La cour d’assises de Paris a confirmé la condamnation du Dr. Eugène Rwamucyo pour génocide et crimes contre l’humanité. Elle l’a condamné, en appel, à 27 ans de prison.
Il s’agit des mêmes chefs d’accusation pour lesquels la chambre de première instance avait déjà condamné le Dr. Rwamucyo, et la peine est identique à celle prononcée le 30 octobre 2024. Celle de 27 ans de réclusion criminelle.
En 2024, Dr. Eugène Rwamucyo était représenté par deux avocats, Françoise Marthe et Philippe Meilhac, mais il a cessé de collaborer avec eux après sa condamnation en première instance. Pour son appel, il a engagé sept avocats, espérant obtenir gain de cause.
Parmi ces avocats figurent Daniel Fellous, Constant Raphaël, Salomé Cohen, Michèle Siari, Jean-Baptiste Harelimana et Alexandre Sztulman.

Le Dr. Rwamucyo qui dirigeait le service de la santé publique (CUSP) de l’ancienne Université nationale du Rwanda (UNR), figurait parmi les professionnels ayant assisté à une réunion convoquée par le Premier ministre Jean Kambanda au sein de l’université.
Lors de cette réunion tenue le 14 mai 1994, les professionnels ont été incités à participer au génocide contre les Tutsi. Le Dr. Rwamucyo est accusé d’y avoir tenu des propos soutenant les massacres et le génocide.
Il a supervisé l’inhumation de Tutsi tués dans diverses zones de Butare, en utilisant des bulldozers et des Caterpillars.
L’accusation a démontré qu’il avait joué un rôle dans l’inhumation de plus de 214.000 Tutsi à travers différentes zones de Butare et qu’il avait agi dans le but de dissimuler les preuves et les traces du génocide.
Dr. Rwamucyo a toutefois déclaré au tribunal qu’il n’avait jamais dissimulé les corps de Tutsi, arguant qu’il aurait été impossible de cacher un massacre visible de tous depuis des semaines.
A la suite du prononcé du jugement, intervenu aux premières heures de ce 18 juillet 2026, les avocats représentant les parties civiles dans cette affaire ont exprimé leur satisfaction.
’’ C’est une excellente nouvelle pour les parties civiles rwandaises qui attendaient ce verdict depuis 32 ans. Elles peuvent désormais entamer un nouveau cheminement vers la réconciliation’’, a déclaré Me Alice Zarka, l’une de ces avocats de la partie civile.

’’ C’est une pierre à l’édifice et c’est même d’ailleurs une pierre sur les tombes de ces gens qu’on a pu réenterrer et réensevelir dignement’’, a-t-elle ajouté.
Le ministère public français avait requis 30 ans de réclusion criminelle contre Dr. Eugène Rwamucyo, mais la Cour d’assises de Paris a confirmé 27 ans.
Jusqu’à aujourd’hui, la justice française a jugé 6 ressortissants rwandais lors de procès d’assises distincts pour leur participation au génocide contre les Tutsi au Rwanda en 1994. Tous ont été reconnus coupables et condamnés.
Les six individus condamnés sont Pascal Simbikangwa, condamné en 2014 à 25 ans de réclusion criminelle. Octavien Ngenzi, condamné en 2016 à la réclusion à perpétuité. Tito Barahirwa, en 2016 à la réclusion à perpétuité. Laurent Bucyibaruta, en 2022 à 20 ans de réclusion criminelle. Sosthène Munyemana, en appel à 24 ans de prison en octobre 2025, et Eugène Rwamucyo, condamné en appel à 27 ans de réclusion criminelle le 18 juillet 2026.
Ces procédures s’inscrivent dans le cadre de la compétence universelle de la justice française, instruites par le pôle spécialisé du Tribunal de Paris. D’autres enquêtes et procédures judiciaires sont en cours.
Vital Ndayambaje




































































