Depuis un certain moment, tout le monde parle de la mauvaise qualité de l’éducation mais aucun remède efficace ne vient soigner la maladie devenue chronique.
Pendant presque une décennie, plusieurs millions d’enfants ont été scolarisés, mais la qualité reste insignifiante.
Lors des différentes descentes des députés, ces derniers se sont rendus compte que la situation était très déplorable. La qualité n’y était pas. C’est la veille de la tenue de la retraite nationale organisée en février 2020 du 16 au 19.
Les élus du peuple ne mâchent pas leurs mots. Ils sont surpris car le budget alloué à ce secteur est l’un des plus importants. Beaucoup de questions sont adressées aux enseignants. Les journalistes reportent fidèlement. Un scandale. La voile est levée. Il faut aborder la question. Il faut sauver la jeunesse.
Les participants à la 17 eme retraite nationale se penchent sur la question. La dixième (10eme) résolution est on ne peut plus claire : « Mettre fin à la pratique de promotion automatique des étudiants et renforcer un système fondé sur le mérite afin de donner la priorité à la qualité de l’éducation. »
Enfin, le diagnostic semble correct. La promotion automatique. Il faut mettre fin à cette pratique.

Quand un élève échoue c’est la faute de l’enseignant
Pendant plusieurs années, un tel discours, politique, a été prononcé par le ministre de l’éducation d’alors, Emmanuel Mudidi. Aucun pédagogue ne s’est levé pour le contredire. C’était une infraction à l’époque de Mudidi, faire redoubler un élève. Le renvoi ou le transfert, inimaginable.
La promotion automatique dans les écoles primaires et secondaires du pays date d’il y a presque une décennie. Emmanuel Mudidi, alors ministre de l’éducation nationale, signe le 25 juin 2001 l’arrêté ministériel no 05/2001 régissant la promotion, le redoublement et le renvoi dans les écoles primaires et secondaires tant publiques que libres subsidiées.
L’article 3 dudit arrêté ministériel stipule qu’aucun écolier dès la première jusqu’à la sixième année primaire ne peut être renvoyé. Le redoublement peut être accepté si c’est le seul moyen d’aider l’apprenant mais l’on ne doit pas dépasser 10% de l’effectif total.
Pour l’école secondaire, l’article 6 précise bien qu’un élève à l’issue de sa formation en première, deuxième, quatrième ou cinquième année passe dans la classe suivante. Néanmoins le redoublement est possible si c’est le seul moyen pouvant aider l’enfant sans dépasser 10% de l’effectif total.
Perte de motivation chez les enfants…
Les enseignants ont été les premiers à se plaindre, pressentant les conséquences de cette décision du Ministère de l’éducation (MINEDUC) d’instaurer la promotion automatique. Pour le redoublement, il fallait préparer un dossier convaincant à présenter au ministère de l’éducation pour chaque cas de redoublement.
Leurs plaintes n’ont donné aucun résultat. Plus de motivation de travailler chez les enfants. « De toutes les façons, je vais monter de classe. » Le constat dans les écoles : les enfants deviennent plus indisciplinés. Les stupéfiants sont à la mode. Le travail sérieux ne commence que lorsque l’on prépare les examens nationaux.
Après la dernière retraite, Dr Mutimura tente de sauver sa place
Deux jours après la 17 eme retraite, Dr Eugene Mutimura, alors ministre de l’éducation, s’empresse de signer des Instructions ministérielles 001/MINEDUC/2020 du 21/02/2020 régissant la promotion, le redoublement, le renvoi et le transfert dans les écoles maternelles, primaires, secondaires et supérieures.
Normalement les résolutions de la retraite nationale sont évaluées à la veille de la suivante. Dr Mutimura avait presque une année pour la préparation d’un bon document pouvant faire la différence. Revoir peut-être la politique sectorielle au besoin. Mais, semble-t-il, il craignait de perdre ses privilèges de ministre.
Il faut souligner que les nouvelles instructions de 2020 sur le fond ne diffèrent pas sensiblement avec l’arrêté ministériel de 2001.
L’article 10 des instructions ministérielles 001/MINEDUC/2020 du 21 février 2020 régissant la promotion, le redoublement, le renvoi et le transfert stipule que « En première, deuxième et troisième année primaire, tout élève qui a été bien aidé et bien instruit doit être promu à la classe suivante. En première, deuxième et troisième année primaire, tout élève doit être promu d’une classe à l’autre s’il est capable de lire, d’écrire et de compter en se basant sur le programme de chaque niveau. » L’article en question laisse croire que l’évaluation de l’enseignant devra conditionnée celle de l’enfant.
L’article 14 sur la promotion au second cycle du primaire précise que « pour être promu, un élève de la quatrième et de la cinquième année primaire doivent être bien suivis pour qu’ils puissent réussir aux tests d’évaluation et examens préparés au niveau de l’école, du district et au niveau national. » Visiblement, l’esprit Mudidi continue à roder au sein du MINEDUC.
Pour le premier cycle de l’enseignement secondaire, l’article 19 est tout simplement une copie conforme à l’original de l’article 14. Avec une seule différence. Une petite phrase en Kinyarwanda et en Anglais seulement pour se protéger contre le législatif, « aucun enfant ne peut être promu automatiquement sans avoir réussi. »
L’article 23 sur la promotion des élèves du second cycle, encore une fois, c’est copier-coller.

Un document visiblement élaboré à la va-vite et jugé par les éducateurs contactés de « flou, pas clair. Ces instructions ne donnent pas de garantie d’assurer une éducation de qualité. » Et n’ont pas permis à Eugene Mutimura de garder son portefeuille. Le 26 février, Dr Valentine Uwamariya est nommée pour assurer la relève. Un petit point observé. La nouvelle locataire du MINEDUC a du pain sur la planche.
Gérard Rugambwa





































































A l’univerisite tu trouvera la meme chose! Où bien le pure! Je parle cette promotion automatique!