Il y a 30 ans, à la sortie du génocide contre les Tutsi, le Rwanda était un pays en ruine, délabré. La Banque centrale avait été pillée par les génocidaires, non satisfaits du sang des innocents versé sur toute l’étendue de la République. Ils ont été exfiltrés vers l’ex Zaire, en RDC actuelle, avec tout ce qu’ils pouvaient prendre avec eux.
Le Front Patriotique Rwandais (FPR), après avoir arrêté le génocide contre les Tutsi, devait partir de zéro. Aucune référence, aucune expérience pareille dans le monde pour s’en inspirer. Dans son programme politique, le FPR n’avait pas prévu le génocide. Il fallait creuser les meninges, discuter avec les survivants des partis politiques, de la société civile et s’inspirer de la culture rwandaise. Celle-là ne pouvait pas être enfermée dans les valises des forces du mal.
Le principe de trouver des solutions innovantes, inspirées de la culture rwandaise a été adopté. Face à un nombre considérable de présumés génocidaires, il a fallu penser aux juridictions” Gacaca” venues comme une réponse au grand souci d’arrêter l’impunité. Il y avait en même temps le besoin inouïe de réconcilier les Rwandais. Elles ont fait l’affaire.
Le partage du pouvoir a été également un principe de gouvernance. D’autres initiatives existent, intéressant de plus en plus le monde.
Besoin d’une institution de coopération
Comme les visites d’études devenaient de plus en plus nombreuses au Rwanda, il a fallu créer une institution pour s’en occuper. ” Rwanda Cooperation Initiative” est ainsi né en 2018.
” Il n’y avait pas d’institution centralisée pour recevoir toutes ces délégations qui venaient. Elles viennent apprendre du Rwanda, cela fait 10 ou 15 ans. ”Rwanda cooperation” est âgé à peine de 5 ans,” explique l’Ambassadrice Christine Nkurikiyinka, directrice générale de ”Rwanda Cooperation”.
Il y a une année, cet établissement public a donné naissance à ” Rwanda Cooperation Governance Centre”. La première bougie vient d’être soufflée.
” C’est un lieu où on reçoit les délégations étrangères qui viennent généralement pour apprendre sur la gouvernance,” indique l’ambassadrice Nkurikiyinka.

Un intérêt à travailler avec le Rwanda
Ils ont déjà travaillé avec 64 pays du monde. La délégation la plus récente vient de Timor-Leste. A la tête, Jacinto Rigoberto, Vice-ministre de l’administration des propriétés immobilières du ministère de l’administration de l’Etat de la République démocratique de Timor-Leste.
” Ils sont venus surtout s’inspirer de notre expérience en matière de réconciliation, rétablissement de la paix, environnement, gestion des déchets, voir aussi un peu du côté de la sécurité,” révèle Christine Nkurikiyinka.
Des projets concrets existent avec le Nigéria, le Tchad, il y a une présence rwandaise en Guinée et le Royaume d’Eswatini. Des discussions sont en cours avec le Lesotho, particulièrement sur ” Umushyikirano” ou dialogue national.
Selon l’ambassadrice Christine Nkurikiyinka, il y a un grand intérêt à travailler avec le Rwanda. ” L’intérêt est là, et nous sommes aussi prêts, nous allons être encore plus organisé et nos services plus professionnels pour pouvoir répondre à cette demande et cet intérêt,” promet-elle.

L’initiative rwandaise intéresse également la coopération multilatérale. Les pays du Nord commencent à constater qu’appuyer les échanges entre les pays du Sud global est beaucoup plus effectif qu’avoir seulement une relation Nord-Sud. D’où la coopération triangulaire.
” Nous travaillons également avec nos partenaires de développement, nous sommes dans la coopération sud-sud et la coopération triangulaire,” souligne Clémentine Mukeka, Secrétaire Permanente (PS) au ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale.
Il est évident que le chemin vers le développement est encore long pour le Rwanda avec la Vision 2050. Cependant cela n’empêche pas de partager les expériences ayant fait leur preuve pour aider les autres pays en toute humilité.
Gérard Rugambwa




































































