Le ministre rwandais de l’unité nationale et de l’engagement civique (MINUBUMWE), Dr. Jean Damascène Bizimana, réfute la thèse selon laquelle le génocide aurait été provoqué par la mort de l’ancien président Juvénal Habyarimana, mais que plutôt il a été minutieusement planifié.
Le ministre Bizimana s’insurge contre ceux qui tentent de démontrer que le génocide commis contre les Tutsi en 1994 a été causé par le crash de l’avion de l’ancien président Juvénal Habyarimana.
Dans une interview accordée à la télévision nationale rwandaise, ce 5 avril 2026, le ministre Bizimana a déclaré que le fait d’établir un lien entre le crash de l’avion et le génocide contre les Tutsi constitue une déformation délibérée de la réalité. La définition du génocide, a-t-il dit, inclut un plan prémédité visant à exterminer un groupe de personnes en raison de leur ethnie, de leur nationalité, de la couleur de leur peau ou de leur religion.
’’ S’il existe un plan visant à tuer ces personnes sur la base de ces quatre facteurs, il s’agit d’un génocide. Pour les Tutsi du Rwanda, le gouvernement de Habyarimana avait élaboré un plan visant à les exterminer, en raison de leur appartenance ethnique, telle qu’elle figurait sur les cartes d’identité délivrées par le gouvernement de l’époque’’, a-t-il indiqué.
Le ministre Bizimana a expliqué que Habyarimana lui-même a été l’un des grands planificateurs du génocide de 1994.
’’Le rôle de Habyarimana dans la préparation du génocide contre les Tutsi a été constaté et dénoncé par des organisations internationales, qui ont mis en garde son régime à ce sujet’’, a-t-il fait savoir.
’’Un rapport d’Amnesty International datant de 1992 montrait qu’environ 1.000 personnes avaient été identifiées et tuées par le gouvernement Habyarimana dans diverses régions, et qu’une liste était en cours d’établissement. Il s’agissait de Tutsi et de quelques Hutu qui estimaient qu’un changement s’imposait’’, a-t-il ajouté.
Il a poursuivi en disant qu’un autre rapport a été rédigé par trois organisations que le gouvernement avait autorisées à venir enquêter dans les préfectures de Gisenyi, Ruhengeri et une partie de Byumba en 1993.
Ce rapport, a-t-il dit, montrait qu’il existait au Rwanda un plan visant à exterminer les Tutsi, que sa mise en œuvre avait commencé et qu’il était dirigé par un groupe de personnalités influentes au sein du gouvernement, avec à la tête le président Habyarimana lui-même et son épouse Agathe Kanziga.
Le ministre Bizimana a rappelé que le général Roméo Dallaire, qui dirigeait la mission de maintien de la paix de l’ONU au Rwanda (MINUAR), a indiqué en janvier 1994 que les préparatifs du génocide étaient bien avancés et que l’on avait commencé à rassembler les armes qui devaient être utilisées pour exterminer les Tutsi.
Le Dr. Jean Damascène Bizimana a saisi cette occasion pour critiquer la famille Habyarimana, qui continue d’intensifier ses efforts pour le présenter comme un innocent face au génocide commis contre les Tutsi. Sa critique s’adresse également à d’autres personnes qui déforment délibérément l’histoire au point d’affirmer que le crash d’avion en était la cause, alors que la vérité historique montre clairement le contraire.
Vital Ndayambaje




































































