Face à l’émergence de résistances du parasite du paludisme aux traitements actuels, le Rwanda a lancé l’introduction de nouvelles combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA) pour le traitement du paludisme non compliqué. Le district de Rulindo est l’un des districts utilisant déjà ces nouveaux médicaments.
Le centre de santé de Shyorongi dans le district de Rulindo utilise l’ASPY, l’une de ces combinaisons. Depuis son introduction en octobre 2025, ce nouveau médicament a déjà prouvé son efficacité, comme le témoigne Pierre Célestin Habimana, infirmier à ce centre de santé.

’’ Ce médicament est très efficace. Depuis le lancement de son utilisation, nous remarquons des changements majeurs. Aucun patient traité à ce médicament n’est revenu pour se plaindre du cas de malaria’’, a-t-il affirmé.
Cécile Muhawenimana fréquente ce centre de santé de Shyorongi pour différents problèmes de santé. Elle a affirmé qu’elle a été traitée à ce nouveau médicament et qu’elle l’a trouvé très efficace.
’’ Avant nous prenions du Coartem, mais quelques mois plus tard on revenait pour le même cas car la maladie revenait vite. Aujourd’hui après avoir pris ce nouveau médicament d’ASPY, je n’ai jamais connu des rechutes’’’, a-t-elle affirmé.

Epa Habanabakize, chargé de lutte contre le paludisme au centre biomédical du Rwanda (RBC), déclare que ces nouvelles combinaisons consistent en deux nouveaux médicaments. Il s’agit, explique-t-il, de Dihydroartémisinine-pipéraquine (DHAP), et d’Artésunate-pyronaridine (ASPY).
’’ Cette initiative, soutenue par l’OMS vise à remplacer progressivement le Coartem (artéméther-luméfantrine ), dont l’efficacité diminue’’, explique-t-il.
Il ajoute que le Rwanda adopte une approche de rotation des médicaments.
’’ Les districts sont organisés en trois blocs, chacun utilisant un traitement différent (ASPY, DHAP ou AL) qui tourne chaque année pour éviter la résistance à une seule molécule’’, indique-t-il.

Epa Habanabakize précise que ces nouveaux médicaments ne sont pas venus pour remplacer le Coartem. Celui-ci, dit-il, reste efficace et utilisé en complémentarité avec les nouveaux médicaments, et cela jusqu’à nouvel ordre.
Selon RBC, des études ont confirmé la présence de mutations, associées à une résistance partielle au Coartem au Rwanda.
Les nouveaux médicaments sont disponibles dans les hôpitaux et les centres de santé, avec une formation intensive des agents de santé communautaires.
Cette mise à jour des directives nationales s’inscrit dans le Plan stratégique national de lutte contre le paludisme (2024-2027).
Le district de Rulindo fait partie de ceux qui ont réussi à maintenir le taux d’incidence du paludisme à un niveau relativement bas par rapport aux zones à forte transmission du pays. C’est grâce à des mesures de contrôle et l’introduction de ces nouveaux médicaments.
Vital Ndayambaje




































































