Sosthène Munyemana, ancien médecin rwandais, 68 ans, va comparaître devant les assises de Paris du 14 novembre au 22 décembre 2023. Il est visé par une plainte pour génocide depuis octobre 1995.
Des témoignages rwandais accusent le Docteur Sosthène Munyemana de participation active au génocide. Seulement il aura fallu attendre 28 ans pour que la justice française se prononce enfin sur la culpabilité ou l’innocence de l’accusé.
Installé en France depuis septembre 1994 et poursuivi pour génocide et crimes contre l’humanité, Sosthène Munyemana va comparaitre devant la cour d’assises de Paris, a-t-on appris de source judiciaire.
Il s’agira de la sixième affaire liée à ”extermination des Tutsi en 1994 au Rwanda jugée en France. C’est également l’une des plus anciennes.
D’abord il a été placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté. Ensuite Sosthène Munyemana a été mis en examen en 2011 pour sa participation présumée au génocide commis contre les Tutsi en 1994.
Au terme des investigations en 2018, un juge d’instruction du pôle ”crimes contre l’humanité”de Paris avait ordonné un procès aux assises. Cette décision a été confirmée en appel en 2021. La Cour de cassation avait définitivement validé son renvoi en mars 2022.
Les avocats du médecin avaient soulevé, en vain, la nullité de la procédure du fait de sa ”durée excessive”.
Sosthène Munyemana sera jugé pour ”génocide”,”crimes contre l’humanité” , ”complicité” et ”participation à une entente en vue de la préparation” de ces crimes.
Il est notamment soupçonné d’avoir ”volontairement soutenu le gouvernement intérimaire. Il a signé une motion de soutien le 16 avril 1994, soit 10 jours après le début du génocide” et contribué à mettre en place des ”barrières” et des ”rondes” pendant l’extermination des Tutsi.
Au Rwanda, il a été condamné deux fois par contumace dans les tribunaux Gacaca, institués pour juger les crimes de génocide.
Munyemana a fui le Rwanda et ses tribunaux. Le Rwanda a demandé son extradition mais la France a refusé. Elle a décidé de le juger elle-même.
Vital Ndayambaje




































































