La célébration de la fête nationale française du 14 juillet, à la résidence de France à Kigali, a été une opportunité de rappeler le pas franchi par les deux pays sur le chemin de la réconciliation, avec à la tête de l’ambassade, Antoine Anfré. Les deux parties s’accordent sur l’importance des réalisations.
A l’issue de sa mission de quatre ans au Rwanda, l’on peut oser affirmer que l’ambassadeur Antoine Anfré a accompli sa mission avec zèle. Cela n’était pas évident au départ, après un passé sombre entre les deux pays, la France et le Rwanda.
Il a fallu la présence à Kigali d’un diplomate averti et engagé pour des relations tournées vers l’avenir, sans ignorer le passé (nous y reviendrons).

Le ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, Olivier Nduhungirehe, a rendu hommage à l’ambassadeur Antoine Anfré, dont la mission touche prochainement à sa fin.
” Au cours des quatre dernières années, vous avez oeuvré avec détermination pour renforcer les liens entre les deux pays. Vos réalisations sont impressionnantes,” a déclaré le Chef de la diplomatie rwandaise, s’adressant à Antoine Anfré.
” Votre engagement personnel, votre volonté de promouvoir un dialogue sincère et constructif ont été des atouts précieux. Cette contribution laissera une empreinte durable et offrira une base solide à votre successeur,” a ajouté Olivier Nduhungirehe.
Les relations franco-rwandaises, un changement irréversible
L’ambassadeur Antoine Anfré, au bout de sa mission, se présentera au Quai d’Orsay à son retour à Paris, fier de ses réalisations.
” L’histoire de la relation franco-rwandaise depuis 2021, c’est l’histoire d’une métamorphose,” a-t-il constaté.
” La France, qui faisait figure de vilain petit canard au Rwanda et qui était, au sein de la Team Europe de Kigali, une espèce de ‘parent pauvre’ que l’on regardait avec une certaine commisération, s’est, en quelques années, transformée en cygne, comme dans le conte d’Andersen,” a-t-il ajouté.

Au début de sa mission, Antoine Anfré avait promis que la France, au Rwanda, allait ” reprendre sa place dans la cour des grands”. Aujourd’hui c’est chose faite.
Dans sa prise de parole à Kigali devant plusieurs centaines d’invités, tout en reconnaissant avoir été guidé par les orientations présidentielles et les instructions du Quai d’Orsay, Antoine Anfré n’a pas caché d’y avoir mis du sien.
” C’est aussi quelque chose de plus intime et du plus personnel, la volonté d’essayer de réparer ce qui pouvait l’être,” a-t-il révélé.
On l’a vu au début de sa mission parcourir Kigali à longueur des journées dans des visites de travail. Il cherchait à tâter le pouls sans doute avant de se lancer dans un travail de longue haleine.
En octobre 2021, l’Agence Française de Développement (AFD) a ouvert sa représentation à Kigali pour faciliter la coopération bilatérale. La première enveloppe pour la période de 2019-2023 est de 500 millions d’Euros (plus de 844 milliards de RWFs).
” De nombreux projets ont vu le jour contribuant à l’accomplissement de nos objectifs de développement et à la consolidation de nos relations bilatérales,” a signalé Olivier Nduhungirehe.
Il a souligné l’importance de la signature l’année dernière d’un nouveau programme de coopération quinquennal (2024-2028). La santé, l’éducation et la lutte contre le changement climatique sont essentiellement ciblées avec un budget de 400 millions d’Euros (plus de 675 milliards de RWFs).

” Ce programme illustre une vision commune pour un développement inclusif, durable et résilient,” a montré le ministre Olivier Nduhungirehe.
Antoine Anfré est convaincu que la nouvelle dynamique des relations franco-rwandaises ne peut pas faire marche arrière.
” Certes, cette transformation n’est pas complètement achevée mais j’ai la conviction qu’elle est irréversible,” a indiqué Antoine Anfré.
L’on peut se frotter les mains pour une page tournée. L’optimisme est permis pour l’avenir des relations franco-rwandaises.
Gérard Rugambwa




































































