Des couples en union libre s’élevant à 100 se sont mariés légalement mercredi 29 décembre dans le secteur Rusenge, district Nyaruguru. C’est le résultat d’une campagne de sensibilisation sur la loi régissant la famille et les violences basées sur le genre.
Le couple de Vianney Makuza et Nyiraneza vivaient en concubinage depuis 2005. Ils viennent de régulariser leur situation matrimoniale. Avant la sensibilisation sur la loi de la famille, ils croyaient que les biens importants, comme la maison et le bétail appartenaient à l’homme. La femme devait s’occuper de petites affaires comme le ménage, se disaient-ils.
« Je vendais mes vaches au marché sans consulter ma femme, » déclare Vianney Makuza. « Je gérais par la suite les revenus à ma guise, » montre-t-il le mode de gestion prévalant avant dans leur foyer. « Elle se fâchait bien sûr mais elle finissait par se calmait, » dit-il.
Ce couple vivait dans des disputes régulières. Les explications reçues sur la loi régissant la famille ont été très utiles. « Il n’y a plus de querelles au sein de la famille, » témoigne Makuza. « Désormais, on a les mêmes droits. Mon épouse devient la première héritière de notre patrimoine en cas de mon décès, » indique-t-il.

Le concubinage a été pour Madame Nyiraneza un calvaire pendant plus de 15 ans. « A chaque fois qu’il dépensait de l’argent à mon insu, on se disputait et quelques fois il me frappait, » dévoile-t-elle sa peine suite à une vie de couple illégale. « La femme est obligée de subir tous les coups ou de partir, » résume-t-elle la situation. Elle avait décidé de tenir faute de mieux.
La sensibilisation sur la loi régissant la famille a amélioré la situation familiale. « Mon mari a changé progressivement et les disputes ont disparu, » confirme-t-elle les affirmations de son époux, Makuza. Ce couple a choisi la communauté des biens.
Les familles vivent dans une paix retrouvée
Les sentiments de joie et de soulagement se retrouvent pratiquement chez tous les couples mariés légalement. C’est le cas notamment de celui de Chantal Mukantabana et Célestin Kabayiza. Ils vivaient en concubinage depuis 11 ans.
Cassien Hagenimana et Rachel Nishimwe sont ensemble depuis février 2021. Ces derniers attendent leur premier enfant. « Je remercie le Bon Dieu puisque notre enfant naîtra dans une famille légale et paisible, » affirme Nishimwe, dont la grossesse approche le terme.

En tout, au cours de ce mois de décembre 2021, 208 couples vivant en concubinage sur différentes collines du secteur de Rusenge, se sont mariés légalement.
Pour la secrétaire exécutive du secteur de Rusenge, Spéciose Muhimpundu, ce pas franchi par les couples est le résultat d’un bon travail de sensibilisation sur les violences familiales au cours des semaines dédiées à la lutte contre les violences basées sur le genre.
« Nous avons pris le temps de les sensibiliser sur la loi qui régit la famille. Ils ont compris que l’acte de mariage est nécessaire s’ils veulent continuer à vivre comme mari et femme, » révèle Spéciose Muhimpundu. « Il fortifie la famille en la pacifiant et accélère son développement, » ajoute-t-elle.
Actuellement dans le secteur de Rusenge, il reste encore près de 100 couples vivant dans le concubinage. Ils devraient régulariser leur mariage avant la fin du mois de janvier 2022, selon les autorités locales.
Domice Gasarabwe




































































