Le premier octobre 1990, les jeunes rwandais des pays limitrophes du Rwanda se sont levés. Ils ont pris des armes. Combien en avaient-ils ? Pas beaucoup. Ils avaient surtout une cause pour laquelle ils étaient prêts à mourir.
Ils ont lancé une attaque contre le régime Habyarimana pour forcer les portes verrouillées depuis plusieurs années pour les Rwandais en exil. Les jeunes se sont levés pour recouvrer leur droit à la patrie.
Il y a 30 ans, quand le Général-major Fred Gisa Rwigema a pris le commandement de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR), la branche armée du Front Patriotique Rwandais (FPR)-Inkotanyi. Lui et quelques hommes ont foulé le sol rwandais par la frontière de Kagitumba, au Nord-Est du pays.
« Kagitumba est investi,
Umutara se trouve dans nos mains
Gatuna est investi également
Ibirunga se trouve dans nos mains
Ruhengeri est notre domicile
Oye Inkotanyi »,
Chantaient les jeunes combattants de l’APR. Ils voyaient déjà la victoire à leur portée mais il faudra « une traversée du désert » d’abord.

Beaucoup de sang a été versé, à commencer par celui de Fred Gisa Rwigema et des autres officiers. Les jeunes sont morts en grand nombre. Ils se sont noyés dans la rivière Muvumba dès les premiers jours de la guerre, d’autres mouraient de faim, de soif, d’épidémie comme la méningite, de froid dans les hautes montagnes de Birunga, … et bien sûr, ils sont tombés sous les balles des « Inzirabwoba ».
« Même si nous devenons minces comme des clous, …nous ne pouvons pas faire demi-tour, » scandaient ces jeunes décidés à avancer malgré la force de l’ennemi et l’appui de ses amis réunis, dont Mobutu Sese Seko et François Mitterrand.
A chaque mort d’un combattant, d’autres braves affluaient sur le champ de bataille. Le Major Paul Kagame, alors aux Etats-Unis, a dû interrompre sa formation pour reprendre le bâton de commandement à la disparition inopinée de Fred Rwigema.
Le major Paul Kagame a réorganisé les jeunes combattants. Ce fut le temps de la guérilla. La lutte armée a changé de face. Les Forces Armées Rwandaises (FAR) ou « Inzirabwoba » ne maitrisaient que la guerre classique. Le commandant Kayitare leur a fait boire l’eau de Mara à Byumba. Ils ne savaient plus comment affronter leurs frères ennemis.

Il faudra attendre environ quatre ans pour entrer dans la capitale, Kigali.
Ce fut juste un rêve pour beaucoup de vieux qui sont morts avant de rentrer au bercail. « Tuzataha » signifiant nous rentrerons, répétaient souvent les plus âgés des exilés, sans savoir comment.
Dieu merci, vos enfants ont été braves. Et cette bravoure vient en partie de ce discours répétitif, « Tuzataha » ! Les parents partis avant le retour au bercail, votre mot d’ordre n’a pas été un vain mot.
Gérard Rugambwa




































































