A l’occasion de la célébration de la Journée internationale des professeurs de français, l’Ambassadeur de France, Antoine Anfré, montre la nécessité pour le Rwanda de garder cette langue.
Chaque année le 25 novembre, le monde francophone célèbre la Journée internationale des professeurs de français. A Kigali, le moment fort a été marqué par le mot de l’Ambassadeur Antoine Anfré. Il affiche son optimisme quant à l’avenir de la langue française au Rwanda.
« Si le Rwanda veut réaliser son ambition d’être une plateforme régionale, il aura besoin du français, » déclare l’Ambassadeur Anfré devant une quarantaine d’enseignants de français. Ils sont en formation à la librairie Publique de Kigali (KPL). « Sans le français, il aura du mal à le réaliser, » ajoute-t-il.
En effet, la position géographique du Rwanda le place entre des pays anglophones et francophones. A l’Est et au Nord se trouvent respectivement la Tanzanie et l’Ouganda, deux pays anglophones. Au Sud et à l’Ouest, le Burundi et la République Démocratique du Congo (RDC). Des pays francophones.

Selon lui, les autorités rwandaises sont conscientes de cette situation. Ainsi elles mènent un effort particulier en direction de l’enseignement du français dans le système éducatif public rwandais.
Le Conseil Rwandais de l’éducation de Base (REB) et l’Agence Française de Développement (AFD) ont déjà un plan monté de réintroduction du français à tous les niveaux du cursus de l’enseignement.
Néanmoins, l’Ambassadeur Antoine Anfré reconnait la survie du français dans le pays des Mille collines. « Le français n’est pas mort au Rwanda, » dit-il. « Il est plutôt vivant chez les personnes âgées, » constate-t-il. « Chez les jeunes, la situation est plus compliquée, » fait-il remarquer.

Les enseignants de français doivent jouer un rôle crucial dans ce changement stratégique. « Votre travail est vraiment fondamental, » s’adresse-t-il aux enseignants en formation. « En tant qu’enseignant de français, vous pouvez faire passer cette langue aux jeunes générations, » énonce-t-il. Celles-ci ont la lourde tâche d’être multilingues pour profiter de nombreuses opportunités disponibles.
Don de livres aux enseignants
En vue d’appuyer le travail des enseignants de français, l’Ambassadeur leur a offert environ 450 livres. Le président du Rassemblement des professeurs de français, Faustin Rwampfizi a promis de les remettre aux bénéficiaires.
« Ces livres seront donnés aux enseignants venant d’apprendre la méthodologie du Français Langue Etrangère (FLE), » assure-t-il. « Ils devront être exploités dans l’enseignement de la langue et devront aider les élèves dans la lecture, » montre-t-il leur prochain usage.

Certains enseignants en formation sont venus des écoles de formation des instituteurs et institutrices (TTC). « La formation acquise nous sera très utile, » témoigne Scholastique Bugenimana, enseignante de français au TTC de Mururu, dans le district de Rusizi.
Elle est diplômée de l’Université Nationale du Rwanda, actuelle Université du Rwanda. Elle a fait l’Education, Français-Kinyarwanda. Selon ses affirmations, le matériel didactique disponible dans les TTC est inadapté à la situation d’apprentissage. « Les textes à enseigner aux élèves sont très longs (3 à 4 pages). Les exploiter, ce n’est pas facile, pour des jeunes sortant du Tronc commun, incapables de conjuguer le verbe avoir, » se plaint-elle.

Il y avait également des enseignants en provenance des écoles catholiques. « Cette formation a été organisée par l’Ambassade de France en collaboration avec le Service National de l’Enseignement Catholique (SNEC) et l’Université Catholique de l’Ouest, » révèle Maty Ngom, attachée de coopération éducative et responsable du Centre des langues.
La journée internationale des professeurs de français a été lancée en 2019. Elle vise à revaloriser leur travail à travers le monde.
Gérard Rugambwa




































































