La Commission Nationale Rwandaise pour l’UNESCO (CNRU) vient de lancer mercredi le 24 mars le processus d’inscription du patrimoine documentaire du Rwanda à la mémoire du monde. Un atelier consultatif se penche sur la question à Kigali.
Selon le Secrétaire général de CNU, Albert Mutesa, l’objectif de cet atelier est de renforcer et de promouvoir les capacités du programme « Mémoire du monde » à préserver le patrimoine documentaire. Il vise également à montrer l’intérêt d’inscrire le patrimoine documentaire du Rwanda sur la liste du programme “Mémoire du monde” de l’UNESCO.

Jean Butoto, coordinateur du projet d’inscription des sites mémoriaux sur le patrimoine mondial affirme que les intérêts sont multiples. « Le premier c’est de coopérer avec la communauté internationale dans la préservation du patrimoine documentaire. Le second intérêt c’est de faire connaitre votre patrimoine documentaire. C’est l’accessibilité, » dit-il. Il ajoute également le partenariat entre pays membres et l’éducation de la génération actuelle et celle d’avenir.
Cet atelier qui réunit les représentants de différentes institutions intéressées par le patrimoine documentaire doit également mettre en place un comité de la mémoire du monde. Il aura pour tâche d’identifier le patrimoine documentaire existant au Rwanda pouvant être enregistré au programme de Mémoire du monde.
Les défis sont de taille…

Le premier défi réside au fait que la culture rwandaise se base sur l’oralité. « Notre culture étant basée sur l’oralité, nous avons un grand travail de voir comment préserver les éléments importants, » affirme Albert Mutesa, Secrétaire général de la CNRU.
L’Académie du Patrimoine Culturel du Rwanda (APCR) représentée par Beate Nyirabahizi a cité également plusieurs défis dans la préservation du patrimoine culturel au Rwanda. Dans certaines institutions, les bibliothèques sont presque inexistantes comme dans la plupart d’écoles secondaires. Celles existantes connaissent une lacune de personnel qualifié par manque de motivation. « Les bibliothécaires dans la plupart des bibliothèques et les gestionnaires des archives ont des salaires très bas par rapport au personnel de même niveau dans les autres secteurs, » déclare Beate Nyirabahizi. « Ceux qui sont formés ne sont pas motivés, les autres ne disposent pas de compétences voulues, » révèle-t-elle après un travail d’enquête sur la situation des bibliothèques dans le pays.

« Cela a pour conséquence la disparition et la détérioration du patrimoine documentaire, » montre Jean Butoto de la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide (CNLG) qui ne manque pas d’exemples.
Le Secrétaire général de CNRU, Albert Mutesa, insiste sur la nécessité de préserver le patrimoine documentaire et de l’inscrire sur la liste du programme de Mémoire du monde. « Le processus est lancé. Les points focaux représentant les différentes institutions devront continuer à travailler avec la CNRU pour surmonter les défis et arriver à faire enregistrer le patrimoine documentaire sur la liste du programme de Mémoire du monde, » souligne-t-il.
Gérard Rugambwa




































































