Le Rwanda, souvent appelé le ”pays des mille collines”, est connu pour ses paysages à couper le souffle, sa proprété et sa sécurité exceptionnelle. Mais au-delà de sa beauté pittoresque se cache une histoire de résilience et de transformation qui défie les sombres stéréotypes souvent associés à l’Afrique. Sortant de l’ombre du génocide de 1994 contre les Tutsi, le Rwanda s’est non seulement reconstruit, mais il est aussi devenu une star mondiale, donnant l’exemple de ce qui est possible même face à une adversité inimaginable.
Le parcours remarquable du Rwanda
Le chemin parcouru depuis un passé tragique jusqu’à un avenir prometteur n’est rien moins que miraculeux. Le Rwanda a franchi des étapes importantes en matière de développement économique, de gouvernance et de progrès social. Le monde devrait en effet en être fier. Cependant, le discours mondial ne reconnaît parfois pas ces réalisations. Au contraire, le Rwanda est la cible d’une campagne médiatique qui remet en cause ses succès et sape ses initiatives visant à améliorer la vie de sa population.

Ce phénomène soulève une question cruciale: Le Rwanda est-il critiqué parce qu’il fait mal les choses, ou est-il attaqué précisément parce qu’il fait bien les choses? Si l’on considère les événements que Kigali a accueillis ces dernières années, tels que la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth (CHOGM) en 2022, la conférence ”Women Deliver” en 2023, pour n’en citer que quelques-uns, et si l’on considère les développements importants en matière d’infrastructures, tels que la rénovation du stade Amahoro, il devient évident que le Rwanda avance à grands pas dans la bonne direction. Ces réalisations remettent en question les récits stéréotypés souvent présentés par quelques médias internationaux, et autres détracteurs, ce qui entraîne une réaction négative à l’égard des progrès réalisés par le pays.
Le récit concernant l’Afrique
Lors du Symposium sur la sécurité nationale (NSS 2024) au Rwanda, le général major Joseph Nzabamwita, aujourd’hui conseiller présidentiel sur les questions de sécurité, a mis en évidence une tendance inquiétante dans la manière dont l’Afrique est dépeinte au niveau mondial. Il a noté que les médias et les universités occidentales véhiculent souvent une image négative de l’Afrique, considérant le continent comme une simple source de ressources ou une menace pour la sécurité du Nord. Cette image réduit l’Afrique à un continent de problèmes – migration, radicalisation, extrémisme et terrorisme – au lieu de reconnaître son potentiel et les développements positifs qui s’y produisent.

Le général major Nzabamwita a souligné que ce discours n’est pas seulement le fait de forces extérieures, mais qu’il est également perpétué par les Africains eux-mêmes, qui se font parfois l’écho de ces images négatives. Il a posé une question difficile aux Africains: ” Aimons-nous nos pays ? Aimons-nous notre peuple?” Ses propos reflètent la nécessité pour les Africains de prendre en main leur propre histoire, de se gouverner efficacement et de relever les défis auxquels ils sont confrontés en mettant l’accent sur une gouvernance et un développement réels.
L’approche du Rwanda pour un changement positif
Le Rwanda a pris des mesures importantes pour remodeler l’histoire de l’Afrique, en particulier grâce à ses contributions au maintien de la paix et à la construction de l’architecture de sécurité africaine. En tant que quatrième contributeur de troupes aux efforts internationaux de maintien de la paix, le Rwanda joue un rôle crucial dans le maintien de la paix mondiale. En outre, le Rwanda ne se contente pas d’utiliser des moyens militaires pour résoudre les conflits, il s’attache également à s’attaquer aux causes profondes des conflits et à aider les populations partout où ses forces sont déployées dans le cadre d’accords multilatéraux ou bilatéraux.
Un exemple notable est le rôle joué par le Rwanda dans la résolution de la crise migratoire en 2019. Alors que des milliers d’Africains subsahariens risquaient leur vie pour rejoindre l’Europe, le Rwanda est intervenu pour offrir une solution humaine. En collaboration avec l’Union africaine, le Rwanda a accepté d’accueillir ces migrants, leur offrant de meilleures conditions tout en travaillant avec des partenaires occidentaux pour faciliter leur relocalisation en Europe, au Canada, aux Etats-Unis et en Australie. Cette initiative illustre l’engagement du Rwanda à résoudre les problèmes à la source, plutôt que de se contenter d’en gérer les symptômes.

L’investissement du Rwanda dans les infrastructures est un autre élément clé de sa stratégie. Les dirigeants du pays se sont concentrés sur la construction d’installations qui catalyseront l’emploi des jeunes, en particulier dans les industries sportives et culturelles. Le Rwanda a accueilli des événements sportifs mondiaux, tels que le ”Basketball Africa League” (BAL) dont les finales se déroulent toujours au Rwanda, et accueille actuellement le tournoi de préqualification de la Coupe du monde de basket-ball féminin 2026 de la FIBA à la BK Arena, à Kigali. Ces événements ne stimulent pas seulement l’économie, mais inspirent également les jeunes, en leur offrant des opportunités de s’épanouir dans le sport et la culture.
Le rôle des médias dans l’attaque des réalisations du Rwanda
Malgré les avancées positives du Rwanda, les campagnes médiatiques internationales cherchent souvent à saper les succès du pays. L’accord migratoire entre le Rwanda et le Royaume-Uni en est un exemple: les médias ont présenté le Rwanda comme la partie qui avait besoin de l’accord, ignorant le fait que le Royaume-Uni avait demandé de l’aide au Rwanda. La volonté du Rwanda d’accueillir des migrants dans des conditions humaines et dans le respect du droit international a été déformée, ce qui a donné une image négative du pays.
De même, les partenariats du Rwanda avec des clubs sportifs internationaux comme Arsenal, le PSG et le Bayern de Munich ont été critiqués. Les critiques soutiennent qu’un pays ”pauvre” comme le Rwanda ne devrait pas parrainer des clubs de football, mais le président Paul Kagame a répondu à ces allégations en expliquant qu’il s’agit de partenariats mutuellement bénéfiques, et non de parrainages unilatéraux. ” Nous ne sponsorisons personne. Nous sommes des partenaires”, a-t-il déclaré, soulignant que ces accords sont des investissements stratégiques qui rapportent beaucoup au Rwanda, en particulier dans le secteur du tourisme.

Un autre exemple de partialité des médias a été la campagne ”Forbidden Stories”. Elle visait à ternir l’image du Rwanda et de son président Paul Kagame juste avant les élections présidentielles de 2024.
Cet effort coordonné entre différents médias pour faire resurgir de vieilles accusations et les présenter comme de nouvelles révélations est une tactique souvent utilisée pour manipuler la perception du public. Le président Kagame, lors d’une session avec des créateurs de contenu rwandais en juillet 2024, a répondu à ces critiques, notant que de telles attaques révèlent souvent les intérêts et les insécurités de ceux qui en sont à l’origine. Il a fait remarquer que ” quelqu’un qui n’est personne ne sera pas critiqué”, ce qui indique que les dirigeants ou le président du Rwanda sont considérés comme une menace par ceux qui préfèrent maintenir un discours négatif sur le Rwanda et l’Afrique.

Le président Kagame a également mis en évidence les tactiques utilisées par ces détracteurs, telles que la création d’une mauvaise réputation pour les dirigeants rwandais afin de saper leurs réalisations tout en cachant leurs véritables motivations. Il a noté que ceux qui critiquent le Rwanda le font souvent parce qu’ils considèrent l’indépendance et la réussite du pays comme un danger pour leurs propres intérêts. Cette stratégie consistant à transformer la victime en coupable est une tactique courante utilisée pour déformer la vérité et garder le contrôle sur le récit.
Construire une narration positive
La solution à ces défis réside dans la création d’un nouveau récit pour l’Afrique – un récit construit par les Africains, pour les Africains. Lors du Symposium sur la sécurité nationale (NSS) 2024, le général major Nzabamwita a souligné l’importance d’investir dans la jeunesse, qui représente une part importante de la population africaine. En développant des programmes, des politiques et des structures de gouvernance qui responsabilisent les jeunes, l’Afrique peut prendre le contrôle de son narratif et façonner son propre avenir.

Il est également essentiel d’écrire et de rapporter la vérité pour construire ce nouveau narratif. En mettant en lumière les évolutions positives sur le continent, les Africains peuvent contrer les représentations négatives que l’on trouve souvent dans les médias mondiaux. Comme l’a déclaré le général Nzabamwita, ” Si vous lisez un article d’un média international et qu’il parle d’un pays africain de manière positive, c’est qu’il y a un problème avec ce média.”
Le Rwanda montre la voie en créant ce nouveau récit/ narratif, mais il appartient à tous les Africains de poursuivre ce travail. En s’appuyant sur les succès du Rwanda et en refusant d’être définie par des stéréotypes négatifs, l’Afrique peut briller sur la scène mondiale, en prouvant qu’elle n’est pas le pire des continents, mais au contraire un continent plein de potentiel et de promesses. La réalité sur le terrain parlera finalement plus fort que n’importe quelle campagne médiatique, et les efforts pour construire l’Afrique et le Rwanda que nous voulons continueront d’aller de l’avant, quoi qu’en disent les détracteurs.
Joseph Ntwaza




































































