Il est crucial de reconnaître que les femmes du monde entier sont confrontées à des obstacles spécifiques tels que les préjugés sexistes, la discrimination et la sous-représentation dans divers secteurs.
Elles doivent souvent travailler plus dur pour faire leurs preuves et surmonter les stéréotypes. Néanmoins, de nombreuses femmes ont réussi à briser les barrières et à exceller dans des domaines à prédominance masculine.
C’est le cas de Claire Karekezi, première femme neurochirurgienne au Rwanda. Elle est l’une des huit neurochirurgiens au service au Rwanda.
Elle a commencé ses études de médecine en 2002, la neurochirurgie n’existait pas au Rwanda à ce moment-là. Claire se voit plutôt radiologue. C’est par un concours de circonstance qu’elle intègre le département de neurochirurgie pendant son stage à l’hôpital universitaire de Linköping en Suède sous la tutelle du Dr. Jan Hillman, directeur du département de neurochirurgie. Ce dernier fut celui qui lui transmettra l’amour de cette profession.
Après avoir assisté à sa première craniotomie, Claire se souvient d’avoir été fascinée par le cerveau et ses pathologies. Elle décide alors de devenir neurochirurgienne. Elle commence à apprendre elle-même les bases de la neuro-anatomie.

” La neurologie et la neurochirurgie étaient enseignées dans une salle de classe, mais sans formation formelle, et personne n’était neurochirurgien rwandais en exercice dans le pays. Les rares soins neurochirurgicaux ont été prodigués par des chirurgiens expatriés d’Afrique du Sud et de Cuba,” a-t-elle déclaré.
Sans programme de formation établi au Rwanda, Claire avait tracé sa propre voie en dehors de son pays. Après son séjour en Suède, elle a obtenu un parrainage pour une rotation facultative à l’hôpital Radcliffe de l’Université d’Oxford.
Désireuse d’approfondir ses connaissances, elle s’en va au Maroc. En 2013, Claire est honorée d’un ”award Women in Neurosurgery” parrainé par le Dr. Mark Bernstein, neurochirurgien du Toronto Western Hospital.
L’occasion pour elle de déposer une candidature et de se former au Canada. Après son stage, elle aurait pu faire le choix de rester en Occident et de travailler dans des meilleures conditions. Mais c’était sans compter sur sa passion et son dévouement! Claire veut aider les quatre hommes neurochirurgiens qu’il y avait au Rwanda. Elle choisit ainsi de rentrer au pays en août 2018.
” C’était très important pour moi de revenir car j’avais reçu une bonne formation. J’ai été exposée à différentes pathologies (…). Je veux réveiller les gens, les éduquer, peut-être contribuer à sauver des vies et participer à l’avancement de la neurochirurgie ici au Rwanda”, a-t-elle déclaré.

Dr Sylvie Inyange, un nouveau membre dans l’équipe
Aujourd’hui, Dr Claire n’est plus la seule femme neurochirurgienne au Rwanda. En effet, Dr Sylvie Inyange a obtenu son diplôme de l’Université du Rwanda (UR) en novembre de l’année dernière. Elle est devenue la deuxième et la plus jeune neuro-chirurgienne du Rwanda à seulement 33 ans.
Ce qui est encore plus impressionnant, c’est qu’Inyange a terminé toute sa formation en neurochirurgie au Rwanda. Elle était la seule femme de sa promotion.
Dr Claire Karekezi affirme que les jeunes filles et les femmes sont capables de surmonter tous les défis et de répondre aux besoins qu’il y a encore dans le domaine de la santé du pays.
Elle a indiqué que la neurochirurgie est un domaine exigeant et rigoureux, mais que les défis ne devraient pas décourager leurs ambitions. Elles devraient considérer les essais comme des opportunités de croissance, d’apprentissage et de développement personnel.
”Le domaine de la neurochirurgie est en constante évolution, alors engagez-vous dans l’apprentissage et le développement professionnel tout au long de votre vie,” conseille-t-elle.
”Soyez résilientes : il y aura des moments de revers et d’obstacles en cours de route, mais ne les laissez pas vous décourager. Cultivez la résilience, la persévérance et la détermination pour surmonter les défis et continuez à avancer vers vos objectifs”, a-t-elle ajouté.
La neurochirurgie est l’un des domaines médicaux les plus complexes. Il faut environ 10 à 15 ans de formation. Elle constitue une spécialité très exigeante, impliquant de nombreuses nuits de garde et un degré de risque élevé.
Michèle Iradukunda




































































