La recrudescence des grossesses précoces au Rwanda suscite une vive inquiétude, entrainant déscolarisation, rejet familial et précarité pour les jeunes filles. Face à ce défi, le gouvernement renforce les mesures préventives dont l’accès à la contraception dès 15 ans.
Les résultats de la 7e enquête démographique et sanitaire (EDS) au Rwanda ont montré que les grossesses chez les adolescentes ont augmenté, passant de 5 % en 2020 à 8 % en 2025. Lors de la publication de cette enquête, le directeur général de l’Institut National de la Statistique (NISR), Ivan Murenzi, a déclaré que cette montée des grossesses précoces et non désirées inquiète.
’’ Cette situation est inquiétante et préoccupante, et nécessite des mesures draconiennes pour la contrecarrer’’ a-t-il indiqué.

De son côté, le ministre de la santé, Dr. Sabin Nsanzimana, a fait savoir que les résultats de cette enquête ont une importance capitale, et aident beaucoup dans le domaine de la santé.
’’ Les résultats de ces enquêtes fournissent des mises à jour sur les indicateurs clés comme l’utilisation des services de santé, les pratiques de santé reproductive et la prévention des grossesses non désirées’’, a-t-il souligné.

Une autre étude, menée par l’organisation Interpeace, a montré que les grossesses précoces demeurent courantes et posent de nombreux défis, affectant le bien-être et les perspectives d’avenir des jeunes mères et de leurs familles. Cette étude visait à identifier les facteurs psychosociaux contribuant aux grossesses des adolescentes, évaluer leur impact et analyser l’efficacité des systèmes de soutien existants. L’objectif était de renforcer les cadres de soutien et de proposer des stratégies établies sur des données probantes pour réduire ces grossesses et améliorer la santé des jeunes mères.
Le fondement de l’étude repose sur la nécessité d’interventions et de politiques efficaces pour atténuer les conséquences négatives des grossesses précoces.
’’ Cet effort s’aligne sur les objectifs du Rwanda visant à réduire les disparités socio-économiques et à surmonter les traumatismes historiques, dans le but de renforcer la résilience et l’équité. En identifiant les facteurs sous-jacents, l’étude espère autonomiser les adolescentes vulnérables et promouvoir un environnement de soutien pour les jeunes mères et leurs enfants, contribuant ainsi à une amélioration plus large de la société’’, souligne l’étude.

Cette étude explore une problématique cruciale de santé publique et de société, qui affecte profondément les jeunes femmes et leurs communautés.
Elle a été menée à travers tout le pays, ciblant les jeunes âgés entre 10 et 19 ans.
Impacts négatifs
Avec près de 47 % de grossesses non désirées, beaucoup se tournent vers des avortements clandestins dangereux. Cela entraîne des complications graves dont infections, hémorragies, lésions utérines, voire la mort, augmentant la charge sur le système de santé.
Concernant les conséquences socio-économiques, les jeunes filles enceintes sont souvent exclues de l’école. Cela limite leurs opportunités éducatives et professionnelles, les maintenant dans un cercle de pauvreté. Elles subissent également une forte stigmatisation de la communauté et de leur famille. Autre fait accablant est que ces grossesses s’accompagnent souvent de nouvelles infections au VIH/Sida. Aussi beaucoup de ces grossesses chez les mineures résultent de viols ou d’incestes, aggravant le traumatisme psychologique.

Mesures préventives et approches de solution
Dans le souci de lever ce défi des grossesses précoces, le Parlement rwandais a adopté, en août 2025, une loi abaissant de 18 à 15 ans l’âge légal pour accéder aux services de santé reproductive, incluant la contraception sans consentement parental. Cela signifie que les jeunes, à partir de 15 ans, n’auront plus besoin de l’accompagnement des parents pour obtenir des moyens de contraception dans un établissement médical.
Cette réforme vise à lutter contre la hausse des grossesses précoces chez les adolescentes.
Cependant, cette loi doit s’accompagner des campagnes de sensibilisation, d’éducation, du rôle de la famille et bien d’autres mesures qui puissent produire de bons résultats.
Vital Ndayambaje




































































