Dr Françoise Gahongayire, dermatologue-esthéticienne à l’hôpital Roi Fayçal, demande à tout un chacun de bien hydrater la peau, quel que soit son genre, pour prévenir les maladies dues aux champignons.
Le Canapé : Quels sont les champignons qui provoquent des maladies contagieuses de la peau ?
Dr Gahongayire: Parmi les champignons, on peut parler de ce que l’on appelle les dermatophytes. Ce sont des dermatoses qui sont sur la peau et qui peuvent se transmettre. Ces champignons peuvent se transmettre soit d’une personne à l’autre, soit à travers les vêtements, soit par les animaux domestiques aux personnes, ou dans des milieux contaminés, là où il y a des gens dans la même collectivité et qui peuvent transmettre d’une personne à l’autre. Certaines zones, les milieux humides peuvent aussi transmettre les champignons.
Le Canapé : Quelles sont les maladies provoquées par ces champignons ?
Dr Gahongayire: Par exemple la teigne. Elle est localisée au niveau du cuir chevelu. Elle est trop fréquente chez les enfants. Quand elle n’est pas bien soignée, elle peut aussi aller au niveau de la peau glabre, au niveau du visage, au niveau du dos, même des mains, du bras, … Elles peuvent aller partout.
Il y a également des champignons qui peuvent se développer au niveau de la peau, à part celle du cuir chevelu et d’autres champignons qui peuvent aller au niveau des plis. On a des plis par exemple entre les orteils, ce que l’on appelle pied d’athlète, des plis sur la partie génitale, les candida albicans ou candidoses, même dans la bouche il y a des candidoses.
Le Canapé : Ces maladies de la peau provoquées par les champignons, peuvent-elles se soigner ?
Dr Gahongayire: Oui, très bien même. Ce sont des maladies qui se soignent très bien. Evidemment il faut que le malade adhère au traitement parce que ce sont souvent des traitements longs. Et en principe, après avoir examiné le malade, on remarque que ce n’est pas à un seul endroit que les champignons sont localisés. C’est plusieurs lésions ou des lésions étendues. C’est pourquoi on a recours à un traitement systémique, des antifongiques qui sont systémiques. On associe des médicaments topiques, c’est-à-dire qui doivent agir sur la lésion, on applique sur la lésion, souvent des pommades ou des lotions, cela dépend de la localisation de ces lésions.

Le Canapé : les médicaments suffisent-ils, n’est-il pas nécessaire de prodiguer des conseils aux patients ?
Dr Gahongayire: Evidemment comme ce sont des maladies contagieuses, lorsque l’on soigne un patient, il faut donner aussi des conseils, éduquer le patient. Par exemple, lorsque les champignons sont localisés entre les orteils, il faut demander au malade de diminuer cette humidité se trouvant entre les orteils. Chaque fois qu’il prend son bain, il faut savoir essuyer, pour diminuer cette humidité là-bas et créer une sorte de sècheresse.
Si vous soignez des champignons au niveau de la tête, vous devez créer un équilibre là-bas car souvent les gens ont tendance à trop sécher la tête. Quand il y a beaucoup de cheveux, ça ne fonctionne pas comme sur la peau glabre. Au niveau de la tête, nous avons besoin de beaucoup d’huile parce que nous avons des glandes sébacées. Donc il faut rétablir ce milieu. Savoir hydrater d’abord le cuir chevelu et ensuite donner les médicaments, et de façon régulière. Et trop souvent laver la tête avec du savon, trop laver la tête avec du savon, … ce n’est pas bon. Ce n’est pas bon parce que ça sèche et ça continue à laisser proliférer les champignons.
Le Canapé : l’huile dans les cheveux, on croyait que c’était pour les femmes seulement…
Dr Gahongayire : il n’y a pas de peau pour les femmes, il n’y a pas de peau pour les hommes. Il faut bien hydrater la peau, rien à faire. Parce que quand c’est sec, vous mettez les médicaments mais souvent ça répond mal.
Le Canapé : l’huile dans les cheveux peut-elle servir à prévenir les champignons ?
Dr Gahongayire : Exactement. Il faut bien hydrater la peau. Vous mettez cette huile là-bas, vous lavez deux fois ou une fois par semaine, en utilisant un savon spécial qui est conçu pour les cheveux, les savons qu’on appelle assez doux, ce n’est pas très agressif, alors vous prévenez les champignons.
Autre chose, si les champignons sont prédominants chez les enfants mais avec les salons de coiffure ce sont les gens qui se font coiffer tous les jours. Comme c’est pratiquement la même population, ce sont les gens qui se contaminent tout le temps. Alors il faut couper ce cercle vicieux. Savoir bien hydrater, utiliser bien les médicaments et suivre les conseils.
Le Canapé : Y’a-t-il d’autres mesures de prévention ?
Dr Gahongayire : il faut bien s’essuyer, éviter de partager l’essuie-main, il ne faut pas inter changer les habits même si l’on est frères et sœurs. Il faut respecter l’hygiène corporelle de chacun. Par exemple les sous-vêtements il ne faut pas les partager, il ne faut pas aller porter les singlets de quelqu’un d’autre, il ne faut pas utiliser la chemise de quelqu’un d’autre. Il faut être personnel dans les objets de toilette. C’est très important. Et puis, je demanderais aux gens de changer les chaussettes et les chaussures de façon régulière et savoir faire correctement sa toilette.
Le Canapé : Et l’immunité dans tout cela ?
Dr Gahongayire : Dans les recherches actuelles c’est prédominant chez les enfants. Du point de vue immunité, l’enfant n’est pas très stable à cause de la croissance. Beaucoup d’enfants en âge scolaire ont des champignons. Que je trouve la teigne, donc les champignons chez les enfants, cela est très normal. Mais quand je constate qu’une personne adulte est atteinte, je dois chercher ce qui est caché derrière. Y a-t-il un diabète dedans ? Quelque chose qui diminue l’immunité, une sécheresse quelque part ou alors d’autres mauvaises habitudes qu’il a acquises qui doivent être corrigées. Autrement dit, je dois toujours chercher pourquoi ces champignons.
Le Canapé : Mais ces enfants peuvent également contaminer les adultes ?
Dr Gahongayire: Bien sûr. Les petits chiens, les petits chats, … Il faut savoir faire une bonne hygiène pour ces animaux domestiques quand vous les adoptez.
Gérard Rugambwa




































































