Le Zimbabwe est sous le feu des critiques pour le plan d’abattage d’éléphants pour lutter contre les effets de la sécheresse. Ce pays envisage en effet d’abattre 200 éléphants pour remédier aux pénuries alimentaires dans les régions touchées par la sécheresse.
Le gouvernement zimbabwéen a bel et bien confirmé l’existence de ce projet. La ministre zimbabwéenne de l’Environnement, du Climat et de la Faune, Sithembiso Nyoni, a déclaré aux législateurs que la décision ne va pas causer des problèmes, vus beaucoup d’éléphants que compte le Zimbabwe.
” Notre pays compte plus d’éléphants que les forêts ne peuvent en accueillir”, a-t-elle affirmé.

Il a confirmé la poursuite des discussions au sujet de la logistique de la fourniture de viande d’éléphant séchée à certaines communautés qui ont besoin de protéines.
Cette décision a suscité de vives critiques dans plusieurs milieux, notamment chez les défenseurs de l’environnement et les experts de la faune sauvage.
Ces défenseurs de l’environnement qualifient la décision de ” mal conçue et très regrettable”.
Le Zimbabwe compte environ 100.000 éléphants, soit le plus grand nombre d’éléphants au monde après le Botswana voisin.

Le dernier abattage de ces animaux touristiques remonte à près de quarante ans. Farai Maguwu, directeur du ” Center for natural resource governance’’, un organisme à but non lucratif, a vivement critiqué cette décision du gouvernement zimbabwéen.
” Officialiser l’abattage des éléphants est, à mon avis, l’une des décisions les plus désastreuses jamais prises dans l’histoire de la protection de l’environnement. Elle met un terme brutal à tous les efforts de conservation dans lesquels le gouvernement a tant investi au cours des trois dernières décennies. Cela va ouvrir les vannes du braconnage”, s’est-il indigné.
En ce qui concerne la thèse du gouvernement selon laquelle il y aurait un excédent d’éléphants, Farai Maguwu a recommandé aux autorités d’utiliser les régions non peuplées du Zimbabwe et de déplacer les éléphants excédentaires vers ces régions au lieu de les tuer.

De son côté, Natirai Mudadi, un défenseur des droits des animaux basés à Harare, la capitale, considère le plan d’abattage comme une violation grave des droits de ces animaux.
” C’est une très grave violation des droits de ces animaux. Au lieu de les tuer, les autorités pourraient exporter les éléphants excédentaires vers des pays où ils sont peu nombreux”, a-t-il déclaré.
Le Zimbabwe est l’un des cinq pays d’Afrique australe les plus touchés par la sécheresse provoquée par El Nino. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), cela a laissé des millions de personnes dans une situation d’insécurité alimentaire.

PAM a mis en garde contre le fait qu’ ”environ 6 millions de Zimbabwéens devraient se trouver en situation d’insécurité alimentaire pendant la période de pénurie de 2024-2025”, qui s’étend généralement de novembre à mars.
Dans les zones urbaines, quelque 1,7 million de personnes, soit 35 % de la population urbaine, seront en situation d’insécurité alimentaire cette année, selon les projections du PAM.
Vital Ndayambaje



































































