Charles Onana, dans sa dernière publication intitulée ”Holocauste au Congo”, manifeste un manque criant de rigueur scientifique. Cet écrivain polémiste franco-camerounais pointe du doigt les pays voisins de la RDC dont le Burundi l’Ouganda et surtout le Rwanda.
Il est indéniable qu’à partir du début de la décennie 1990, la RDC a été le théâtre de nombreuses violations des droits de l’homme, dont des actes d’épuration ethnique, des massacres, des viols massifs, des déracinements de population, ainsi que des destructions de biens et de cheptels, entre autres atrocités.
Charles Onana parle d’Holocauste en République Démocratique du Congo (RDC).
D’entrée de jeu, le titre de l’ouvrage appelle à un questionnement sémantique. En effet, le terme ”holocauste” désigne originellement un sacrifice d’animaux du culte hébreux pour l’expiation des péchés.
Mais, depuis la deuxième guerre mondiale, il désigne également l’entreprise d’extermination systématique du peuple juif par l’Allemagne nazie. Cette entreprise macabre a conduit à la disparition de six millions de Juifs, soit les deux tiers des Juifs d’Europe et 40% des Juifs du monde entier.
La question que l’on peut se poser est de savoir si ce terme peut se justifier dans le cas de la RDC. Quel est l’Etat qui aurait entrepris une telle entreprise d’extermination systématique du peuple congolais ?
La thèse de Charles Onana tout au long de son livre repose sur le fait qu’il y aurait eu en RDC 10 millions de morts, 500.000 femmes violées et 110.000 Km2 de forêts dévastées.
Une thèse impossible à défendre sur base des faits
Ainsi, lorsqu’un journaliste de la radio congolaise Top Congo lui a demandé d’où il tenait le chiffre de 10 millions de morts, Charles Onana, qui se définit pourtant comme journaliste d’investigation, a été totalement désarmé, incapable d’en expliquer la source, se réfugiant en dernier lieu derrière le président Tshisekedi qui a cité ce chiffre dans l’un de ses discours. Mais, Charles Onana tient-il réellement ce chiffre du président Félix Tshisekedi ? Rien n’est moins sûr !
En effet, dans l’avant-propos de son livre, Charles Onana écrit qu’en 2010, on parlait déjà de 10 millions de morts pour une guerre qui a commencé secrètement en 1994 mais officiellement en 1997.
Charles Onana affirme être au courant de ce chiffre depuis 2010, c’est-à-dire longtemps avant la prise de pouvoir du président Tshisekedi. Alors, comment peut-il s’avérer à ce point incapable d’expliquer l’origine d’un tel chiffre ? Il paraît clair que le chiffre même sur lequel il se base pour donner ce titre grandiloquent à son livre ne repose sur rien. De même, deux autres chiffres paraissent ressortir de la même légèreté qui caractérise l’auteur : le viol de 500.000 femmes, et 110.000 Km2 de forêts congolaises qui auraient été dévastées. D’où tient-il ces chiffres ? Forêts dévastées par qui, dans quel but, et dans quelle province ? Paradoxalement Charles Onana ne brandit nulle part aucune source pour sous-tendre ces assertions.
Vital Ndayambaje




































































