Le Pays des Mille collines a mis tout dans le paquet pour lutter contre la pollution de l’air et protéger la couche d’ozone. De prime abord, le Rwanda a ratifié le protocole de Montréal qui fut un coup d’envoi à une lutte sans merci contre la pollution atmosphérique.
Le Rwanda a d’abord mis en place les bases légales pour contribuer à la lutte pour la survie de l’humanité. Le 15 octobre 2016, le gouvernement rwandais a ratifié l’amendement de Kigali au protocole de Montréal.
Le ministère de l’environnement a publié dans le journal officiel l’arrêté ministériel no005/MoE/25 du 25/08/2025 relatif à l’émission des polluants atmosphériques. Il s’applique à tous les types de moyens de transport motorisés générateurs d’émissions. Il touche également les activités admissibles qui ne sont pas conformes aux normes de la qualité de l’air.

Dès lors, l’inspection des véhicules consommant les produits pétroliers est devenue une obligation. D’autres mesures ont été prises pour protéger la couche d’ozone et préserver la qualité de l’air.
Les véhicules, grands polluant de l’air
Une recherche initiée par l’Autorité rwandaise de gestion de l’Environnement (REMA) en 2022 a permis d’identifier les véhicules comme source principale de la pollution de l’air dans les milieux urbains. Les motos polluent l’atmosphère à 47%. Le reste des véhicules contribue à 57%, dont surtout ceux du transport public et des marchandises.

Selon Pie Célestin Hakizimana, inspecteur de la qualité de l’air, REMA a ainsi décidé de renforcer l’inspection du point de vue matériel et ressources humaines. Quatre centres sont équipés pour l’inspection des véhicules. Il y a Kigali (Remera), Musanze dans la province du Nord, Huye au Sud et Rwamagana, dans la province de l’Est.
Le contrôle technique des véhicules inclut désormais le contrôle de la fumée dégagée. Le but est de vérifier si elle se trouve dans les normes acceptables. Les machines servant sur les chantiers, dans les travaux champêtres et autres devront aussi passer à l’inspection.
La fumée des véhicules contient des particules nocives pour la santé humaine. Elles peuvent pénétrer dans les poumons et le système sanguin. Ce qui peut causer des problèmes respiratoires, des cancers, des maladies cardiovasculaires et peuvent avoir des effets sur le développement fœtal et neurologique.

La qualité du gaz dans les réfrigérateurs vérifiée
La population doit savoir que les réfrigérateurs et les climatiseurs utilisent un gaz pour fonctionner. Le gaz des réfrigérateurs peut aussi polluer l’air et surtout attaquer la couche d’ozone. Les réfrigérateurs importés aujourd’hui fonctionnent tous au gaz non polluant.
La vérification de la qualité du gaz contenu dans les réfrigérateurs est une obligation, selon Aline Uwase, de l’unité de la protection de l’Ozone, à l’Office rwandais de gestion et de protection de l’environnement (REMA).

” Ceux qui font entrer dans le pays des appareils de refroidissement doivent créer un compte pour la vérification de la qualité du gaz dans l’appareil frigorifique. Si les standards sont respectés, l’on permet aux produits d’entrer,” dit Aline Uwase.
Les appareils de refroidissement ont un gaz qui peut polluer l’air s’il s’échappe du frigo. Sa circulation dans le réfrigérateur doit se faire dans un circuit fermé.
” Il ne s’épuise pas comme le disent certains techniciens, mais peut s’échapper et polluer l’air,” fait remarquer Aline Uwase.

Il faut signaler également que certains gaz comme les CFCs (chlorofluorocarbures) sont interdits au Rwanda. Ils contribuent sensiblement à la détérioration de la couche d’ozone.
” Avant d’acheter un réfrigérateur ou un climatiseur, l’on doit s’informer sur le gaz qui le fait fonctionner” , conseille Uwase.
Le Rwanda s’est équipé d’une machine moderne pour détecter les défauts d’un réfrigérateur. Le Centre d’excellence africain pour le refroidissement durable et la chaine du froid (ACES) situé au campus de Rubirizi, dans le district de Kicukiro, s’occupe de cette tâche.
Ce Centre, ACES, aide aussi dans la formation des techniciens. Pour le moment, le savoir est acquis gratuitement.
La cuisine à gaz pour éviter la pollution de l’air
L’usage du gaz dans la cuisson des aliments des élèves internes à l’école Sainte Bernadette de Kamonyi a été très bénéfique.
Selon le directeur de cette école, Abbé Jean d’Amour Majyambere, l’usage du gaz dans la cuisine a eu un impact positif sur le plan économique et organisationnel de l’école.

” Le gaz est économique car le coût du bois de chauffage est élevé. Les dépenses se sont réduites de 50% avec l’usage du gaz à la cuisine pour la cuisson des aliments des enfants internes,” a révélé l’abbé Jean d’Amour Majyambere.
Le gaz d’un coût de 2 millions de francs rwandais s’épuise après six mois. Si l’on exploite le bois de chauffage à la cuisine, un stock de 5 millions de francs rwandais doit être réapprovisionné après trois mois.
Avec le gaz, le travail des cuisiniers est moins fatigant, l’hygiène à la cuisine est mieux assurée, la cuisson est plus rapide. Ainsi l’organisation scolaire n’est pas perturbée.

Selon le directeur de l’école Sainte Bernadette de Kamonyi, le taux des réussites des élèves s’est également amélioré.
Au niveau de la protection de l’environnement, l’on coupe moins d’arbres et la fumée disparait à la cuisine. Ce qui permet de protéger la qualité de l’air et la santé oculaire des cuisiniers.
Pour le moment, la cuisine de cette école est ”mixte”. Une partie exploite le gaz tandis qu’une autre continue à utiliser le bois de chauffage.

Le manager, Abbé Jean d’Amour Majyambere, a besoin de 50 millions de francs rwandais pour présenter ses adieux au bois de cuisine.
L’expérience de l’école Sainte Bernadette a intéressé d’autres écoles voire d’autres institutions.
D’autres initiatives pour réduire la pollution de l’air
Le gouvernement rwandais, à travers l’office rwandais de gestion et de protection de l’environnement (REMA), encourage l’importation des véhicules à 100% électriques par l’exonération des taxes à l’importation. L’entrée dans le pays des motos consommant les produits pétroliers a été interdite. Des journées sans véhicules sur certaines grandes routes de Kigali sont régulièrement organisées les dimanches.
Toutes ces initiatives…focalisent un seul but: celui d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Dans une période à court terme, l’on vise à réduire les émissions à effet de serre de 38%, par rapport à la situation actuelle d’ici 2030.
Gérard Rugambwa




































































