Les conditions de vie de la population expulsée de la Tanzanie et des vulnérables de la communauté d’accueil sont en train de changer à vue d’œil grâce au soutien de la Croix Rouge Rwandaise (CRR) en collaboration avec les instances de base.
Une population de 300 personnes dans les deux secteurs Rwimiyaga et Karangazi, du district de Nyagatare, se trouve dans une transformation sociale et économique grâce à l’appui de la CRR.
« Lorsque nous sommes arrivés au Rwanda, expulsés de la Tanzanie, nous ne savions pas comment cultiver, nous sortions de la forêt où nous vivions, » affirme Diane Umurerwa. « La CRR, nous a appris les techniques culturales, » dit-elle. « Nous connaissons la succession des saisons, nous connaissons le bon moment pour cultiver le maïs, la période propice pour la culture des haricots. L’on n’avait jamais entendu parler de cela, » révèle-t-elle.

Aujourd’hui, cette population qui a pris son destin en mains, alterne les cultures sur une superficie de 60 hectares achetée par cette organisation humanitaire, auxiliaire de l’Etat. « A la récolte, chaque membre de la coopérative reçoit sa part et donne de la nourriture à ses enfants qui mangent à satiété, » témoigne-t-elle. « Le reste est vendu sur le marché, des hommes d’affaires viennent rafler nos récoltes à un prix satisfaisant, » se targue-t-elle.
« Nous avons ouvert un compte bancaire où nous versons nos recettes pour l’épargne. Aucun parmi nous ne peut manquer d’assurance-maladie, » montre-t-elle. « Maintenant, nous avons pu nous payer des raccordements au courant électrique. Nos maisons sont éclairées à l’électricité, l’Etat nous a fourni l’infrastructure énergétique nécessaire. Un membre de la coopérative peut solliciter un crédit de 100 mille pour le raccordement électrique. Le taux d’intérêt est très bas pour permettre à tous nos membres qui le désirent de bénéficier de cette source d’énergie, » explique-t-elle combien la transformation sociale et économique est devenue une réalité.

« Ce projet de résilience nous permet de payer les frais scolaires pour nos enfants et satisfaire à d’autres besoins comme l’habillement. La Croix Rouge c’est notre père, c’est notre mère… » enchérit Byabagambi Hassan rencontré alors qu’il gardait ses vaches offertes par la CRR.
La participation de toutes les parties, gage du succès…
Pour un bon encadrement, cette population a été répartie en plusieurs groupes. « Dans notre groupe, nous sommes à 22. La CRR nous a offert 5 vaches, 2 sont mortes. Ces vaches se sont reproduites. 13 parmi nous sont déjà des éleveurs dans un système de distribution en rotation jusqu’à ce que tout le monde soit servi. Dans la prochaine saison, le reste recevra chacun une génisse, » affirme-t-il. « Nos enfants n’ont pas souffert de Kwashiorkor, » ajoute Byabagambi très heureux car ils étaient plutôt des éleveurs avant d’être contraints de rentrer au bercail.

Dans son intervention sur l’élevage, Diane Umurerwa commence par parler normalement mais vers la fin il hausse le ton. « La première fois la CRR nous a offert des chèvres, la seconde fois encore des chèvres et pour la troisième fois, ils nous ont emmené des vaches. Nos enfants consomment du lait ! On est satisfait… je ne sais pas comment bien exprimer cela, » affirme-t-elle ne pouvant plus cacher son émotion. « Nous produisons beaucoup de lait. On le consomme dans nos familles et le reste est vendu aux centres de collecte de lait, » explique-t-elle.
Poursuivant avec la nutrition, Diane Umurerwa, une maman apparemment en bonne santé, n’oublie pas les jardins potagers qu’elle apprécie. « Ils nous ont appris à entretenir des jardins potagers, on vivait dans la forêt en Tanzanie, c’était quelque chose de nouveau pour nous, on a commencé à consommer des légumes, c’était également nouveau pour nous, des sortes de légumes que l’on n’avait jamais vues, comme la carotte, la betterave, … beaucoup de légumes, » tente-t-elle d’exprimer ce qu’elle ressent.
Ces Rwandais venus de la Tanzanie ne sont pas prêts à oublier l’accueil dont ils ont bénéficié à leur arrivée au Rwanda et les habitations construites par l’Etat en leur faveur.

Selon le directeur de la communication et diplomatie humanitaire, Emmanuel Mazimpaka, ce projet a été mis en place avec la participation de toutes les parties concernées. « Avant le lancement de ce projet, la population a été consultée et le gouvernement local est intervenu pour montrer la catégorie la plus vulnérable qui devra en bénéficier, » révèle-t-il la méthode participative adoptée. « Ainsi le projet en cours de réalisation vise l’amélioration des conditions de vie des bénéficiaires, » montre-t-il la finalité de cette intervention. « A la fin du projet, nous le confierons aux autorités de base qui devront veiller à sa viabilité avant de nous engager ailleurs dans le pays, » conclut-il.
Gérard Rugambwa




































































