Le ministre rwandais des Finances et de la Planification économique, Yusuf Murangwa, a montré que la mise en place d’un environnement favorable aux sociétés d’assurance s’impose. Cela pour promouvoir ce secteur dont le taux de pénétration reste bas.
Le taux de pénétration du secteur de l’assurance en Afrique reste de 2,7% contre une moyenne mondiale de 7%. Ce qui, selon le ministre des finances et de la planification économique, Yusuf Murangwa, signifie que de millions de personnes, en cas de catastrophes, n’ont rien pour les protéger de la misère.
Le ministre Murangwa, qui procédait à l’inauguration des réunions annuelles du ZEP-RE 2026, l’un des principaux réassureurs en Afrique, a proposé une voie de sortie.

” Pour que le secteur de l’assurance prospère, les gouvernements doivent créer un environnement favorable, harmoniser la réglementation et promouvoir l’inclusion financière,” a-t-il suggéré. Cependant, il a montré que le secteur a également son rôle à jouer.
” C’est au secteur qu’il revient de développer l’innovation en matière de produits, la distribution, la portée et la capacité de réassurance,” a-t-il indiqué.
Parmi les participants à Kigali ce 04 mai se trouvaient des hauts fonctionnaires, des régulateurs, des dirigeants du secteur, des partenaires de développement et des acteurs du secteur privé venus de toute l’Afrique.

Transmettant le message du Conseil d’administration de ZEP-RE, le vice-président, Simon Chikumbu, a souligné l’importance d’une action collective pour combler le déficit d’assurance en Afrique.
” L’Afrique reste largement sous-assurée, et pour y remédier, une collaboration délibérée entre les gouvernements, les régulateurs et le secteur est nécessaire. Les décisions prises dans des forums tels que celui-ci doivent, en fin de compte, se traduire par une protection pour les communautés et les entreprises sur l’ensemble de nos marchés,” a-t-il insisté.
Insuffisance du financement à risques
Dans son allocution, Mme Hope Murera, directrice générale et PDG du groupe ZEP-RE, une institution spécialisée du COMESA, a souligné l’urgence croissante de renforcer les mécanismes de financement des risques dans les économies africaines.

” Lorsque des catastrophes surviennent, la reconstruction est trop souvent financée par l’endettement, ce qui pèse davantage sur une marge de manœuvre budgétaire déjà restreinte. L’assurance a un rôle essentiel à jouer pour amortir les chocs et permettre une reconstruction plus rapide et plus durable,” a-t-elle expliqué.
Elle a insisté sur l’urgence de trouver des solutions de financement des risques mieux coordonnées et plus accessibles, en particulier pour les communautés vulnérables et les marchés mal desservis.

Selon la gouverneure de la Banque nationale du Rwanda (BNR), Soraya Munyana Hakuziyaremye, plus de 80 % des pertes liées aux catastrophes en Afrique ne sont pas couvertes par une assurance. Cela signifie que le fardeau pèse sur les ménages, les entreprises et les gouvernements au moment où ils peuvent le moins se le permettre.
Il faut commencer à traiter l’assurance comme un outil stratégique pour la résilience économique, la stabilité budgétaire et la croissance inclusive.
Gérard Rugambwa




































































