Clôture ce samedi à Kigali d’une série d’ateliers sur la prévention du génocide. Durant une semaine ces ateliers se déroulaient sous le thème :’’Ethnicité et génocide, orientations politiques pour la prévention’’.
Ces ateliers ont été couronnés par une conférence de presse, où les conférenciers ont fait une synthèse des principaux résultats.
Les orateurs étaient Alice Wairimu Nderitu, conseillère spéciale des Nations unies pour la prévention du génocide auprès du secrétaire général des Nations unies, le professeur Gregory Stanton, auteur des dix étapes du génocide, et Freddy Mutanguha, directeur général de l’organisation Aegis Trust au niveau africain.

Ces 3 orateurs ont pu présenter les principaux résultats, les idées et les efforts de collaboration en cours pour prévenir le génocide et les crimes connexes.
” Nous sommes ici pour veiller à ce que la commémoration des victimes du génocide contre les Tutsi serve d’appel à la prévention d’autres crimes, et montre notre engagement à mettre fin à la flambée de violence”, a déclaré Freddy Mutanguha.

De son côté, le professeur Gregory Stanton a partagé ses idées sur les causes profondes de la violence fondée sur l’identité ethnique.
” Nous naissons dans des communautés qui sont attachées à leur culture et à leurs valeurs et si un leader pense que son groupe ethnique ou sa culture est au-dessus de toutes les autres communautés, c’est là que cela devient dangereux’’, a-t-il révélé.
Il a ajouté que la prévention des génocides va de pair avec la reconnaissance des faits et des preuves des génocides qui se sont produits dans différents pays.
” Chaque génocide n’est pas un crime isolé et nous avons le devoir de le prévenir avant qu’il ne se produise en identifiant les facteurs de risque au sein des communautés vulnérables’’, a déclaré prof. Gregory Stanton.
La conseillère spéciale des Nations unies pour la prévention du génocide auprès du secrétaire général des Nations unies, Alice Wairimu Nderitu, a déploré le fait que certains groupes ethniques restent toujours menacés alors qu’il y a des conventions sensées les protéger.
” Nous vivons dans un monde où des groupes ethniques risquent d’être jetés dans un génocide alors qu’il y a des conventions qui ont été prises par les Nations Unies pour les protéger. Il faut que chaque pays joue son rôle dans la prévention de ce crime’’, a-t-elle insisté.
” Il n’existe aucun endroit sur terre qui soit à l’abri de ce crime, qui peut commencer par la discrimination, la haine et l’incitation à la violence imposée par le gouvernement, mais je pense que cette politique servira de ligne directrice pour la prévention du génocide dans les communautés à risque’’, a-t-elle espéré.

Wairimu Nderitu a fait savoir que les participants à ces différents ateliers ont rédigé trois documents politiques qui, une fois finalisés, seront soumis à l’ONU pour être intégrés dans son cadre politique existant. Ces documents seront ensuite partagés avec les pays membres et publiés sur toutes les plateformes accessibles, en vue de la prévention des génocides dans le monde.
Ces ateliers qui se sont déroulés au mémorial du génocide de Gisozi se plaçaient dans le contexte de la diversité ethnique.
Selon les organisateurs, la diversité ethnique enrichit le patrimoine culturel et offre des opportunités dans les institutions et les mécanismes de prise de décision et de résolution des conflits.
Cependant, ont-ils fait remarquer, lorsqu’elle n’est pas gérée correctement et qu’elle est instrumentalisée pour accéder au pouvoir et aux ressources, elle peut poser de graves problèmes, dont les génocides comme celui survenu au Rwanda en 1994, contre les Tutsi.
Vital Ndayambaje




































































