Alors que le Rwanda s’approche de la 29ème commémoration du génocide de 1994 contre les Tutsi, les artistes de l’IIPM Production, une maison de production Allemande, ainsi que leur maison de coproduction locale ‘Isaano Group’ ont mis en place un plan pour mettre en scène une pièce de théâtre, basée sur l’Histoire du discours de haine de la RTLM.
Lors d’une conférence de presse tenue le 03 avril, au Kigali Convention Centre, les organisateurs ont déclaré que leurs performances visaient à exposer le danger du discours de haine, à éduquer les jeunes et les moins jeunes sur le danger du discours de haine tout en promouvant la paix et l’unité, entre les sociétés et les nations.
L’un des célèbres acteurs locaux Diogène Ntarindwa, (populairement connu comme ATOME), a révélé qu’il devait interpréter le personnage de Kantano Habimana, connu pour avoir animé des émissions de radio sur la Radio-Télévision Libre des Milles Collines (RTLM).
”Je ne suis pas fier de jouer son personnage, mais sur la base de ma profession et de mon expérience, je me sens heureux d’exposer à quel point il était une mauvaise personnalité. J’en profite pour enseigner aux gens, en particulier aux jeunes, à renoncer à toute forme de haine entre eux,” a-t-il dit.
Dans le district de Huye, la pièce a été jouée les 4 et 5 avril sur le campus de l’Université du Rwanda (UR). Les portes étaient déjà ouvertes à partir de 14h, tandis que le spectacle commence à partir de 17h. A Kigali, c’est à partir du 08 au 10 avril 2023.
Un autre personnage de la pièce de théâtre “Hate Radio” est Valérie Bemeriki, connue pour avoir été l’une des principales présentatrices et animatrices de la RTLM, qui a également joué un rôle important dans la promotion du génocide contre les Tutsi.

Son rôle sera joué par Pilipili Bwanga, une ressortissante Congolaise, vivant en Belgique qui estime que l’histoire de son pays (la RDC) a beaucoup en commun avec celle du Rwanda, et sa présence dans ce projet étant essentielle, basée sur la relation actuelle entre les deux pays.
”Reprendre le personnage de Bemeriki, en tant que femme qui a incité à la violence contre d’autres femmes, y compris l’incitation au viol, est choquant. Je ne cherchais pas la célébrité en acceptant ce rôle, mais je souhaitais plutôt éduquer sur la brutalité d’une femme, qui n’était pas censée le faire. Le fait qu’il ne s’agisse pas d’une histoire fictive exige que la question soit prise au sérieux,” a déclaré Bwanga.
Selon Jens Diethrich, l’un des membres de l’équipe de production, c’est leur deuxième fois au Rwanda, la première fois été en 2011. L’idée du projet a commencé en 2009, lorsqu’ils ont commencé à collaborer avec des artistes et des officiels rwandais.

L’équipe a également rencontré des rescapés, des personnes accusées de génocide comme Valérie Bemeriki qui est en prison (en 2010), pour mieux comprendre comment l’angle de la propagande a fonctionné pendant le génocide.
Il a ajouté qu’ils avaient découvert des similitudes avec la propagande utilisée en Allemagne, comme l’utilisation de divertissements et de discours de haine comme outils de propagande.
Après Kigali, la même équipe se rendra à Londres, pour d’autres représentations prévues. Ils se sont produits dans plus de 20 pays, dont le Japon, l’Afrique du Sud, la Colombie, le Canada, où ils ont également tenu des discussions sur la prévention des discours de haine mais aussi sur la promotion de la paix.
Parmi les autres artistes attendus lors de cette performance, citons Eric Ngangare avec le rôle d’un DJ radio dans un discours de haine divertissant, Sébastien Foucault qui jouera en tant que le journaliste Français “Georges Ruggiu”, entre d’autres encore.
Michèle Iradukunda




































































