecter la loi, » ordonne-t-il.
Quant à l’Ambassadeur de France à Kigali, Antoine Anfré, il trouve que l’appui à travers l’Organisation de la Presse Francophone au Rwanda (OPFR) suffit. Pour le reste, tout dépendra du travail des journalistes francophones.
« L’Ambassade a un partenariat avec l’OPFR, » a-t-il répondu d’emblée. « Ce que l’on souhaite c’est que les journalistes francophones puissent vivre de leur métier, » a-t-il ajouté. « Cela suppose l’existence d’une demande. J’ai tendance à penser que s’il y a des produits de qualité, cette demande existe, » constate-il l’existence d’un marché pour la presse francophone au Rwanda.

« Il y a aussi une dimension régionale. Au Sud le Burundi et surtout à l’Ouest la République Démocratique du Congo (RDC) qui sont des pays francophones. Cela donne une ouverture aux journalistes francophones basés à Kigali, » indique-t-il.
Selon Antoine Anfré, le marché peut s’étendre même plus loin que les deux pays limitrophes du Rwanda. « Kigali a la vocation d’être un hub régional. C’est valable dans le domaine financier, économique, et de la Technologie de l’Information et de la Communication (TIC). Des entreprises ont la volonté de s’étendre notamment dans les pays francophones, du voisin au plus lointain. Ce qui est valable pour ces entrepreneurs l’est aussi pour les journalistes francophones basés à Kigali, » juge-t-il.
Un atelier de formation sur le numérique
Cet atelier de formation de deux jours financé par l’Ambassade de France à Kigali, vise à renforcer les capacités des journalistes francophones. « Cet atelier permettra aux journalistes d’échanger avec leurs ainés et partager leurs expériences, » explique Jeanne Kandama, présidente de l’OPFR. Le résultat attendu est l’amélioration de la qualité des reportages en faisant recours aux nouvelles techniques des médias en ligne, selon Jeanne Kandama.
Débusquer une fake news avec des outils en ligne était un des sujets développés dans cet atelier par Aimable Twahirwa. Il a demandé aux journalistes francophones de faire attention avant la publication de leurs nouvelles. « « Un fact-checkeur doit préférer être la dernière personne à partager une bonne information plutôt que d’être la première à partager une fausse information, » conseille-t-il.
La survie des médias suppose également la génération des revenus. Ainsi Victor Nkindi s’est plutôt penché sur les médias numériques et l’entrepreneuriat. Partant de son expérience professionnelle, il a montré comment gagner de l’argent avec des productions audio.
Un autre formateur, Kimenyi Aimable, à partir de la ville d’Ottawa au Canada, a proposé la création d’une banque des données quitte à commercialiser les informations stockées.
L’OPFR, qui est en réalité une section de l’Union Internationale de la presse Francophone (UPF), a été créée en 2018. Elle a pour mission de favoriser, valoriser et promouvoir les médias francophones au Rwanda.
Gérard Rugambwa





































































J’apprécie cette initiative des journalistes francophones. Ceci permettra de diversifier l’auditoire et de consolider la synergie sous-régionale.