Face à la persistance de la transmission de la bilharziose malgré les efforts de lutte, le centre biomédical du Rwanda (RBC) poursuit la campagne de sensibilisation contre cette maladie. Il s’est agi, ce 28 janvier, de mobiliser la population sur son engagement pour contrer cette maladie.
Cette sensibilisation s’est faite auprès des populations cultivant dans les marais de Rwabikwano du secteur de Mareba dans le district de Bugesera.
L’objectif était de montrer à la population comment détruire les agents pathogènes de la bilharziose.
Comme l’a expliqué Nathan Hitiyaremye du département chargé de lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN), au RBC, la lutte contre la bilharziose passe par la destruction des agents pathogènes et leurs demeures.

’’ Ces parasites se transmettent via des larves libérées par des escargots d’eau douce. Le travail consiste donc à détruire ces escargots et leurs demeures’’, a-t-il indiqué.
Il a ajouté que l’infection survient lorsque la peau entre en contact avec cette eau infestée.
Nathan Hitiyaremye a expliqué que les symptômes de la bilharziose évoluent de démangeaisons cutanées vers une grande fièvre, des douleurs musculaires et abdominales. Les formes chroniques se caractérisent par du sang dans les urines et dans les matières fécales. Une fois non traitée à temps, cette maladie peut conduire à la mort.
De son côté, Eric Saramba du forum des ONG rwandaises travaillant sur la santé, a révélé un projet pilote de lutte contre la bilharziose et d’autres vers intestinaux.

’’ C’est un grand projet que nous avons débuté dans les districts de Bugesera et de Ruhango. Il consiste à mobiliser la population et l’aider financièrement à se protéger contre ces maladies’’, a-t-il expliqué.
Eric Saramba a ajouté qu’il est crucial d’évaluer et d’améliorer les stratégies de prise en charge à travers des programmes intégrés, durables et centrés sur les communautés à risque.
Il a expliqué que le diagnostic de la bilharziose repose sur une combinaison de méthodes parasitologiques, sérologiques, cliniques et parfois d’imagerie.
’’Le choix de la méthode dépend des ressources disponibles, du stade de la maladie et du but. C’est-à-dire le diagnostic individuel, dépistage de masse ou surveillance’’, a-t-il fait savoir.

L’un des habitants du secteur de Mareba, travaillant dans les marais de Rwabikwano, Evariste Nizeyimana a indiqué qu’il ne savait rien de cette maladie, et que donc cette sensibilisation vient à point nommé.
’’ Auparavant, je ne savais rien de cette maladie. Je ne savais pas comment elle se transmet et comment s’en protéger. Maintenant avec les explications que j’ai reçues, j’ai un bon bagage de connaissances sur cette maladie et je suis prêt à sensibiliser mes collègues et mes voisins sur la prévention de la bilharziose’’, a-t-il affirmé.
Au Rwanda, la bilharziose intestinale demeure une maladie parasitaire endémique, particulièrement dans les régions proches des marais, des lacs et des zones humides du pays, notamment dans les districts de l’Est, du Sud et du Nord. Malgré les efforts notables du ministère de la Santé et de ses partenaires à travers le Programme National de Lutte contre les Maladies Tropicales Négligées, les campagnes de traitement préventif à base de praziquantel ne suffisent pas à éliminer la transmission dans les zones les plus exposées.
Les défis majeurs incluent l’accès limité à l’eau potable, l’absence d’infrastructures sanitaires adéquates dans certaines zones rurales, la réinfection rapide après traitement.
Le Rwanda s’est fixé l’objectif d’éliminer complètement les maladies tropicales négligées d’ici 2030. Le monde entier les commémore le 30 janvier de chaque année, afin de rappeler leur existence dangereuse et l’urgence de les éradiquer à tout jamais.
Vital Ndayambaje




































































