Le directeur général des services cliniques et de santé publique, Dr Muvunyi Zuberi, a déclaré il y a quelques jours, que la Banque Nationale du Rwanda (BNR) a donné des instructions relatives au mode de payement dans les services de santé.
« Les instructions demandant de ne pas recevoir de l’argent liquide (cash) ont été données par la BNR. Tous les services de santé doivent les respecter, » dit Dr Muvunyi Zuberi.
Les conducteurs des taxi-motos avaient été obligés de suspendre leur travail dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Ils reprennent leur business ce 1 er juin. Ils ont reçu l’ordre de ne plus toucher l’argent.
Dans les banques commerciales, on encourage les clients à embrasser la technologie dans les transactions financières. L’ouverture de nouveaux comptes s’accompagne d’une introduction du client dans l’économie numérique. La publicité de l’usage de transfert électronique de l’argent bat son plein sur les médias sociaux.

Dans cette période où le Rwanda, comme le reste du monde, fait face à la pandémie du covid-19, il est tout à fait logique de donner de telles instructions car l’argent est aussi un vecteur de transmission du coronavirus.
Ce qui semble surprenant, c’est l’institution qui donne l’instruction. Dr Muvunyi a été honnête. Oui, la BNR a donné des instructions pour un retrait progressif de l’argent liquide (cash) dans la circulation monétaire.
BNR catalyse la stratégie du système de payement
Le Rwanda s’est engagé sur la voie du système de payement sans cash depuis 2018. Il veut bannir la circulation de la monnaie dans l’économie rwandaise à l’horizon 2024. Toutes les transactions financières devraient s’opérer de façon numérique. La Banque Nationale du Rwanda (BNR) a reçu le mandat de catalyser la stratégie du nouveau système de payement.
La BNR a joué un rôle de premier plan en facilitant les services de payement entre les banques. Les systèmes de payement dans les services de l’Etat sont presque tous actuellement numérisés.

La phase actuelle consiste à transformer le système de payement dans les différents business. Le payement doit être sans cash. Le demandeur et le pourvoyeur de service doivent entrer en cadence. Cette phase pourrait prendre plus de temps que dans les précédentes. Les acteurs sont plus nombreux et les services très variés et immenses. Commerce, transport, services des banques commerciales, …
Dans tout malheur, il y a toujours une opportunité. Le covid-19, un mal universel de l’année 2020, est également une opportunité à saisir avec deux mains pour accélérer l’exécution de la stratégie du système de payement au Rwanda. Et la BNR l’a bien compris.
De nouvelles opportunités d’emploi
Lorsque l’on parle de l’économie numérique, l’on garde sous silence la restructuration inévitable allant de pair avec cette nouvelle façon de travailler.
La capacité du régulateur est essentielle pour assurer la bonne exécution de la fonction de surveillance conformément aux meilleures pratiques. Il est également essentiel que les parties prenantes comprennent et planifient les produits et/ou services et technologies existants et nouveaux.
Pour ce faire, les ressources humaines devront être dotées des compétences adaptées à la situation nouvelle. Et le chômage ne peut être évité selon plusieurs observateurs.
Selon l’économiste Teddy Kaberuka, d’une manière générale, les études ont montré que l’usage de la technologie et du numérique n’augmente pas le chômage mais crée de nouvelles opportunités.

« Ce qui existe c’est le changement de la nature du travail, » dit Teddy Kaberuka. « Généralement l’expansion de l’usage de la technologie supprime les travaux manuels, les travaux qui sont faits avec la force physique aux dépens de type d’emplois exigeant une qualification plus ou moins poussée, » souligne Kaberuka. « Il y a par exemple de nouveaux emplois qui se créent notamment les programmeurs, les services de sécurité électronique, l’usage du système électronique, donc c’est la nature du travail qui change, » révèle Kaberuka.
« Evidemment pour le personnel qui était à la ligne de front notamment la personne qui travaillait sur le guichet, il peut perdre son emploi, » dévoile-t-il. « Mais d’autres parts, la Banque, par exemple, aura toujours besoin d’un autre employé plus qualifié, plus outillé pour gérer le système automatique, » montre-t-il les nouvelles opportunités d’emploi.
Ainsi, les jeunes hautement qualifiés, sans emploi, pourtant formés avec le financement de l’Etat ou de leurs fonds propres, pourront trouver une opportunité de servir le pays.

Par ailleurs, il faut noter que parmi les actions à mener pour la réussite de cette stratégie se trouve l’organisation des formations pour renforcer la capacité des employés de l’Etat et des banques. Il faut voir là également une possibilité de reconversion des ressources humaines.
Faut-il garder dans la mémoire, pour citer un exemple récent, que le payement numérique des services de l’Etat a favorisé le lancement d’un nouveau business exercé par les intermédiaires, avec le service IREMBO.
L’essentiel c’est d’avoir un esprit positif et de savoir saisir les opportunités qui s’offrent à vous.
Gérard Rugambwa




































































