Une recherche menée par le réseau rwandais des personnes vivant avec le VIH/SIDA (RP+) révèle un stigma élevé à 13% envers les personnes vivant avec le VIH/Sida (PVVIH).
Lors de sa présentation à la commission des affaires sociales de la chambre basse du parlement rwandais, la présidente du réseau RP+, Muneza Sylvie, a affirmé que les résultats de leur recherche effectuée entre 2019 et 2020 montrent un taux de stigma de 13 % envers les PVVIH. Une recherche effectuée en 2009 avait donné pour résultat un taux de plus de 50%.
« Dans certains services nous constatons encore la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH/SIDA (PVVIH), » dit Muneza Sylvie.
« Parmi les services concernés, il y a les sociétés d’assurance, dans les Eglises et autres. Par exemple dans certaines Eglises ils exigent un document qui prouve que vous n’êtes pas séropositif, et pourtant ça n’a aucun rapport avec leurs attributions, » déclare Muneza.

Après la présentation des résultats de cette recherche, la présidente de la commission des affaires sociales de la chambre basse, Odette Uwamariya, a signifié que les résultats de cette recherche seront un outil important pour faire le plaidoyer nécessaire en faveur des PVVIH.
« En ce qui concerne les services où sont stigmatisés les PVVIH, nous avons noté soigneusement toutes les remarques et nous leur assurons que nous ferons le plaidoyer nécessaire. C’est notre responsabilité en tant que membres du parlement, » a ajouté Uwamariya.
Cette recherche a été menée dans 19 districts, selon Théobald Mporanyi, expert en santé publique et chercheur. Il dit que ceux qui stigmatisent encore les PVVIH devraient changer de mentalité.

« Etre séropositif aujourd’hui n’est plus un problème dans la société rwandaise. Les médicaments indiqués pour traiter l’infection à VIH sont disponibles. Ces personnes ne doivent en aucun cas être privées de leurs droits garanties par la constitution du Rwanda. Oui le Rwanda a fait beaucoup d’efforts mais il y a encore à faire mieux pour qu’en 2030 nous puissions atteindre l’objectif 0% stigmatisation, » a expliqué Mporanyi.
L’ONU à travers ONUSIDA s’est fixée comme objectif une génération sans SIDA d’ici 2030. Il stipule que les objectifs zéro stigmatisation et zéro discrimination sont aussi essentiels.
Cette recherche menée par le réseau rwandais des personnes vivant avec le VIH/SIDA (RP+) a bénéficié de l’appui de ses partenaires dont le Centre Biomédical du Rwanda (RBC), l’organe onusien pour la lutte contre le SIDA (ONUSIDA), l’agence allemande de développement (GIZ), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le Réseau International de personnes vivant avec le VIH/SIDA.
Florent Ndutiye




































































