Une étude initiée par Ralph Shield a montré que les Forces Rwandaises de Défense (RDF) en mission au Mozambique, ne touchent pas aux civils. Des principes les guident dans leur travail pour le respect de la vie.
Ralph Shield, chercheur sur les conflits à l’U.S. Naval War College, a étudié les actions des 2.500 soldats et policiers rwandais déployés à Cabo Delgado. Il a constaté que, dans leur poursuite des djihadistes, ils faisaient preuve de discrétion dans l’utilisation de la force pour éviter de blesser des civils.
Selon Shield, lors de leurs patrouilles, les Forces Rwandaises de Défense se font un devoir d’interagir avec la population locale et de s’enquérir de ses besoins en matière de sécurité.

Ce chercheur signale que les troupes rwandaises parlent le swahili, la langue principale dans l’extrême Nord du Mozambique. Ces soldats mettent également un accent sur l’”umuganda”, ou travaux communautaires. Dans de telles conditions, les militaires rwandais travaillent avec des civils sur des projets publics tels que des puits.
En outre, les recherches de Shield montrent que les forces rwandaises ont fait preuve de ”modération tactique” lors de leurs patrouilles. Elles n’ont pas eu recours à la puissance aérienne ou à l’artillerie, moins précises, pour cibler les insurgés.
Il faut préciser que les forces rwandaises ont tiré profit du fait que, lors de leur premier déploiement, une grande partie de la population avait fui les villes de Cabo Delgado où elles opéraient. Il était donc plus facile d’éviter de blesser des civils. Par ailleurs, les insurgés ont rarement utilisé des engins explosifs improvisés. Ils n’ont pas initié d’attaques suicides.

Grâce, entre autres, à cette manière d’opérer, au cours de leur intervention de plus de deux ans au Mozambique, les Forces Rwandaises et alliées ont libéré 90 % de la région troublée de Cabo Delgado de l’emprise des extrémistes.
Les Forces Rwandaises de Défense guidées par des principes
Les operations des RDF sont basées sur les ”Principes de Kigali sur la protection des civils” . Il s’agit d’un ensemble de 18 lignes directrices créées en 2015. Elles énumérent les façons dont les soldats de la paix devraient agir pour protéger la population et prévenir les atrocités de masse.
Ces principes sont nés des leçons tirées de l’histoire du Rwanda, où, en 1994, les forces de maintien de la paix de l’ONU n’ont pas agi pour mettre fin au génocide contre les Tutsi.

” Lorsque nous parlons de recours à la force, cela tend à être interprété à tort comme de l’imprudence”, a déclaré en 2016 le général Patrick Nyamvumba, lors d’un discours à l’Institut américain de la paix. Il était chef d’Etat-major général des RDF, à ce moment-là.
” Les pires exemples que nous ayons vus, que ce soit au Rwanda ou à Srebrenica, étaient ceux des soldats de la paix. Des massacres se sont produits en leur présence et ils n’ont pas agi. Tout ce que nous disons, c’est ‘OK, c’était à l’époque. Nous ne pouvons pas nous permettre de faire la même chose aujourd’hui,” a-t-il indiqué.
Gérard Rugambwa




































































