Le Dernier Rapport des Nations Unies démontre l’Exploitation Illégale de Minerais par la Garde Républicaine congolaise et les Massacres de CODECO et ADF.
Un nouveau rapport des Nations Unies dévoile des révélations troublantes sur l’implication de la Garde Républicaine de la RDC dans l’extraction illégale de minerais en Ituri. Depuis 2023, des soldats de la Garde Républicaine auraient été impliqués dans l’exploitation de l’or dans le périmètre de la ville de Tali. La Garde Républicaine aurait protégé la mine pour le compte de personnes politiquement exposées et d’acteurs économiques.
Cette situation soulève des questions importantes, car l’article 10 de l’ordonnance portant organisation et fonction de la Garde Républicaine en RD Congo dispose que ”sur le plan des opérations, le commandant de la Garde Républicaine relève du président de la République lui-même.”

Le rapport qui doit être présenté le mois prochain devant le Conseil de sécurité des Nations Unies révèle également l’implication de certains officiers et soldats des FARDC, ainsi que de groupes armés tels que les milices rivales de la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) et celui de la Zaïre, dans le secteur minier et d’autres activités économiques illicites en Ituri. Cette situation, déjà documentée dans le rapport du groupe d’experts de l’ONU de 2022, persiste largement.
D’après le dernier rapport des Nations Unies à son paragraphe 171, ”selon une étude des services de renseignement de la RDC, 70 pour cent des troupes des FARDC déployées en Ituri étaient impliquées dans la taxation des routes et dans la fourniture d’une sécurité rémunérée pour des entreprises minières privées”. De plus, dans le même paragraphe, il est mentionné que le ”gouverneur militaire a reconnu l’ampleur de ce problème dans la province d’Ituri”. Plusieurs sources des FARDC et des services de sécurité ont indiqué que ces activités détournaient les troupes des opérations militaires prévues dans la province.

Ceci explique la violence extrême contre les civils innocents, également documentée dans ce même rapport. Les purges menées par des groupes armés, notamment les Forces Démocratiques Alliées (de leur nom en anglais Allied Democratic Forces, ADF) et la CODECO, sont particulièrement effroyables. Depuis mi-octobre 2023, les ADF ont massacré plus de 1.000 personnes. Ce week-end encore, les ADF ont causé la mort de 10 de civils.
Le rapport n’épargne pas la CODECO, qui a commis des meurtres systématiques et des enlèvements de personnes déplacées de l’ethnie Hema. Le 16 février 2024, des combattants de la CODECO-URDPC ont enlevé 25 civils à leur barrage routier de Tali, dans la chefferie de Bahema-Nord, en représailles à la mort de trois combattants de la CODECO tués par Zaïre, un groupe armé rival. Au moins 15 civils ont été enterrés vivants dans une fosse, la plupart étant morts d’asphyxie. Ces atrocités complètent le rapport d’Amnesty International publié en 2023, qui affirme que ”des groupes armés ont continué à attaquer fréquemment des civils : ils en ont tué au moins 4.000, dans la province de l’Ituri seulement.

L’Ituri, cette cité de la mafia où des membres du gouvernement congolais cohabitent avec les scènes de massacres atroces perpétrés par les groupes armés (CODECO et ADF), est devenue moins médiatisée que le Nord-Kivu. Le nombre de civils tués au Nord-Kivu, une zone composée de plus de 60 groupes armés, est estimé à 500, car aucun rapport n’en fait le détail comme c’est le cas pour l’Ituri. Le Nord-Kivu, dont le taux de tueries est bien plus bas que celui de l’Ituri, sert de prétexte au gouvernement congolais pour dissimuler son irresponsabilité et sa mauvaise gouvernance.
La crise du Nord-Kivu attire davantage l’attention de l’opinion en RDC et à l’international. C’est une crise qui englobe toutes sortes de théories du complot. Cette crise suscite également l’intérêt des pays et des organisations internationales, qui en tirent profit à travers la propagation d’une propagande anti-Rwanda. Ainsi, s’intéresser à la crise en Ituri, malgré l’urgence humanitaire qu’elle exige semble de ne rien rapporter sans mentionner le Rwanda, aussi bien pour le gouvernement congolais que pour ses partenaires internationaux.
Tuyishime Jean de Dieu




































































