Près de 44 millions d’électeurs congolais vont se rendre aux urnes le 20 décembre 2023. Ces élections générales vont se dérouler dans un triple défi. La logistique, le financement et la sécurité.
Elles sont générales car les électeurs vont devoir se départager les candidats à la présidentielle, la députation nationale et provinciale mais aussi à des communales partielles.
Le premier défi de ces élections est la logistique. La RDC, étant un pays gigantesque avec environ 100 millions d’habitants, la logistique s’avère un casse-tête alors que le réseau de transport est défaillant.
Il y a peu de routes et elles sont souvent en mauvais état. Compliqué donc de déployer les 75.000 bureaux de vote nécessaires. La saison durant laquelle se déroulent ces élections n’aide pas beaucoup. La RDC se trouve en effet en pleine saison des pluies.
La voie aérienne n’est pas non plus évidente. Les compagnies nationales connaissent des difficultés financières et les avions viennent à manquer.
Enfin, il y a les liaisons maritimes. Un secteur où les accidents et les naufrages sont nombreux.
Autre défi est que la RDC finance seule ce cycle électoral. Le pays n’a pas fait appel aux bailleurs internationaux. On parle d’un budget de plus de 1 milliard de dollars sortis directement des caisses de l’Etat.

Plusieurs fois, la commission électorale (CENI) a fait part de difficultés financières. En septembre dernier, elle disait avoir eu recours à des prêts bancaires pour continuer à avancer tant que les fonds ne sont pas décaissés.
Mais elle maintient qu’elle sera tout de même en mesure d’organiser ce scrutin.
Autre défi, et pas le moindre, est la sécurité. Surtout dans l’Est du pays en proie aux groupes armés. D’ailleurs, une partie des électeurs n’a pas pu être enrôlée dans les provinces du Nord-Kivu, de l’Ituri, mais aussi du Mai-Ndombé à l’Ouest.
Selon les chiffres de la Commission Nationale Electorale, c’est près d’un million de Congolais qui n’auront pas droit de vote pour ces élections générales.
Pour la présidentielle, les candidats sont finalement 23. Ils ont tous déclaré être prêts à concourir pour ce scrutin.
Le président sortant Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo aura face à lui ses principaux opposants. Il s’agit de l’ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, le candidat malheureux de 2018 Martin Fayulu et le Prix Nobel de la paix, le docteur Denis Mukwege.
Le clan de l’ex-président Kabila a, lui, choisi de boycotter ces élections. Ce sera donc le grand absent, même si l’ombre de l’ancien chef de l’Etat continue de planer sur ce processus et de l’influencer.
Cette élection va se jouer en un seul tour et des alliances peuvent encore se nouer pour éviter la dispersion des voix.
Le gagnant devrait être annoncé avant le 10 janvier, date limite pour la publication des résultats définitifs.
Le président nouvellement élu prêtera serment dix jours plus tard.
Vital Ndayambaje


































































