C’est grâce à Andrei Gromyko que le spectacle baptisé ”Igisope” connait son essor. De nationalité rwandaise, Gromyko est né dans la ville de Kigali au début des années 1970. Les chansons populaires faisaient leur apparition.
”J’ai commencé Igisope en 2001. Je venais de réaliser qu’il y avait un vide dans l’industrie musicale rwandaise et le divertissement en général,” explique Gromyko. ”Je me suis rendu compte que les gens n’appréciaient pas la vieille musique rwandaise. Il fallait faire un réveil,” dit-il.
Un jour, il a rencontré Augustin Ngabonziza qui a chanté ”Ancilla”. Il lui a posé des questions sur leur musique. Il lui a répondu que lui et d’autres artistes musiciens faisaient des répétitions de temps en temps. Un jour il a décidé d’y aller et de voir comment ça se passait. Depuis, il a constaté que cela pouvait marcher. Ils ont commencé à s’organiser.
Des gens ont tenté de décourager Gromyko au début. Ils lui disaient qu’ils n’y arriveraient. Cependant il a persévéré. Il a loué des instruments de musique. Une semaine après avoir assisté aux pratiques, ils ont commencé un samedi à l’hôtel Panafrica en 2001.
”J’étais déterminé à assister seul à ce concert si les gens ne venaient pas,” affirme-t-il. ”Les commentaires que j’ai reçus à ce moment-là m’ont poussé à continuer davantage,” révèle-t-il.
Les gens connaissaient toutes les chansons, ils appréciaient et depuis, Igisope s’est étendu, a atteint différentes régions du pays, et même au-delà du Rwanda, dans la diaspora.
L’origine du mot Igisope
Avant ils appelaient de telles chansons anciennes ”Karahanyuze”. Ils voulaient les nommer d’après quelque chose qui est très ancien dans la ville de Kigali. Il y avait une station-service appelée ”SOPECYA” qui était vraiment ancienne.
” Nous avons commencé par l’appeler ‘IGISOPECYA’ mais plus tard le nom a changé en ‘IGISOPE’. Aujourd’hui, les Rwandais connaissent les vieilles chansons sous le nom d’Igisope,” indique Gromyko.
Selon lui, Igisope est venu divertir les gens, les unir et leur montrer que pour que la musique soit aimée, il n’est pas nécessaire d’avoir des mots liés au sexe communément appelés ”Ibishegu.”
”Nous voulons promouvoir cette soi-disant musique ancienne et surtout aider ceux qui chantent ces chansons à gagner de l’argent grâce à leur musique,” montre-t-il l’objectif.
Cette musique ne pouvait pas être ancienne. Elle véhiculait de bons messages, dans une bonne mélodie mais les gens semblent oublier cette musique.
”Nous voulons montrer aux gens que la musique peut être aimée et appréciée pour toujours sans contenir des messages ‘bon marché’ comme ceux que nous recevons de nos jours,” critique-t-il.
Faire attention au message des chansons actuelles
Pour Gromyko, la société rwandaise devrait être consciente du message que les artistes diffusent de nos jours. Les parents, les responsables culturels et les journalistes sont distraits et occupés, mais ils doivent se rappeler que ce qu’un enfant reçoit reste dans sa tête pour toujours.
Le nourrir de messages de sexualité et d’ivresse aura de mauvaises conséquences. Il sera difficile de les effacer dans sa tête. ”Rappelez-vous qu’avant nos parents n’avaient pas honte de la musique rwandaise, mais c’est dommage qu’il y ait des chansons qu’on n’ose pas écouter assis avec son enfant,” constate-t-il.”Il faut faire quelque chose,” invite-t-il la société à ne pas fermer l’œil.
Gromyko a réitéré que les artistes sont des personnalités publiques. Ils transmettent des messages à de nombreuses personnes. Ils doivent donc faire attention aux messages qu’ils diffusent.
Michèle Iradukunda




































































