Le génocide contre les Tutsi en 1994 n’a pas surpris le Rwanda et l’humanité dans son ensemble. C’est l’aboutissement d’un long processus politique impliquant des acteurs rwandais et étrangers.
La colonisation belge et particulièrement l’Eglise catholique ont introduit au Rwanda des stéréotypes de catégorisation des Rwandais selon des ethnies. Celles-ci n’existaient pas en tant que telles. Des Rwandais éduqués dans des écoles catholiques et des séminaires ont grandi dans cette perception idéologique de leur pays. Ils n’ont pas su se distancer de la logique coloniale pour préserver l’unité nationale et l’harmonie sociale héritées de nos ancêtres.
Au lieu de maintenir la cohésion et de travailler pour le développement intégral du pays, ces Rwandais dits ”évolués” ont fait de la discrimination des Tutsi leur objectif principal à tous les niveaux politiques.
La création du parti politique PARMEHUTU par un groupe d’intellectuels soutenus par l’Eglise catholique est un événement majeur à considérer pour comprendre le processus ayant conduit à l’extermination des Tutsi en 1994.
En effet, le PARMEHUTU était un parti exclusivement raciste tant dans son essence que dans ses pratiques. Aucun Rwandais non-Hutu ne pouvait être accepté comme membre de ce parti. Une telle ligne politique contient en elle-même les germes du génocide. Le président Kayibanda, également président du PARMEHUTU, a mis en place depuis 1957, date de la rédaction du “Manifeste des Bahutu”, une politique basée sur la haine des Tutsi et leur exclusion.
Dans la politique de Kayibanda et de son parti, le PARMEHUTU, les Tutsi sont devenus collectivement les boucs émissaires des malheurs prétendument subis par les Hutu pendant des décennies, ignorant délibérément que dans l’histoire du Rwanda, la monarchie Tutsi n’avait jamais commis de massacres ethniques ou collectifs visant un groupe particulier.
Le Rwanda que le colonisateur et le missionnaire ont trouvé à leur arrivée avait ses pauvres et ses riches, mais il ne pratiquait pas le meurtre ethnique. Il est donc évident que le responsable lointain du génocide commis contre les Tutsi en 1994 est celui qui a créé une politique basée sur la haine des Tutsi et l’a institutionnalisée comme une norme politique. Le parti PARMEHUTU et ses fondateurs en sont les principaux responsables.
En 1963, sous prétexte qu’un groupe d’exilés Tutsi venant du Burundi avait attaqué le Rwanda depuis le Bugesera, le régime du président Kayibanda a organisé de nouveaux massacres contre les Tutsi dans le pays, notamment dans les préfectures de Kigali, Kibungo, Gitarama, Gisenyi, Ruhengeri et Gikongoro.
Des observateurs présents au Rwanda, ainsi que des chercheurs et des missionnaires, ont formellement indiqué que ces massacres remplissaient les conditions nécessaires pour constituer le crime de génocide. La presse internationale en a largement rendu compte.
Kayibanda a été destitué en 1973 à la suite d’un coup d’Etat mené par le général Juvénal Habyarimana, un officier militaire originaire du nord du pays. Il reprochait à Kayibanda et à son parti, le PARMEHUTU, d’avoir divisé les Rwandais. Habyarimana a prononcé un discours prometteur prônant l’unité et le développement de tous les Rwandais.
Il convient de noter que Habyarimana a accédé au pouvoir dans un bain de sang contre les Tutsi que le régime de Kayibanda avait chassés des écoles et des postes au sein des institutions publiques et des entreprises privées. Ceux qui ont survécu à ce carnage ont été une fois de plus contraints de s’exiler dans d’autres pays.
En 1975, Habyarimana a fondé son parti politique, le Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement (MRND), avec pour devise ”Paix, Unité, Développement”. Tous les Rwandais étaient d’office membres de ce parti, étant donné qu’il s’agissait d’un parti unique bénéficiant des fonds de l’Etat pour son fonctionnement.
Malgré les bonnes intentions initiales, Habyarimana a rapidement mis en place une politique similaire à celle de son prédécesseur Kayibanda. Il a instauré un système de “quota ethnique et régional” limitant la présence des Tutsi dans les écoles et les emplois.
Il a accordé des avantages disproportionnés aux ressortissants de sa région natale, qui ont dominé tous les secteurs de la vie nationale. De plus, Habyarimana a refusé de résoudre la question des réfugiés Tutsi, dont les premiers avaient été chassés du pays en 1959.
Le règne de Habyarimana a été marqué par une série d’assassinats et de répressions à l’encontre des démocrates, des journalistes indépendants et des défenseurs des droits de l’homme. Même ceux qui dénonçaient la corruption ont subi le même sort.
Les partis politiques divisés et création du Hutu power
Le 1er octobre 1990, le Front patriotique rwandais (FPR) a entamé un conflit armé contre le régime, dans le but clair de rompre avec la politique d’exclusion et de discrimination qui caractérisait le Rwanda depuis 1959.
Ce conflit armé a été l’occasion pour le régime de procéder à des arrestations massives et à l’assassinat systématique et généralisé des Tutsi, notamment dans la région du nord, dont le président est originaire.
Chaque fois que le régime perdait du terrain militaire face au FPR, il réagissait en organisant des massacres de civils Tutsi, exclusivement sur une base ethnique.
Les négociations de paix d’Arusha, qui se sont déroulées sur une période de trois ans, de 1991 à 1993, ont été soutenues par les partis d’opposition tels que le PSD, le MDR, le PL, le PDC, ainsi que d’autres petits partis comme le PDI ou le PSR.
Avant la dissolution de ces partis en 1993, suite aux manœuvres d’Habyarimana, ils étaient convaincus que la voie des négociations était la seule solution possible pour résoudre définitivement le problème de la guerre. Cependant, le courant “Hutu Power” a poussé de nombreux membres de ces partis d’opposition à adopter une ligne extrême.
D’une part, après que les partis PSD, MDR et PL aient consulté le FPR, le MRND a intensifié ses efforts pour infiltrer les membres de ces partis et les diviser. D’autre part, le MRND s’est efforcé de s’allier avec d’autres petits partis ou d’en créer de nouveaux afin de donner l’impression qu’il bénéficiait du soutien d’un large éventail de partis politiques. C’est à ce moment qu’a été publiquement annoncée la collaboration du MRND avec la CDR, le PARERWA (Parti Républicain du Rwanda, créé le 20 janvier 1992), le PECO (Parti écologique, fondé le 30 novembre 1991) et le PADER (Parti démocratique rwandais, également fondé le 20 janvier 1992).
Ces partis ont publié de nombreux communiqués signés par leurs dirigeants condamnant les négociations de paix d’Arusha.
Du côté du MRND, les communiqués étaient généralement signés par son président au niveau national, Mathieu Ngirumpatse, ou par Amandin Rugira, président du MRND à Butare et premier vice-président au niveau national.
Pour la CDR, ils étaient signés par Martin Bucyana, son président, par Jean-Baptiste Mugimba, secrétaire général, Misago Antoine Rutegesha, deuxième vice-président, et parfois même par Elie Nyilimbibi ou Théoneste Nahimana. Nahimana, originaire de Gisenyi, a remplacé Bucyana à la présidence de la CDR après son décès le 23 février 1993 à Butare.
Du côté du PARERWA, la plupart de communiqués étaient signés par Michel Nshimiyimana, trésorier de ce parti, et pour le PADER, ils étaient signés par Jean-Baptiste Ntagungira, secrétaire général. Ceux du PECO étaient signés par son président, le Dr Jean-Baptiste Butera. Cette alliance a été dénommée ”Alliance pour le renforcement de la démocratie” (ARD).
Ces partis politiques composant l’ARD ont agi de concert avec le MRND pour saboter les négociations d’Arusha, qu’ils qualifiaient de ”coup d’état civil” des partis politiques d’opposition, désignant ainsi le FPR, le PSD, le PL et le MDR.
Les autorités du MRND ont rédigé plusieurs lettres véhiculant l’idéologie du génocide, certaines publiées par des ministres membres de ce parti et d’autres par le secrétariat général de ce dernier. Des communiqués ont également été publiés par les dirigeants du MRND au niveau préfectoral, tous véhiculant la même idéologie.
Les neuf ministres du MRND, notamment Dr Casimir Bizimungu, ministre de la Santé, Pauline Nyiramasuhuko, ministre de la Famille et de la Promotion féminine, Augustin Ngirabatware, ministre du Plan, Prosper Mugiraneza, ministre de la Fonction publique, André Ntagerura, ministre des Transports et de la Communication, Callixte Nzabonimana, ministre de la Jeunesse et du Mouvement coopératif, James Gasana, ministre de la Défense, et Daniel Mbangura, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Culture, ont publié de nombreux communiqués s’opposant aux négociations de paix d’Arusha.
Dans une lettre datée du 15 octobre 1992 adressée au Premier ministre, ces ministres ont contesté certaines clauses du protocole d’accord entre le gouvernement rwandais et le FPR sur le partage du pouvoir dans le cadre d’un gouvernement de transition à base élargie.
Ils ont également contesté la mise en place de la Cour suprême, avançant qu’elle allait à l’encontre de l’indépendance de la magistrature, ainsi que la procédure de nomination des hauts cadres du pays, affirmant que cela dépossédait le Premier ministre de ses prérogatives.
Karamira n’agissait pas de sa propre initiative. Il mettait en œuvre un plan élaboré par le MRND et le président Habyarimana, visant à diviser les partis politiques d’opposition afin de trouver des alliés pour contrecarrer l’application de l’Accord de paix et l’enterrer définitivement, tout en préparant le génocide contre les Tutsi et l’assassinat des Hutu opposés à son régime oppressif.
Il convient de souligner que la plupart des hommes politiques que Habyarimana a réussi à rallier à la tendance Hutu Power n’étaient pas des pions naïfs; ils avaient leurs propres intérêts personnels que le président a su exploiter en leur accordant des faveurs financières très lucratives.
Cela a été le cas pour Justin Mugenzi, qui aurait reçu d’importantes sommes d’argent pour rembourser ses dettes bancaires et se rallier au clan du président Habyarimana, avec ses amis du Parti Libéral. L’objectif était de briser le Parti Libéral en deux, ce qui préoccupait Habyarimana en raison de sa popularité – c’était le seul parti politique de l’époque qui avait réussi à rassembler des partisans Hutu et Tutsi, notamment au niveau de sa direction.
Mobilisation générale des Hutu
Après la création de la tendance Hutu Power au sein des partis politiques, l’accélération du plan génocidaire s’est faite par une mobilisation générale de la population Hutu, incitée à tuer leurs voisins Tutsi qu’ils qualifiaient d’ennemis. Ces informations étaient connues de l’ONU et des ambassades occidentales accréditées au Rwanda.
Ainsi, le 5 novembre 1993, le Lieutenant Marc Nees, officier belge chargé des renseignements au sein de la MINUAR, a affirmé que ce même jour, le président Habyarimana avait dirigé une réunion dans son hôtel Rebero l’Horizon au cours de laquelle il fut décidé de ”distribuer des grenades, machettes et autres armes aux miliciens Interahamwe du MRND et aux Impuzamugambi de la CDR”.
Le 16 janvier 1994, une manifestation à laquelle ont participé un grand nombre de membres de partis proches du Hutu Power, venant de la ville de Kigali et des environs, a été organisée au stade régional de Nyamirambo.
Au cours de ce rassemblement, Justin Mugenzi, qui dirigeait la faction Hutu Power du Parti PL, a pris la parole et a exhorté à se méfier des Tutsi et des militaires belges de la MINUAR. Durant cette manifestation, de nombreuses armes ont été distribuées aux membres Hutu Power des partis MRND, CDR, MDR, PSD, PDC et PL.
Cette distribution d’armes a été confirmée le 15 janvier 1994 par l’Ambassadeur de Belgique dans une lettre adressée à son Ministre des Affaires Etrangères, avertissant que des armes continuaient à être distribuées aux Interahamwe et proposant que la MINUAR devrait pouvoir les confisquer.
Cette information a également été relayée par le Général Dallaire, qui commandait les troupes de la MINUAR, dans une lettre envoyée le 11 janvier 1994 au Conseil de Sécurité des Nations Unies, demandant l’autorisation de confisquer ces armes. Malheureusement, Koffi Annan, qui dirigeait le service en charge de la MINUAR, a refusé la demande.
Le 25 février 1994, une importante réunion des chefs des Interahamwe s’est tenue sous l’autorité de son Président Robert Kajuga. Il a été décidé d’avertir tous les Interahamwe d’être extrêmement vigilants à l’égard des Tutsi, notamment ceux de Kigali, dont les listes existaient déjà, et de se tenir prêts à entrer en action à tout moment en recourant aux armes à feu et autres instruments. Une autre recommandation a été d’agir ensemble avec les Impuzamugambi de la CDR et les membres de la tendance Hutu Power des principaux partis politiques MDR, PSD et PL.
Cette union de forces rejoignait celle des petits partis alliés au MRND, à savoir le PECO (Parti Ecologiste), PDI (Parti Démocrate Islamique), PADER (Parti Démocratique Rwandais), RTD (Rassemblement Travailliste pour la Démocratie), MFBP (Mouvement des Femmes et du Bas Peuple) et PPJR (Parti Progressiste de la Jeunesse Rwandaise).
Le Parti CDR (Coalition pour la Défense de la République) mérite une attention particulière dans la mobilisation génocidaire contre les Tutsi. L’idée de créer la CDR est née de différentes réunions tenues à l’Université Nationale du Rwanda, campus de Nyakinama, entre le 22 octobre 1991 et le 17 janvier 1992.
Ces réunions ont rassemblé des extrémistes Hutu originaires de Ruhengeri et Gisenyi, employés dans l’administration publique, unis par la haine des Tutsi. Ce groupe s’est donné le nom de Cercle des Républicains Progressistes, dirigé par Charles Ndereyehe Ntahontuye, originaire de l’ancienne Commune de Cyabingo à Ruhengeri. Il dirigeait le projet de développement agricole de Gikongoro (PDAG).
Le 22 février 1992, une réunion de validation de la structure du Parti CDR s’est déroulée à l’hôtel Urugwiro à Kigali, réunissant les 10 membres les plus extrémistes qui ont proclamé la création de la ”Coalition pour la Défense de la République (CDR)”. Ces personnes qui ont créé la CDR sont les suivantes: Bucyana Martin, Nahimana Théoneste, Misago Rutegesha Antoine, Mugimba Jean Baptiste, Uwamariya Béatrice, Higiro Célestin, Nzaramba Célestin, Akimanizanye Emmanuel, Hitimama Athanase et Simbizi Stanislas. On se souviendra toujours de ces individus qui se sont distingués par la méchanceté la plus abjecte, en créant le parti extrémiste qui a organisé le génocide ayant emporté plus d’un million de victimes entre avril et juillet 1994.
Des communiqués d’incitation à la haine contre les Tutsi
L’idéologie d’incitation à la haine des Tutsi s’est notamment exprimée à travers plusieurs communiqués publiés en 1992 et 1993, que ce soit pendant ou après la signature des accords d’Arusha.
Le 2 septembre 1992, la CDR a adressé une lettre au ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Boniface Ngulinzira, intitulée ” Exigences du parti CDR pour sa participation à un nouveau gouvernement de transition incluant le FPR”.
Dans cette lettre, la CDR a émis des demandes impossibles au ministre, n’hésitant pas à le menacer. Elle a tout d’abord exigé que l’ensemble des partis agréés pour entrer au gouvernement de transition s’engagent à défendre les acquis de la révolution de 1959.
Cette soi-disant révolution est l’instauration d’un régime fondé sur la discrimination à l’origine de massacres ethniques, condamnant une partie des Rwandais à l’exil. La plupart des membres du FPR à cette époque étaient des réfugiés rwandais qui avaient été chassés du pays à la suite de cette révolution.
Une autre condition exigée par la CDR au ministre Ngulinzira était d’occuper les postes de Premier ministre, ministre de la Défense, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, ainsi que ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et supérieur. Elle a ajouté que si ses exigences n’étaient pas satisfaites, le ministre Ngulinzira en assumerait les conséquences.
Le 18 octobre 1992, la CDR a publié un communiqué adressé au même ministre, intitulé “Message que le peuple majoritaire a confié à la CDR pour le transmettre à Monsieur Boniface Ngulinzira, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération”.
Dans ce communiqué, la CDR a ouvertement attaqué le ministre Ngulinzira, le qualifiant de traître, et l’a averti de manière menaçante que le peuple majoritaire ne reconnaîtrait pas le résultat des négociations de paix menées unilatéralement avec le FPR-Inkotanyi.
La CDR a également insisté sur le fait que tout accord issu de ces négociations devrait être soumis à un référendum pour l’approbation de l’ensemble du peuple rwandais avant d’être mis en œuvre.
Le 9 novembre 1992, la CDR a publié un autre communiqué dénonçant le protocole des Accords d’Arusha conclus le 30 octobre 1992 et portant sur le partage du pouvoir dans le gouvernement de transition à base élargie. Le parti a déclaré que ces accords étaient contraires à la démocratie et a exigé la tenue d’élections pour permettre au peuple de choisir ses représentants.
La CDR a également menacé de faire chuter tout gouvernement auquel elle ne participerait pas et dans lequel le FPR-Inkotanyi serait présent.
Le 19 février 1993, la CDR a prétendu que les Inkotanyi avaient tué un grand nombre de Hutu dans différentes régions du pays, en utilisant des chiffres exagérés pour alimenter la peur et la haine. Elle a appelé les Hutu à se mobiliser pour leur légitime défense et à massacrer les Tutsi, affirmant que tous les Hutu, quels que soient leurs partis politiques, étaient des cibles potentielles pour les Inkotanyi.
Le 20 février 1993, la CDR a continué à propager sa propagande génocidaire en avertissant les Hutu de certaines régions qu’ils allaient être attaqués par les Inkotanyi et en les exhortant à assurer leur légitime défense. Elle a également appelé à la dénonciation des partis politiques d’opposition qui étaient en coalition avec les Inkotanyi.
Le 23 février 1993, la CDR a publiquement condamné toutes les personnes participant aux négociations de paix d’Arusha, les qualifiant de traîtres et appelant le peuple rwandais à les rejeter.
Enfin, dans un autre communiqué daté du 25 février 1993, la CDR a maintenu sa propagande génocidaire en accusant les Inkotanyi de chercher à exterminer le peuple majoritaire et en appelant à la mobilisation des Hutu pour lutter contre l’ennemi.
Après la signature des accords de paix d’Arusha, la CDR a publié des communiqués encore plus acerbes, appelant ouvertement les Hutu à rejeter les accords et à commettre des actes de violence contre les Tutsi.
Un de ces communiqués, intitulé “Cela ne me concerne pas, moi, je suis membre de la CDR”, a incité différentes catégories de Hutu à se préparer à abandonner leurs biens et à subir des persécutions, les accusant de collaborer avec les Inkotanyi.
La CDR a utilisé divers moyens pour propager sa propagande génocidaire, notamment en ciblant la jeunesse à travers des milices comme les Impuzamugambi, qui ont formé une section appelée “Jeunesse-CDR” chargée d’exécuter le génocide.
Dr Jean Damascène Bizimana




































































