La combinaison des outils de lutte contre le paludisme ne suffit pas pour éradiquer la malaria. Dr Yvan Butera, secrétaire d’Etat au ministère rwandais de la santé, prône l’usage des vaccins pour immuniser la population contre cette maladie.
Le secrétaire d’Etat rwandais au ministère de la santé, Dr Yvan Butera, a pris position sur la réponse à donner pour vaincre la malaria. Selon lui, la voie la meilleure est de passer aux vaccins.
” Il faut des vaccins. Il faut pour cela conduire des essais cliniques. 10 sites ont été initiés au Rwanda. Il faut également un cadre de régulation sur le continent,” a-t-il déclaré.

Une recherche effectuée au Rwanda sur la morbidité et la mortalité a révélé qu’il y a une recrudescence de la mortalité avec une augmentation de 8% malgré toute une combinaison d’outils dans la lutte contre la malaria.
Selon le Professeur Pedro Alonso de BioNTech, la lutte contre la malaria a déjà duré presque 60 ans. Le vaccin, auquel il faut ajouter des mesures d’acccompagnement, permettra de maitriser la transmission de cette maladie.
Les vaccins RTS, S et R21 pour les enfants
En 2021 le premier vaccin RTS,S contre la malaria a été certifié par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ensuite est apparu un second, R21, certifié en 2023. La production de ces deux vaccins restent très limitée et le cout est très élevé. Ils ne peuvent servir que pour les enfants de 6 mois à 5 ans.

Pr Halidou Tinto du BurkinaFaso affirme que RTS, S, combiné à d’autres outils comme l’usage des moustiquaires, peut assurer une protection d’une efficacité de 70%. Il a été distribué au Cameroun, Malawi et Ghana pour des essais cliniques.
Il confirme les propos du Dr Michael Charles Adekunle, directeur général du Partenariat RBM pour éliminer la malaria. Ce vaccin, même si son efficacité n’est pas de 100%, permet de réduire la mortalité infantile. Les enfants de moins de 5 ans constituent la catégorie la plus frappée.

Pour R21, son efficacité peut atteindre 75% à condition qu’il soit également associé à d’autres outils de lutte contre la malaria. Il se trouve encore en phase d’essais.
Selon Dr Lindsey Wu, de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les deux vaccins n’assurent qu’une protection partielle. L’OMS vise une efficacité de 90%.

Dr Achu Dorothy, du bureau régional de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS-Afrique), pense qu’une combinaison des outils suffirait par éradiquer la malaria. Elle cite le cas du Cap Vert. Ce dernier a éliminé la malaria sans vaccin.
” Avec les outils actuels comme les moustiquaires, on peut réduire la transmission, arriver à l’interruption et même à l’éradication,” a souligné Dr Achu Dorothy.

Selon le bureau régional de l’OMS, en 2022, 94% (233 millions) des cas de la malaria ont été signalés en Afrique contre 234 millions en 2021. Seulement l’Afrique s’est fixée l’objectif de vaincre la malaria pas plus tard qu’en 2030.
Pour arriver à vaincre cette maladie, il faut voir comment la population pourrait avoir accès aux vaccins à court terme sans souffrir économiquement. Dr Michael Charles Adekunle voit le salut dans l’usage de la technologie.
Gérard Rugambwa



































































